lundi 13 mai 2013

Souvenirs photographiques

Dans un billet du mois de janvier, en réponse à un tag, je vous parlais du fait que je changeais de passion comme de petite culotte de chemise. Une semaine le scrapbooking, l'autre la photo... « Et la semaine prochaine ? » concluais-je, « Ben, on verra la semaine prochaine ! »

Les jours et les semaines ont passé. Mais, devinez quoi ? Je n'ai pas quitté la photo. Depuis que j'ai un reflex, c'est devenu encore plus passionnant. Enfin, je peux faire faire à mon appareil ce que je veux, avoir de jolis flous d'arrière plan... J'en reparlerai à coup sûr, mais je voulais d'abord raconter autre chose.

Le Taj Mahal, Inde, août 2006

Il y a quelque temps, j'ai reçu un livre, remporté lors d'un concours sur un chouette blog de photographie. Un très beau livre didactique sur la photo, écrit par un grand photographe et illustré de magnifiques clichés : L'âme du photographe, de David duChemin. Au cours de ma lecture - que je n'ai d'ailleurs toujours pas terminée - j'ai été marquée par beaucoup de choses, mais je voulais m'arrêter sur l'une d'elles.

Dans la réplique de la mosquée du Taj Mahal, août 2006

A l'une des pages, on voit une très belle photo du Taj Mahal en deux tons qui se reflète dans le bassin devant lui. L'endroit semble désert, et la photo doit avoir été prise tôt le matin car la lumière est très jolie. La légende de cette photo dit ceci : « Agra, Inde. Le Taj Mahal. Un lieu emblématique, mais trop photographié. Je n'ai rien trouvé de mieux que de réaliser un effet de bichromie sur Adobe Lightroom, dans l'espoir que quelqu'un, un jour, me demande une ennuyeuse photo du Taj Mahal en deux tons. J'attends toujours. »

Ennuyeuse ! Cette photo que n'importe qui, ou presque, trouverait magnifique, il la trouve ennuyeuse. Il raconte par la suite ce qui s'est passé ce jour-là. Sa déception après avoir fait ce cliché, son impression de visiter « une version poussiéreuse du palais d'antan ». Il dit qu'ensuite, en visitant la mosquée, il a aperçu un homme qui balayait le sol, et dont la silhouette se découpait dans l'arche du bâtiment, laissant apercevoir le majestueux tombeau derrière lui. Il avait son cliché, celui qui représentait parfaitement son sentiment, à ce moment-là. (vous pouvez voir cette photo ici)

Visiteuses du Taj Mahal, août 2006

Eh bien, quand j'ai moi-même visité le Taj Mahal il y a 7 ans, j'avais refusé de faire cette photo « classique » du monument. Parce que je savais que je la ferais moins bien qu'un photographe professionnel, parce que je savais que je pouvais la retrouver sur n'importe quel site, parce que le lieu était noir de monde et que la photo n'aurait pas été intéressante. Alors que tous mes compagnons se pressaient tous pour la faire, cette fameuse photo, moi, je photographiais les « photographes ».

Une photographe amatrice devant le Taj Mahal, août 2006

Ensuite, au fur et à mesure de la visite, j'ai fait d'autres photos, celles que vous avez vues depuis le début de ce post. J'ai essayé de trouver des angles originaux, de regarder là où les autres ne regardent pas forcément. J'avais déjà entendu dire que pour faire une photo réussie, il valait mieux parfois, quand tout le monde se précipite d'un côté, se retourner et aller voir de l'autre. Et j'ai essayé de l'appliquer.

Il y a même une photo qui ressemble un peu - un tout petit peu - à celle de David duChemin. C'est l'une de mes photos préférées parmi celles que j'ai faites là-bas. Je n'essaie pas de me comparer à lui, je dis juste que cette photo me plaît, et que celle de ce photographe me touche d'autant plus que je me suis trouvée un jour au même endroit que lui. A cette époque, je ne savais même pas ce qu'était l'aperture ni comment faire des réglages manuels ; je prenais toutes mes photos en automatique, je n'avais aucune connaissance technique.

Juste ma sensibilité.

Un petit, tout petit air de ressemblance... non ?

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