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mercredi 25 novembre 2020

Blablas et couleurs d'automne

C'est à travers une légère brume que le soleil nous réchauffait l'autre jour, mais ma petite balade a été très agréable. J'ai même rapidement pu enlever le coupe-vent que j'avais mis « au cas où ». C'était il y a plus d'une semaine, depuis, les températures ont bien baissé.

Ces derniers temps, j'avance plutôt bien sur mon travail, et j'ai pris la grande décision de faire mon maximum pour mettre de côté mes tendances perfectionnistes et de juste écrire, écrire, modifier mais pas trop, pour pouvoir envoyer une première version de mon mémoire à ma prof et pouvoir bientôt, enfin, le terminer. Yeah, on y croit. Certains jours, c'est plus difficile que d'autres.

J'ai aussi avancé pas mal de petits projets, l'album photo de l'année passée (je fais un album par année, avec des photos de la vie de tous les jours comme des vacances), des cadeaux de Noël faits maison (mais chut, c'est top-secret), un genre de panier à linge avec des banderoles coupées dans de vieux jeans (ça faisait des siècles que je voulais le faire...), parmi d'autres petites choses. C'est très agréable d'avoir l'impression d'avancer, de faire quelque chose, de réussir.

Le week-end passé a été consacré au déménagement du papa de mes enfants... c'est une page qui se tourne. Ça aussi, ça me donne l'impression d'aller de l'avant, même si ça engendre aussi pas mal de peurs et de petites inquiétudes.

Depuis quelques jours, le temps s'est bien rafraîchi et on est souvent enfouis sous le brouillard. Je n'arrive pas à croire qu'on est déjà bientôt en décembre (j'ai même déjà fait les premières pages de ce mois dans mon bujo). Le temps passe vraiment vite, et l'hiver se profile à l'horizon... J'espère au moins qu'il nous apportera un peu de neige cette année !

Il faudra que je pense à préparer le calendrier de l'Avent pour mes louveteaux. Depuis quelques années, j'y glisse chaque jour un chocolat pour chacun, et une petite carte avec la « mission du jour », une petite activité à faire en famille, comme décorer le sapin, faire des biscuits de Noël, bricoler des cartes de vœux, etc. Les enfants adorent, même si ça me demande beaucoup de courage et d'énergie pour mener à bien toutes ces petites activités.

J'oscille un peu entre les jours où je suis pleine de motivation et d'énergie, où mon travail avance, où mon appartement est à peu près en ordre, et ceux où je n'ai rien le courage de faire, que me coucher dans mon lit en début d'après-midi avec mon natel ou mon livre. Mais dans l'ensemble, j'ai plutôt des projets, l'envie de voir les choses avancer, et à peu près l'énergie de m'y mettre, et ça, c'est une grande amélioration par rapport à où j'en étais il y a une année.

Je vous souhaite aussi d'avoir des rêves et des projets et de les voir approcher.

samedi 14 novembre 2020

Je n'teul fais pas dire (7)

Ça faisait un bail que je n'avais plus rempli le questionnaire de ronchonne de Mahie, mais aujourd'hui, ça me tente ! Alors c'est parti.



Aujourd’hui je me sens
: Bien. J'ai bien dormi, j'ai eu le temps d'aller au marché tranquillement, j'ai pris une bonne douche, je n'ai rien de spécial à faire aujourd'hui à part un peu de ménage... tout va bien.

Ce matin la première personne à qui j’ai parlé une fois sortie de la maison : Un des vendeurs du stand de légumes, qui était plutôt sympa même s'il avait l'air assez timide.

J’ai été super contente de : Me lever seulement à 8h30 ce matin, et que mes enfants aillent acheter le pain.

Ça m’a franchement énervée de : Devoir demander à mes enfants de se taire, dix fois par soir, tous les soirs de la semaine.



Ma conversation/situation surréaliste de la semaine
 : Se tenir à la sortie de l'église, après l'enterrement de ma grand-maman, sans trop savoir quoi faire, puisqu'on ne pouvait pas se réunir pour prendre un verre tous ensemble... On a quand même pu discuter quelques minutes, sur le parvis du temple, avec nos masques et un peu de distance entre nous.

Je suis grognon : Non, aujourd'hui ça va. Ça devrait aller jusqu'au moment de mettre mes enfants au lit ; là, je râle immanquablement.

Nan, mais franchement, tu trouves ça normal de/que : Donald Trump s'accroche à la Maison Blanche comme un gamin de maternelle à son joujou qu'il ne veut pas prêter ?

C’est exquis de : Discuter avec sa meilleure copine à la place de jeux, tout en poussant sa petite filleule sur la balançoire, avec un doux soleil qui nous réchauffe délicatement.



Ça me rend extatique :
De faire des croix dans mon bullet journal lorsque j'ai réussi à terminer une tâche que j'avais programmée.

En ce moment je lis : A son of the circus, de John Irving (Un enfant de la balle, en français). J'aime beaucoup cet auteur, mais j'ai un peu de mal à entrer dans l'histoire de celui-là... Je vais quand même continuer.

Je dis « respect » à :  Ma grand-maman, pour avoir été une personne si gentille et merveilleuse pendant toutes ces années.

Je ne résiste pas à : Manger quelques carrés de chocolat tous les jours. J'adore le chocolat.

J’vais t’dire une bonne chose : Y a pas de mal à se faire du bien !



Dans ma bagnole je n’ai besoin de personne et j’écoute à fond :
Ce qui passe à la radio, je suis pas compliquée.

La pensée hautement philosophique de la semaine : Mieux vaut entendre ses enfants hurler que d'être sourd. Non ?

Je me taperais bien : Un repas dans un resto chic, une nuit dans une cabane dans les arbres ou un voyage à l'Ile Maurice. Pour tout ça, il va encore falloir attendre bien longtemps...

J’ai été raisonnable : Je me remets à manger un peu correctement, et le mieux c'est que ce n'est même pas difficile.



Cette semaine pour la première fois j’ai :
Pris mon vélo jusqu'au village d'à côté pour acheter quelques habits de seconde main pour mon fils. Je n'avais plus sorti ma bécane depuis des mois.

C’est bien la dernière fois que je : Non, là je ne trouve rien.

L’émission de tv, de radio, ou l’article de presse qui m’a le plus frappé cette semaine c’est : Les discours du futur ex président américain qui ne veut pas admettre qu'il a perdu.

Plutôt que d’être assise à mon bureau, là tout de suite j’aimerais mieux : Être allongée dans un sauna ou encore mieux, sur une table de massage...

Et vous alors, comment s'est passée votre semaine ?

dimanche 1 novembre 2020

De rouge, d'orange et d'or

Dans les commentaires de mon dernier article, un poil déprimant, Valvita me demandait quelles étaient les choses que je pouvais faire et qui me faisaient du bien. L'une d'entre elles, c'est d'aller me promener en forêt. Seule avec mon appareil photo, prendre une heure pour marcher, sans musique ni podcast dans les oreilles, à réfléchir, respirer, et repérer les jolis petits détails qui parsèment le sous-bois automnal.

L'autre jour, le soleil jouait à cache-cache derrière les nuages. Il ne semblait pas avoir très envie d'être trouvé, car il restait plus longtemps à l'intérieur de sa cachette que hors d'elle.

Mais même sans soleil, les couleurs de la forêt étaient magiques. Rouge, orange, vert, jaune, brun, noir... J'avais envie de photographier presque chaque feuille, chaque branche.

Quelques champignons poussaient ça et là le long du sentier... J'aimerais bien connaitre un peu les champignons, et savoir où chercher bolets et morilles. Mais je n'y connais rien.

Il ne pleuvait pas au moment de ma sortie, mais tout était mouillé, parce que la pluie n'a pas beaucoup arrêté ces derniers jours. Je dois dire que ça me plait bien, cette pluie. C'est un vrai automne, et j'imagine les nappes phréatiques qui se remplissent et les plantes et les animaux qui profitent de cette manne tombée du ciel. Et tant pis si on doit mettre un imperméable pour sortir.

Quand le soleil daignait enfin se montrer (trouvé !), les couleurs devenaient plus éclatantes encore, les contrastes plus saisissants. J'aime les jeux d'ombre et de transparence sur les feuilles d'arbres éclairées par un doux soleil d'automne, la lumière du matin qui offre de si jolies couleurs.

Parfois, je me dis que je devrais emporter une de ces petites planches en mousse que les jardiniers utilisent pour s'agenouiller devant leurs plantations, pour pouvoir prendre des photos comme celle qui suit plus facilement. J'aime me mettre au ras du sol et changer de perspective, et voir un petit champignon frêle et gracile comme une haute tour élancée, et une toute petite pousse d'arbre comme un grand parasol.

Alors oui, même quand ça ne va pas, il y a des choses qui me font du bien. Auxquelles j'essaie de me raccrocher, autant que possible. Depuis quelques jours, j'ai retrouvé un peu d'énergie, un peu de motivation. J'avance sur mon travail autant que possible, et je n'oublie pas de prendre des pauses, des moments pour m'aérer, sortir, et aller profiter de la beauté de la nature.


Et vous alors, dites-moi... Quelle sont les petites choses qui vous font du bien ?


mercredi 21 octobre 2020

Entre libération et douleur

En ce moment, je n'ai envie de rien faire et je passe beaucoup plus de temps que nécessaire à dormir - du moins en journée, parce que le soir, j'ai beaucoup de mal à décrocher de mes écrans et à me laisser emporter dans les bras de Morphée. Du coup, plus je dors, plus je suis fatiguée, moins j'ai envie de bouger, plus je me traine...

 

 

J'ai lu un livre il y a quelques semaines qui m'a fait comprendre beaucoup de chose sur ce que j'ai vécu ces dernières années, une partie des mécanismes qui régissaient ma vie et qui m'ont mené là où j'en étais il y a une année, émotionnellement et psychologiquement. Ce bouquin m'a complètement retournée, j'ai reconnu tellement de choses qui parsemaient mon quotidien sans que je puisse tout à fait mettre le doigt dessus, sans que je puisse les nommer, les expliquer. J'ai pris conscience de beaucoup de choses, ce qui m'a apporté un tourbillon d'émotions contradictoires : du soulagement de pouvoir enfin mettre des mots sur une réalité intangible, mais aussi de la confusion et un peu de douleur.


 

Ça m'a fait me demander pourquoi j'avais accepté cette situation si longtemps, et pourquoi je m'y étais fourrée pour commencer. J'aurais dû m'en rendre compte, j'aurais dû voir quelque chose, j'aurais dû agir, non ? Probablement que non, parce que ça ne fonctionne pas comme ça, parce que je devais d'abord sortir du brouillard dans lequel j'étais noyée. « Lorsqu'on est au clair avec soi-même, on découvre généralement que la vision que l'on a de l'autre se précise aussi, et que l'on n'a plus envie d'accepter ce que l'on n'était pas trop sûr de trouver normal et légitime ou non auparavant.* » Il n'empêche que l'on ne m'enlèvera pas de sitôt ce sentiment de culpabilité et de honte - après tout, c'est justement ma manière de fonctionner.

 


Je me pose aussi la question de la responsabilité. Et de la détermination. Prenez la personne dont je parlais dans cet article. Qui a appris depuis toute petite que les relations avec les autres étaient presque toujours conflictuelles, et que le bon moyen - le seul moyen - d'obtenir quelque chose était par la colère ou la manipulation. Qui a vécu des choses tristes, des choses terribles, même, qui n'a pas eu une enfance toute douce dans un jardin enchanté. A partir de quel moment est-ce trop tard pour qu'elle change, pour qu'elle adopte un mode de fonctionnement plus sain, qu'elle réapprenne à faire confiance aux autres comme à elle, qu'elle se rende compte qu'il existe d'autre manières de faire, qui n'impliquent pas de blesser l'autre au passage... ? 

Et cette personne, est-ce sa faute après tout, si elle agit comme ça ? N'est-ce pas la faute à son éducation, à ce qui a cloché dans son passé ? Oui, mais alors... est-ce que cela signifie qu'on peut tout pardonner ? Des paroles blessantes aux coups, du vol au meurtre ? Où doit-on mettre la limite ?

 


 

J'ai parfois peur pour mes enfants. J'ai l'impression de ne pas avoir su leur offrir un foyer stable, rassurant. J'ai l'impression d'avoir échoué à leur transmettre des valeurs qui sont pourtant les miennes, la compassion, le partage, la négociation, la non-violence. C'est allé si mal pendant si longtemps, je n'arrivais pas. J'ai crié, beaucoup. J'ai hurlé. J'ai fait du chantage, menacé, j'ai pleuré. Je n'arrivais plus à faire autrement... Je regardais le joli mémo que j'avais imprimé, affiché au salon, dont j'aurais tant voulu pouvoir appliquer les conseils. J'essayais de le faire, j'ai vraiment essayé, je l'ai fait parfois, mais la plupart du temps, je ne pouvais pas. J'étais enragée. J'espère ne pas avoir fait trop de mal à mes enfants. J'espère pouvoir encore changer, les changer, les amener vers plus de douceur, moins de colère, moins de cris. Le chemin s'annonce long, mais c'est possible, dites-moi ?

Je me suis un peu égarée dans ce billet, et je suis restée un peu cryptique, vous m'excuserez. J'avais besoin de parler de tout ça d'une manière ou d'une autre, pour que ça arrête un peu de tourner en rond dans ma tête.

 

*Yvane Wiart, La perversion relationnelle

dimanche 30 août 2020

[Bullet Journal] Compositions florales (+ annonce spéciale !)

Ce mois-ci, j'ai adoré faire les dessins dans mon bullet journal. J'avais envie de couleurs et de fleurs, j'avais envie de me lancer dans quelque chose de peut-être un peu plus compliqué que d'habitude.

 

 

Alors je me suis laissée aller et j'ai dessiné un enchevêtrement de fleurs d'automne : dahlias, pétunias et coreopsis (oui, j'ai mon billet de triche pour me souvenir de ce nom-là, d'ailleurs vous pouvez voir les images qui m'ont inspirée ici).

 

 

Sur la troisième page, j'ai décidé de dessiner les fleurs dans un petit encadré, et de colorier le fond en noir. Je trouve qu'elles ressortent encore mieux, et je crois que c'est ma page préférée. Qu'est-ce que vous en pensez ?

 

 

Et je profite de cette occasion pour vous annoncer, roulement de tambour... que j'ai créé un nouveau blog dédié au bullet journal et à d'autres activités créatives. Il est encore un peu vide pour le moment, mais vous pouvez d'ores et déjà, si ça vous dit, y télécharger une page comprenant tous mes dessins de fleurs du mois de septembre, que vous pouvez colorier vous-même pour les utiliser dans votre bujo, ou juste pour le plaisir ;) 

Je continuerai bien sûr à parler des mes états d'âme ici comme jusqu'à présent - et sûrement que je ne résisterai pas non plus à poster quelques extraits de mon bujo.

lundi 4 novembre 2019

Tempête sous un crâne

Je suis sous la douche, le jet d'eau chaude sur mon corps, puis sur mon visage. Je monte la température au fur et à mesure que je m'habitue à la chaleur, jusqu'à-ce que ça devienne presque brûlant. Je n'arrive pas à empêcher les pensées qui tournent dans ma tête. J'ai 32 ans, j'ai pas de boulot, je traine un master depuis bientôt trois ans et demie. L'impression que je ne sais rien faire, que je ne suis bonne à rien - sauf peut-être à faire des mauvais choix, ça oui, je suis championne. La douche, et après, quoi ? Il faut que je travaille. Il faut que j'avance. Il faut que je lise des articles et que je décide de la marche à suivre pour la suite de mon mémoire. Il faut que... mais je ne vais pas y arriver. Parce que... parce que c'est une montagne qui se dresse devant moi. Et que je n'aurai pas la force de la franchir. Est-ce que je sais même gravir des montagnes ? Bien sûr, que tu sais... tu as des bonnes notes, de très bonnes notes, tu vas y arriver. Oui, mais... Il y a des jours où juste poser un pied devant l'autre paraît être une entreprise trop ambitieuse.

Le spleen n'est plus à la mode
C'est pas compliqué d'être heureux
Le spleen n'est plus à la mode
C'est pas compliqué,

chante Angèle en boucle dans ma tête. Impossible que j'arrive à me concentrer aujourd'hui. Je laisse l'eau brûlante couler sur mon visage, ça fait du bien. Impossible, trop de choses passent dans ma tête. Aujourd'hui c'est le premier jour. Où j'ai commencé à prendre des médicaments. Un antidépresseur. Je me sens bizarre, j'ai l'impression d'entrer dans un club select, ou une secte. La secte des gens en dépression qui se shootent aux médicaments. Non, c'est pas comme ça, c'est pas vrai. Ça va m'aider, je vais enfin aller mieux. Je vais enfin arrêter de voir tout en noir, les choses simples, cuisiner, mettre les enfants au lit, ne me demanderont plus un effort incommensurable. Ça va aller, ça va m'aider... et si ça ne marchait pas ? Et si ça n'avait pas d'effet sur moi ? J'angoisse. Ce n'est pas une pilule miracle, m'a-t-on dit. Et si ça marche, alors... ça veut dire que je devrai affronter mes peurs, les choses que je dois faire mais que je ne fais pas. Je n'aurai plus l' « excuse » du « je ne vais pas bien ». J'angoisse aussi. C'est pas une excuse, t'es con, tu vas pas bien c'est tout. C'est pour ça que t'y arrives pas. Même si les autres ne le voient pas...



Avec tout ce que vous me racontez, et vous dites que ça fait des années, je ne sais pas comment vous avez fait pour tenir. Vous êtes quelqu'un de fort, et vous gardez beaucoup de choses pour vous... Beaucoup de personnes auraient craqué bien avant.

m'a dit la psy(chiatre) qui m'a prescrit les médocs. Psychiatre, ce mot fait un peu peur.

Le spleen n'est plus à la mode
C'est pas compliqué d'être heureux
C'est simple : sois juste heureux, si tu l'voulais, tu le s'rais

J'ai rongé tous mes ongles, je continue à les ronger, au point que c'en est devenu sensible. Il ne suffit pas toujours de prendre la décision d'être heureuse - si tu savais combien de fois j'ai pris cette décision, pour redescendre dans les abimes quelques jours, semaines, quelques mois plus tard. Combien de fois aussi j'aurais aimé pouvoir prendre cette décision, mais que je n'en ai même pas eu la force, et que c'était plus simple, finalement étrangement plus attrayant de continuer à avoir mal, une boule dans le ventre, se cacher sous les couvertures, faire semblant. Oh, il y a eu des périodes où j'arrivais à croire ces petites phrases motivationnelles : you can totally do it, calligraphié au début de chaque mois dans mon bullet journal. Et puis les jours comme aujourd'hui où le simple fait de lire une de ces « jolies » citations fait mal, voir la photo d'une famille souriante fait mal, comme un petit coup de couteau ou une main qui compresse mes tripes.



Les médicaments, je les ai refusés une première fois en juin. Alors la psy m'a dit qu'il en existait aussi à base de plantes, pour se relaxer, pour mieux dormir. J'ai accepté, mais je ne les ai pas pris très régulièrement. Je ne voyais pas de changement, je n'y croyais pas trop, et je ne pensais pas en avoir besoin. Puis le temps a passé, les rendez-vous avec la psy(chologue, ce mot fait moins peur) se sont enchainés. Le mal-être est passé, puis revenu, s'est estompé, m'est retombé dessus. Alors, quand elle m'a reparlé des médicaments, tout en me rappelant comme j'y avais été opposée, j'ai dit d'une petite voix : je crois que finalement, je ne suis plus aussi contre...

Ça n'a pas été facile de me décider à écrire tout ça, surtout parce que certaines personnes que je connais dans la vraie vie lisent mon blog - ma maman, ma sœur parfois, ma marraine, quelques fois ma cousine, ma meilleure amie, d'autres personnes peut-être encore. Ça fait des mois que j'y pense. J'ai déjà fait quelques essais, en juin je vous disais que j'avais perdu le fil puis que j'avais la boule au ventre - certains ont compris, et je vous remercie d'ailleurs de vos commentaires auxquels je n'ai jamais eu la force de répondre. D'autres sont complètement passés à côté, mais c'est normal, on ne peut sans doute pas comprendre une allusion à ce genre de détresse quand on est fondamentalement heureux - je ne l'aurais pas compris il y a quelques années.



Ça fait des mois que je retourne les possibilités dans ma tête, que je me demande comment aborder toutes ces choses ici. Que je pèse le pour et le contre. Je ne veux pas inquiéter les personnes que j'aime. Et je ne voudrais pas trop non plus que des gens d'ici, des gens qui me connaissent de loin sachent tout ça sur moi. Surtout les gens mal intentionnés. Je ne sais pas s'ils sont là, s'ils existent. Tant pis, je ne peux pas continuer à parler uniquement de la pluie, de mon bujo, de mes souvenirs d'enfance ou de voyage. J'en parlerai encore, toutes ces choses sont là et sont vraies aussi. Quand j'ai parlé à mon mari de mon envie d'en raconter plus sur mon blog, il a surtout exprimé ses soucis par rapport à la famille mauricienne : bann-la pu koz to kozé... Eh bien je vais vous dire : j'ai pris la décision d'en parler, sans tout révéler non plus. Alors, kozé vouzot, kozé si zot kontan ! Mais peut-être que vous saurez aussi comprendre, je l'espère. Je ne sais même pas si vous lisez encore mon blog.




C'était un billet très embrouillé, au moins autant que dans ma tête. Je l'écris un vendredi. En pensant à jeudi. Il sera publié lundi. Je me demande comment je me sentirai ce jour-là.

samedi 2 novembre 2019

Les couleurs de l'automne

Samedi passé, mes enfants étaient partis planter des arbres - une sortie organisée par Pro Natura - et mon mari était à Zürich pour l'anniversaire d'un de ses amis. J'avais donc ma journée pour moi toute seule. C'est rare.



En vrai, je n'avais pas vraiment envie de faire quoi que ce soit - juste de me rouler en boule dans mon lit et que le temps s'arrête. Je me sentais fatiguée, un peu plus fatiguée que juste à cause du manque de sommeil. Mais au lieu de dormir, j'ai d'abord regardé des vidéos sur mon téléphone tout en avançant à mon album photo sur mon ordinateur. Et tout en me disant que je devrais faire quelque chose, faire toutes les choses que je ne peux pas faire quand les enfants sont là, quand mon mari est là, quand je dois tenir compte d'autres personnes que moi-même.



J'ai fini par faire une sieste, en ayant mis un réveil. Si je m'étais laissée dormir plus d'une demi-heure, je ne me serais plus relevée de l'après-midi. Et ensuite, je ne sais pas comment j'en ai trouvé l'énergie, mais je me suis habillée et je suis sortie prendre mon vélo. J'ai commencé par un tour dans les vignes, jusqu'au village voisin. Elles sont orange et dorées et la forêt est verte et jaune et très belle. Il y avait eu du brouillard tout le matin, mais il commençait à se lever au moment où je suis sortie.



Puis je suis allée jusqu'au bord du canal. J'ai vu des hérons dans un champ ; ils se sont envolés quand j'ai voulu les prendre en photo. C'était tout juste le milieu de l'après-midi, mais le soleil commençait déjà à descendre dans le ciel. Je crois qu'il n'y a rien de plus beau qu'un soleil d'automne qui vient tout juste d'émerger du brouillard, qui éclaire les feuilles rouges, jaunes, roses de ses rayons obliques.



J'avais un peu mal à la tête et j'étais toujours aussi fatiguée, mais je crois que ce petit tour m'a fait du bien. Je suis rentrée, puis je suis allée chercher mes enfants à la gare de Neuchâtel. Ils étaient ravis de leur sortie. Et moi fière de ne pas m'être laissée aller. Et d'avoir réussi un de mes objectifs de la saison : réussir quelques jolies photos des couleurs de l'automne.



vendredi 11 octobre 2019

Automne, après la pluie

Je suis ravie de voir la pluie tomber. La nature ne demandait que ça : un peu d'eau. Ça me fait du bien de l'imaginer s'infiltrer dans la terre, être captée par les racines, alimenter les cours d'eau.

Après la pluie, une abeille se laisse sécher au soleil

L'automne est arrivé, il fait un peu plus froid - pas encore trop froid, du moins par ici. Tant mieux, profitons des petits plaisirs de saison !

Après la pluie, les gouttes d'eau qui perlent sous les feuilles

Boire du thé et remettre des gros pulls (comme le propose si bien canaille-sympa), enrouler un foulard tout doux autour de son cou, rester sous la couette le dimanche matin pendant que la pluie tape contre les volets. Regarder une bonne série le soir, enroulé sous une couverture. Bientôt, voir jaunir les feuilles des arbres.

Après la pluie, des centaines de petits diamants délicats

Manger de la courge sous toutes ses formes (pour moi, sans aller jusqu'à l'excès comme au Canada de Zhu ;) Admirer les pyramides de cucurbitacées au bord des routes, s'arrêter pour en acheter une ou deux. Peut-être en creuser une pour halloween, avec les enfants.

Il faut que j'aille les photographier, un matin. Si possible un matin où le soleil perce à travers la brume. Et m'en inspirer pour les prochaines pages de mon bullet journal.

Après la pluie, des gouttes d'eau comme de fines perles

Et les jours de pluie, j'aimerais profiter des éclaircies pour aller photographier la nature détrempée, les gouttes d'eau qui restent accrochées aux feuilles et brillent comme des pierres précieuses, les insectes qui profitent d'un bref rayon de soleil pour butiner quelques fleurs tardives. Sortir sous la pluie, même, pourquoi pas, avec un parapluie, et prendre en photo les gens avec leurs parapluies.

A-t-elle poussé toute seule de cette manière, ou a-t-elle été aidée ?


Et vous, qu'allez-vous faire de beau, cet automne ?

jeudi 3 octobre 2019

[Bullet Journal] Les courges du mois d'octobre

Ce qu'il y a de bien avec le titre de mon blog, c'est que quand j'abandonne l'écriture d'une certaine rubrique pendant un temps (voire l'écriture tout court), je peux toujours la reprendre en disant : "Et c'est reparti pour..." sans que ça passe pour une phrase trop nunuche (eh non, puisque c'est un subtil clin d’œil audit titre). Hem.

Alors donc, après quelques mois d'interruption, c'est reparti pour la présentation des pages de mon bullet journal ! En octobre, j'étais inspirée, et j'avais le temps, alors j'ai fait quelque chose de joli (enfin, je crois, vous me direz). Je suis partie sur un thème très original (non, je déconne) puisqu'il s'agit de citrouilles et autres cucurbitacées.

Pour la page de titre, une petite composition : courges, fleurs et feuilles. J'ai acheté exprès trois nouveaux feutres : un jaune pour les fleurs (je n'avais pas encore de jaune !), un vert kaki pour les feuilles (on n'a jamais assez de verts) et un orange pâle pour mon butternut. J'avais déjà un orange un peu plus foncé.

Petit truc, pour placer les éléments au bon endroit, j'ai d'abord dessiné la forme d'une lune au crayon de papier, puisque c'est la forme que je souhaitais pour ma petite compo. Puis j'ai dessiné les courges et le reste, toujours au crayon de papier. Enfin, j'ai colorié le tout avant de compléter le dessin avec les contours au feutre fin noir.

La page de gauche correspond encore au mois de septembre - j'y ai noté chaque jour trois choses positives sur ma journée. J'en reparle plus bas, à propos de la même page pour octobre.

Pour la page du mois, j'ai repris les mêmes petits dessins (en fait, j'ai fait les mêmes sur toutes les pages) pour décorer mon calendrier. Comme d'habitude, je l'ai dessiné avec les semaines qui se déroulent verticalement (et non pas horizontalement comme sur la plupart des calendriers), de sorte à ce que les lundis se retrouve sur la première ligne, les mardis sur la deuxième, etc. J'ai noté la date un jour sur deux et l'ai remplacée par un petit dessin les autres jours. Ce qui m'a valu de me tromper plusieurs fois de nombre (la prochaine fois, je les noterai au crayon de papier avant de les faire au stylo). Mais j'ai réparé mes erreurs en collant par dessus des petits bouts de la dernière page du cahier. Et hop, ni vu, ni connu (ou presque).

En bas à droite, un mini tracker pour mon yoga, parce que OUI, j'essaie de reprendre de bonnes habitudes avec mon yoga du matin. Je colorie simplement la petite case qui correspond au jour quand j'ai pu faire ma petite séance.


Vient ensuite la page "je fais tout ce que je peux pour aller mieux" (à défaut d'un titre plus glamour). Chaque jour, je dois écrire trois choses positives qui se sont produites dans ma journée : une chose que j'ai faite et qui m'a fait me sentir bien, une chose que quelqu'un a faite et qui m'a fait me sentir bien, et enfin, les circonstances, ou quelque chose d'extérieur, qui ont fait que la journée ou un moment de la journée s'est bien passé. J'ai commencé à faire ça mi-septembre... je ne peux pas vraiment me prononcer sur l'efficacité du processus, mais en tout cas, cette page est une de mes préférées ce mois-ci.


Enfin, j'ai fait quelque chose de tout simple pour la première semaine : les mêmes petits dessins que précédemment et quelques lignes pour délimiter les jours. L'espace rayé de jaune en bas de la page était supposé accueillir les repas de la semaine et mes notes, mais jusqu'à l'heure je n'y ai encore rien inscrit.


J'ai beaucoup de plaisir à feuilleter mon bujo en ce moment, j'aime cette ambiance automnale et colorée. Je pense continuer les semaines suivantes avec les mêmes couleurs, mais peut-être renouveler un peu les dessins. Si vous avez aussi un bujo, je serais ravie de voir ce que vous y avez fait !

vendredi 1 décembre 2017

Douce neige d'automne

Elle est tombée dans la nuit et s'est accrochée partout où elle le pouvait : sur les toits des maisons, sur les voitures, sur le bord des chemins et les arbres.


La neige, la première de la saison.


Une balade dans la forêt dans les hauteurs. Le calme. Je suis la première à emprunter le chemin, si l'on excepte les quelques animaux qui ont laissé leur trace.


Je m'arrête un instant et écoute. Rien. Juste un silence feutré, si doux et si intense. Douce neige qui absorbe les sons. Jusqu'à ce qu'un bruit de moteur me rappelle que je ne suis pas si loin de la civilisation.


Quelques minutes de solitude - délicieuse solitude, tranquillité voluptueuse - avant de reprendre ma vie.

mercredi 15 novembre 2017