Je disais il y a peu qu'un de mes
objectifs pour cette année était de me trouver un "vrai" travail. C'est que pour le moment, je n'ai pour ainsi dire qu'un
semblant d'emploi.
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| Attendre quelques minutes... que LE moment se produise. (Berne, Suisse) |
Tous les
lundis, je me rends dans notre charmante ville fédérale pour y donner un
cours de français. Une fois par semaine, je suis donc absente de chez moi pendant plus de cinq heures pour donner une heure et demi de cours à une quarantaines de kilomètres de chez moi. Je redépense donc à peu près
un tiers de ce que je gagne en billets de train ; autant dire que si je devais en plus faire garder mes enfants par quelqu'un d'autre que ma gentille et bénévole
maman, ça ne vaudrait même pas la peine de me fatiguer. Si ce n'est pour grapiller un peu
d'expérience, et pour profiter d'une matinée (presque) rien qu'à moi.
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| Au même instant, la façade du Palais fédéral s'illumine. |
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| Le Palais a des airs de château fort... |
C'est que tout
le reste du temps, ou presque, je suis avec mes deux
petites terreurs adorables garçons. Et même s'il arrive que le petit dorme et que le grand joue
tranquillement, me laissant un peu de répit, ils ne sont jamais bien loin, et à n'importe quel moment, l'un peut se mettre à
pleurer ou l'autre à brailler « Maman ! » comme si sa vie était en jeu (« Oui mon chéri, je viens jouer
aux rails... faire rouler Thomas, ou Rosie ou qui tu veux »).
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| Palais fédéral et maison typique, Berne, Suisse. |
Le lundi, j'ai donc ma matinée
à moi. Dans le train, je peux lire, je peux rêver, regarder le paysage (en ce moment, de magnifiques paysages givrés, gris-verts, avant le lever du soleil) - ou revoir mes notes. Arrivée à destination, j'ai un peu de temps pour
flâner avant le début du cours. J'ai testé à chaque fois un
chemin différent pour me rendre dans l'entreprise où mon élève m'attend. À la recherche du trajet le plus court, mais aussi pour partir à la
découverte de ruelles pittoresques, de maisons impressionnantes ou de détails étonnants.
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| Piste cyclable, Berne, Suisse |
En ce moment, j'arrive là-bas juste à l'heure où le soleil se met à
pointer au-dessus des Alpes, embrasant les bâtiments et faisant ressortir la
fumée qui s'échappe des cheminées. Je suis ébahie à chaque fois.
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| Brins de gazon. |
Cette semaine, je me suis enfin décidée à emmener mon
appareil photo et ses trois objectifs (plutôt encombrants). Et je m'en suis donnée à
cœur joie.
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| Cristaux sur une haie. |
J'ai avancé lentement, je me suis arrêtée, j'ai
cherché du regard tout ce qui pouvait m'intéresser, des monuments aux petits détails. La combinaison du
givre déposé un peu partout et du
soleil levant était juste incroyable. Et pas de poussette à trimballer ni de gamin à empêcher de se jeter sur la route. Le calme.
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| Saurez-vous deviner ce que l'on voit au premier plan ? |
Au retour, la lumière avait perdu un peu de son enchantement, mais j'avais toujours du temps devant moi, alors j'ai continué.
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| Un peu d'amour... |
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| Au bord de l'Aar. |
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| Faune citadine. |
En repassant devant le Palais fédéral, j'ai aperçu un
attroupement et entendu le son de mégaphones.
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| Si vous regardez bien, vous apercevrez de drôles de créatures dans la foule... |
Des
orateurs étrangement déguisés s'exprimaient sur le recueil de signatures fructueux contre le percement d'un nouveau tunnel routier sous le
Gothard.
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| Protégeons... les bouquetins ? |
J'ai hésité à rester quelques minutes et à me joindre à la foule, alléchée par les tables couvertes de
petits fours destinés à être dégustés une fois les discours terminés, mais j'avais quand même un
train à prendre... alors j'ai passé mon chemin.