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mercredi 25 novembre 2020

Blablas et couleurs d'automne

C'est à travers une légère brume que le soleil nous réchauffait l'autre jour, mais ma petite balade a été très agréable. J'ai même rapidement pu enlever le coupe-vent que j'avais mis « au cas où ». C'était il y a plus d'une semaine, depuis, les températures ont bien baissé.

Ces derniers temps, j'avance plutôt bien sur mon travail, et j'ai pris la grande décision de faire mon maximum pour mettre de côté mes tendances perfectionnistes et de juste écrire, écrire, modifier mais pas trop, pour pouvoir envoyer une première version de mon mémoire à ma prof et pouvoir bientôt, enfin, le terminer. Yeah, on y croit. Certains jours, c'est plus difficile que d'autres.

J'ai aussi avancé pas mal de petits projets, l'album photo de l'année passée (je fais un album par année, avec des photos de la vie de tous les jours comme des vacances), des cadeaux de Noël faits maison (mais chut, c'est top-secret), un genre de panier à linge avec des banderoles coupées dans de vieux jeans (ça faisait des siècles que je voulais le faire...), parmi d'autres petites choses. C'est très agréable d'avoir l'impression d'avancer, de faire quelque chose, de réussir.

Le week-end passé a été consacré au déménagement du papa de mes enfants... c'est une page qui se tourne. Ça aussi, ça me donne l'impression d'aller de l'avant, même si ça engendre aussi pas mal de peurs et de petites inquiétudes.

Depuis quelques jours, le temps s'est bien rafraîchi et on est souvent enfouis sous le brouillard. Je n'arrive pas à croire qu'on est déjà bientôt en décembre (j'ai même déjà fait les premières pages de ce mois dans mon bujo). Le temps passe vraiment vite, et l'hiver se profile à l'horizon... J'espère au moins qu'il nous apportera un peu de neige cette année !

Il faudra que je pense à préparer le calendrier de l'Avent pour mes louveteaux. Depuis quelques années, j'y glisse chaque jour un chocolat pour chacun, et une petite carte avec la « mission du jour », une petite activité à faire en famille, comme décorer le sapin, faire des biscuits de Noël, bricoler des cartes de vœux, etc. Les enfants adorent, même si ça me demande beaucoup de courage et d'énergie pour mener à bien toutes ces petites activités.

J'oscille un peu entre les jours où je suis pleine de motivation et d'énergie, où mon travail avance, où mon appartement est à peu près en ordre, et ceux où je n'ai rien le courage de faire, que me coucher dans mon lit en début d'après-midi avec mon natel ou mon livre. Mais dans l'ensemble, j'ai plutôt des projets, l'envie de voir les choses avancer, et à peu près l'énergie de m'y mettre, et ça, c'est une grande amélioration par rapport à où j'en étais il y a une année.

Je vous souhaite aussi d'avoir des rêves et des projets et de les voir approcher.

mercredi 30 septembre 2020

Le bal des hirondelles (et la rétrospective du mois de septembre)

Un de ces derniers matins, j'ai vu les hirondelles danser. Certaines étaient agrippées à la paroi d'une maison pendant que les autres voletaient autour d'elles. Soudain, elles partaient toutes ensembles, allaient faire un tour dans le ciel, puis revenaient s'agripper à la paroi. Elles tournoyaient dans le ciel, s'éloignant puis revenant, dans un ballet spectaculaire. 

Après avoir assisté à cette danse, je n'en ai plus revu aucune... Il s'agissait sûrement de leur grande réunion avant d'entamer leur long voyage vers le Sud.


 

Je ne suis pas très prolixe sur mon blog en ce moment. Ce n'est pas faute d'avoir des idées, mais elles tourbillonnent dans ma tête comme ces hirondelles dans le ciel, et il est difficile de les faire se poser. Dans l'ensemble, ce mois de septembre a été un peu lourd, un peu pesant. Pas vraiment difficile, mais pas tout à fait facile non plus.

Il y a les soucis financiers qui n'aident pas à voir la vie en rose. 

Il y a ma grand-maman qui a fait plusieurs allers-retours entre l'hôpital et chez elle, qui commence à perdre la mémoire, à être désorientée. C'est toujours dans un petit coin de ma tête et ça me pèse. 

Il y a... la séparation d'avec mon mari. Oui, je n'en avais pas encore parlé clairement ici, mais nous nous séparons. C'est une très bonne chose en soi, du moins pour moi. Mais évidemment, ça engendre aussi pas mal de soucis.

Il y a mon ordinateur, sur lequel j'ai renversé une tasse de thé... Il a survécu heureusement, mais le clavier est mort, et j'ai dû en acheter un qui se branche par câble USB. Pendant un moment, j'ai aussi cru que la carte réseau avait lâché... mais heureusement, ce n'est pas le cas.

Il y a le fait que je suis de nouveau en charge des enfants pendant la journée, avant et après l'école, et que ça me laisse moins de temps pour travailler. En ce moment, ils veulent toujours avoir leurs tablettes et vont même les piquer dans ma chambre, je ne sais plus où les cacher. Il faudrait que j'aie une bonne conversation avec eux et que je remettre des règles plus strictes, mais je n'en ai pas vraiment le courage pour l'instant.

Il y a le fait que je doive tous les soirs aller me poster devant la porte de la chambre des enfants pour qu'ils arrêtent de discuter, de rigoler, de sauter l'un sur le lit de l'autre, et qu'ils s'endorment enfin. Ils dorment depuis peu les deux dans la même chambre, et c'est la galère. Malgré l'histoire puis la méditation guidée que je leur fais écouter dans l'espoir que ça les calme... je me retrouve quand même chaque soir, vers 9 heures, assise avec mon bouquin devant leur porte à dire "Shhhhhhhhhh !" ou à taper sur la porte dès que j'entends un bruit.

 


 

Heureusement, il y a aussi eu plein de petites choses positives :

J'ai fait du tri dan un gros carton d'habits (de bébé, d'enfant, d'adulte, le tout bien mélangé). J'en ai donné une bonne partie à un magasin de seconde main, d'autres à ma sœur pour son fils. Certains ont été mis en vente sur Internet, sans beaucoup de succès. Je les amènerai sûrement à une autre boutique qui accepte les vêtements pour enfants. Du coup, il ne reste plus qu'un sac en papier dans le placard, et ça fait du bien.

J'ai fait des muffins pour les goûters des enfants, et un jour, on a fait ensemble des petits pains au lait. Les enfants ont adoré les faire comme les manger.

Mon travail de master avance bien, il suffirait juste que je devienne un peu moins perfectionniste et je pourrais bientôt le terminer. De toute façon, maintenant, je n'ai plus le choix : c'est février, dernier délai. Et je compte bien terminer avant. Enfin j'espère.

Et dimanche dernier, les enfants sont allés visiter un chouette musée avec leur papa, et ils en sont rentrés ravis. De mon côté, j'ai eu du temps pour moi, pour coudre deux ou trois choses, trier les photos sur mon ordinateur, me reposer un peu... ce que j'apprécie toujours. 


 

Et vous, dites-moi... comment s'est passé votre mois de septembre ?

 

PS: J'ai posté les nouvelles pages de mon bullet journal sur mon nouveau blog, si ça vous dit d'aller y jeter un œil ;)

lundi 30 mars 2020

Petits miracles du confinement

Je ne vais pas mentir, quand les écoles ont fermé et que le Conseil fédéral a commencé à nous demander de rester autant que possible à la maison, j'ai d'abord cru que je n'allais jamais m'en sortir. Rester enfermée chez moi avec mes sales gosses et mon mari me paraissait... comment dire... un peu comme la pire chose qui pouvait m'arriver. Entre les cris des uns, les pressions de l'autre pour que j'avance à tout prix dans mon mémoire, le stress engendré par la psychose due au coronavirus, le compte des personnes atteintes et des morts, les mesures de plus en plus strictes...

Non. Impossible. J'aurais souhaité ne pas avoir d'enfants, ne pas avoir de mari, être seule chez moi pour pouvoir me terrer dans mon lit, angoisser et ressasser mes idées sombres. Si j'avais pu, j'aurais voulu m'endormir et me réveiller six ou sept semaines plus tard, quand tout serait derrière nous. Enfin, peut-être.

Oui, ça n'allait pas très fort.

Et puis le temps a passé. L'angoisse a diminué petit à petit. J'ai commencé à apprécier certains aspects de cette situation, comme les sorties en forêt avec les enfants. Les bricolages. Le pain fait maison.

Enfin, au début de la semaine passée, j'ai décidé qu'on allait se reprendre en mains. J'ai ressorti un petit tableau noir qu'on n'utilisait plus depuis pas mal de temps, ai inscrit la date du jour tout en haut et ai appelé mes enfants. Ensemble, on a préparé un programme pour la journée. Le programme de nos journées, à présent, du lundi au vendredi.

Programme familial des journées de « confinement »

Le matin, c'est école à la maison pour les enfants (avec leur papa), travail sur mon mémoire pour moi. On fait trois sessions de 45 minutes, avec un quart d'heure de pause entre elles. Deux heures et quart de travail efficace par jour, c'est un bon départ.

Après le repas, une fois que la table est débarrassée et la cuisine rangée, on a réussi à instaurer un temps calme. Ça paraît peut-être banal ou évident pour certains d'entre vous, mais chez nous c'était loin, très loin de l'être. Là, on installe chaque enfant dans une pièce différente (un dans la chambre, l'autre au salon), avec comme consigne de lire ou de faire un dessin. Seules ces deux activités sont autorisées ! On met une minuterie d'une heure... et on va se reposer, nous aussi, dans notre chambre. Ça marche plutôt bien, à mon grand étonnement.

Ensuite, c'est le moment d'une activité en famille. On fait de la pâtisserie, un bricolage ou un jeu de société. C'est un très chouette moment ensemble, un petit moment de plaisir retrouvé... Ça fait du bien. En général, le week-end, c'est difficile de motiver les enfants à faire quoi que ce soit : ils ne pensent qu'à jouer à leur console ! Là, comme c'est dans le planning, ils acceptent volontiers l'activité. Mieux, ils la réclament ! On a déjà fait un moelleux au chocolat, une décoration avec des perles, des petites cartes de vœux avec de la peinture...

Coccinelles, une jolie idée trouvée sur Pinterest

Après l'activité, c'est l'heure de la sortie. On a la chance de pouvoir aller en forêt, ou sur des petits chemins de campagne où on ne croise pas grand-monde. On fait donc un tour tous les jours, sauf quand il fait vraiment trop froid ou trop moche.

Pour finir, les enfants ont droit à un temps libre... En général, ça veut dire qu'ils se ruent sur leur tablette. En temps normal, ils n'ont droit aux écrans que le week-end, mais on a décidé d'être un peu plus souples. Ils ont donc droit à une heure de tablette... mais pas à la console. Ça, c'est toujours uniquement le week-end !

Pervenche en forêt

Et il me semble que peut-être, doucement, on retrouve un petit peu d'harmonie, un équilibre. On prend du plaisir à être ensemble. Je prends du plaisir à être avec mes enfants, ce qui n'a de loin pas toujours été le cas. On a vécu pas mal de passages difficiles, où il me semblait que notre vie n'était que cris, pleurs, frustrations, refus, chantage et fatigue. Petit à petit (pas seulement depuis le confinement) les choses semblent enfin être en train de changer... Il y a quelques petites lueurs d'espoir. Des rires. De bons moments partagés.

Espérons que ça dure.

vendredi 7 février 2020

Super-héroïne

Ça faisait longtemps que je n'avais plus pensé à cette période de ma vie. Et puis, je ne sais plus trop comment, mais je me suis mise à en parler chez la psy. Mon Grand Loup était bébé, et sur mon blog je le surnommais le Bibou. J'habitais à l'Ile Maurice, je venais de devenir Maman pour la première fois. J'avais 23 ans.

Tout était nouveau, je venais d'acquérir un nouveau statut, je commençais une nouvelle vie, une vie de maman... Je me rendais compte qu'à partir de ce moment, c'est moi qui allait devoir prendre les décisions : comment fallait-il l'habiller ? Fallait-il l'emmener chez le médecin, ou est-ce que ça allait passer ? Moi, et mon mari, bien sûr. Je découvrais que je ne pouvais plus décider de l'heure à laquelle j'allais me coucher (il fallait que mon bébé dorme pour que je puisse dormir), ni de celle à laquelle je me lèverais. Quand on sortait, il fallait penser aux couches, aux habits de rechange - heureusement, je l'allaitais, pas de biberons à emmener ni de lait à réchauffer.

Et au milieu de tout ça, 12 semaines à peine après un accouchement plus ou moins traumatisant, j'avais repris le travail. Un nouveau travail. Dans l'enseignement. J'avais été engagée pour donner des cours de journalisme - moi qui n'ai jamais été journaliste. Toute seule, j'ai dû élaborer le programme et le contenu de mes cours. Moi qui n'avais jamais encore enseigné, moi qui avais un petit nouveau-né de 12 semaines...

Petits pieds en mai 2011

Je préparais mes cours dès que le bébé s'endormait et jusqu'à onze heures, minuit, une heure du matin, souvent interrompue pour une tétée. J'allais me coucher, le petit me réveillait encore plusieurs fois pendant la nuit, affamé. Vers 10 heures du matin, j'enfourchais mon vélo pour aller donner mes cours. A midi, je rentrais en vitesse à la maison pour donner à téter à mon bébé, ou alors je retrouvais mari et bébé quelque part en ville pour l'allaiter. L'idéal aurait été que je tire mon lait, mais c'était compliqué... Je travaillais six jours par semaine, le samedi uniquement le matin.

En juillet ou août, mes parents et ma sœur étaient venus passer quelques semaines de vacances chez nous (moi, aux vacances, je n'y aurais pas droit avant d'avoir travaillé une année entière dans cette compagnie), et ils m'avaient offert pour mon anniversaire un bon pour un massage, dans un institut. C'était un massage d'une heure et demie, un massage balinais. La masseuse n'arrêtait pas de me dire que j'étais tendue, et effectivement, au bout de l'heure et demie, j'étais toujours aussi crispée, aussi fatiguée, je n'avais absolument pas réussi à me détendre.

Quand je lui ai raconté tout ça, la psy m'a dit que j'avais été une super-héroïne. Elle a sûrement raison. Quand j'y repense, je me demande comment j'ai fait pour faire tout ça, pour survivre à tout ça. Étrangement, malgré la fatigue, les incertitudes, le stress, le ras-le-bol parfois, jamais je me suis laissée aller à penser que j'étais malheureuse. Non, je n'étais pas malheureuse. C'était ma vie, et c'était comme ça. J'appréciais chaque moment passé avec mon fils, on découvrait petit à petit ses sourires, ses vocalises, on l'admirait alors qu'il apprenait à soulever la tête, à se retourner, à attraper ses pieds. C'est peut-être vrai finalement que la dépression, le burn-out et ce genre de maladies sont des maladies de pays riches. Parce que quand on n'a pas le choix, on ne peut pas se laisser aller, on ne peut pas s'effondrer, on continue et c'est tout, c'est la vie et c'est tout.

Petits pieds en juillet 2011

J'écris ça, et je sais que ce n'est pas tout à fait vrai : je pense à une personne, une Mauricienne, une proche, qui elle a bien failli s'effondrer - je ne sais pas si elle a mis le mot de dépression sur ce qui lui arrivait, mais ça y ressemblait bien. Je repense souvent à elle. Avec ses trois enfants insupportables, son mari parti loin pour gagner de l'argent - et peut-être aussi pour s'éloigner d'elle. Elle qui me racontait son désespoir à la naissance de son troisième fils : à l'hôpital avec son nouveau-né, elle savait qu'un autre bébé (de 10 ou 11 mois !) l'attendait à la maison... Et nous, on passait parfois du temps avec elle, mais souvent j'avoue qu'on avait envie de la fuir, parce qu'elle nous plombait avec ses plaintes et ses histoires déprimantes. J'ai honte, en y repensant.

Je ne sais pas trop où ça me mène de repenser à tout ça. Peut-être que c'est des choses qui devaient être dites, qui méritaient d'être mises par écrit - parce que je n'en avais pas parlé sur le moment sur mon blog. Peut-être que ça vaut la peine que je me souvienne que j'ai réussi à faire tout ça. Que j'ai été une super-héroïne. Je n'y crois qu'à moitié, je crois plutôt que j'ai été un peu folle, un peu inconsciente, que je n'aurais peut-être pas dû accepter ce nouveau travail à l'époque, même s'il était mieux payé que l'ancien. Que j'aurais dû faire d'autres choix... Mais enfin, le passé est passé. Alors, mieux vaut que je me dise, que j'essaie de croire, que j'ai bel et bien été une super-héroïne. Peut-être même que j'en suis encore une.

mercredi 5 février 2020

Une année sans hiver

Il a neigé, hier matin. Enfin, c'était plutôt du grésil. De minuscules boules blanches, qui faisaient comme de petites aiguilles sur les joues, et sur le sol, rebondissaient une fois, avant de fondre. Ça n'a pas duré très longtemps. Le ciel était presque parfaitement bleu au-dessus de ma tête.

Nous n'avons pas encore eu de neige, cette année. Pas à notre altitude. J'ai lu dans le journal que c'était la première fois qu'elle se faisait attendre si longtemps, et que s'il ne neigeait pas de toute la saison, ce serait la première fois depuis le début des relevés, dans les années 30, que ça arriverait.

L'année dernière, le village enneigé (31 janvier 2019)

Le Petit Loup était supposé avoir des journées de ski avec l'école la semaine prochaine, mais sur le site de la petite station de ski où ils devaient se rendre, non loin d'ici, on lit : « La météo printanière du moment nous permettrait presque de faire du ski nautique sur nos pistes... » L'école a envoyé un message pour dire que les journées était annulées.

Notre Grand Loup, par contre, part pour la première fois en camp dans les Alpes, début mars. A priori, il devrait quand même y avoir un peu de neige, là-haut, même si je viens de voir que plusieurs pistes sont fermées. L'hiver fout le camp.

Une fleur sous la neige, le 31 janvier 2019

J'aimerais bien un peu de neige, quand même, au moins histoire de faire quelques jolies photos, et pourquoi pas d'aller faire un peu de luge. Ça, on peut toujours monter sur les hauteurs pour le faire - on l'a déjà fait, d'ailleurs un de ces derniers week-ends. Mais j'aimerais bien qu'elle arrive jusqu'ici, même si elle ne dure pas longtemps.

Un hiver sans neige. Une année sans hiver. Étrange et un peu triste. Vous avez dit réchauffement ?

Vieux sapin de Noël sous la neige, le 31 janvier 2019