samedi 31 mars 2018

Le courage de jeter

Ces derniers jours, je me suis beaucoup affairée à la maison, à vider armoires, tiroirs et placards et à trier frénétiquement toutes nos affaires - catégorie par catégorie.

Le tri des vêtements a été facile. J'aurais pu quasiment donner tout ce que j'avais - je n'ai pas grand-chose qui me plaise vraiment, à part de jolies robes d'été achetées l'année passée et quelques hauts dénichés il y a peu dans un magasin de seconde main.

Trier les vêtements de mes enfants a été un peu plus difficile. Surtout parce que l'aspect pratique l'emportait souvent dans ma tête sur le côté "cette pièce m'apporte de la joie". Mes deux petits mecs trouent leurs pantalons à la vitesse de l'éclair et je ne peux pas vraiment me permettre d'en jeter trop - même s'ils sont déjà rapiécés. J'ai quand même mis de côté tous les petits pulls unis et pas vraiment jolis, des pantalons informes ou d'autres trop petits - il était temps de sortir ceux-là de leur armoire.


Puis j'ai plié toutes les affaires verticalement - la manière de Marie Kondo - et j'adore désormais ouvrir mon armoire le matin pour choisir ce que je vais mettre. J'adore surtout admirer le contenu des tiroirs de mes enfants. Avec leurs petits slips joliment pliés et triés par couleurs, comme une jolie palette de peinture.

Les livres ont aussi été vite triés. Là encore, nos enfants en ont beaucoup plus que nous.

Parmi les livres qu'on ne souhaitait pas garder, quelques-uns, en bon état, assez récents, seront donnés. Mais la plus grande partie partira simplement pour la déchetterie, où ils seront recyclés. Parce que je me suis rendu compte qu'il fallait avoir le courage de jeter certaines choses, même si on pouvait avoir l'impression qu'éventuellement peut-être si ça se trouve ils pourraient encore intéresser quelqu'un. Les vieux livres à la couverture rigide ou abimée, les magazines pour enfants que j'avais déjà achetés d'occasion, les albums dont une partie de page est déchirée. Parce que je ne voulais pas encombrer une boîte à livres ni embarrasser une boutique de seconde main avec des livres en pas vraiment bon état.


Certains sont des livres qui m'ont plu, qui m'ont marquée - surtout ceux que j'ai lus à l'adolescence et qui ont trôné fièrement pendant des années sur l'étagère de ma chambre d'ado. Classés par ordre alphabétique du nom de l'auteur. De temps en temps, je les prenais tous, ainsi que les autres bibelots de ma bibliothèque, pour les épousseter avant de les remettre en place. Je connaissais tous les titres par cœur, et je ne rangeais là que les livres que j'avais déjà lus - laissant les livres "à lire" en pile sur ma table de chevet.

De ces livres, je n'en ai gardé que trois ou quatre. Des livres qui m'avaient marquée et me laissent comme un souvenir enchanté, mais dont j'ai pratiquement tout oublié. J'aimerais les relire, mais en même temps j'ai peur - peur que l'adulte que je suis devenue ne les apprécie plus autant, et qu'ils perdent de leur magie.

Bon. J'ai suffisamment laissé mon esprit divaguer. Le tri n'est pas encore terminé, et l'appartement est en chantier - plein de piles et de cartons de choses "à donner", "à rendre à maman" ou "à trier plus tard". Mais ça avance. Et l'idée d'avoir bientôt une place pour chaque chose m'apaise. Après avoir fait de l'ordre autour de moi, j'en ferai en-dedans. Enfin, j'essaierai.

1 commentaire:

N a dit…

Si il y a un bon côté d'avoir autant déménagé ces dernières années, surtout les déménagements internationaux, est que j'ai été obligée de me débarasser de tout ce qui n'était pas essentiel. J'avoue qu'à chaque fois j'avais un sentiment d'allègement (surtout quand il sagit de vieux habits ou de livres d'enfants à moitié détruis), mais de temps en temps je me souviens d'un livre aimé que j'ai dû laisser derrière et là... Et bien, là c'est con, mais mon coeur se serrer un peu...