vendredi 21 mai 2010

Filles de Joie, filles de larmes

Depuis que je me suis inscrite à la médiathèque, je n'ai pas eu l'occasion de lire beaucoup. J'ai emprunté trois livres dès le commencement, les ai prolongés les tous les trois une première fois au bout des trois semaines autorisées, puis j'en ai enfin terminé un. Je l'ai rendu, mais ai prolongé les deux autres... Et parmi ceux-ci, se trouve le sujet auquel je voulais en venir !

Le livre s'appelle Notre Pain de Chaque Nuit, et a été écrit par un auteur béninois, Florent Couao-Zotti. L'histoire commence abruptement, dans le lit, si je puis dire, d'une prostituée. Leur petite affaire terminée, l'homme semble en vouloir encore... Se sentant agressée, elle se jette sur lui et le frappe jusqu'à le tuer.

Je n'en suis pas arrivée bien loin encore, mais le style me plait bien. Il mêle des mots de la langue locale (laquelle exactement, je ne saurais dire) et s'amuse à transformer un peu la syntaxe et le vocabulaires français, ce qui lui donne une petite touche originale.

Des prostituées, j'en croise souvent dans le jardin public, tout près de là où je travaille. Robe légère au short minuscule, très maquillées, elles attendent, ou abordent les hommes assis seules. Elles ont parfois l'air jeunes, très jeunes... Je me demande quelle est leur vie. Quelle vie ça peut être, de devoir faire ça pour vivre...



D'autant plus que ça peut être dangereux. Il y a quelques mois, une terrible histoire a secoué la population en faisant la une de tous les journaux ici. Une femme - une prostituée - a été sauvagement violée, torturée puis assassinée par trois jeunes gens, dans ce même jardin. Ses agresseurs de 17, 19 et 21 ans (!!!), en voulaient aux prostituées en général de les avoir infectés du SIDA. Ils l'ont violée à tour de rôle, l'ont amenée sous un pont, l'ont torturée, alors qu'elle était enceinte de huit mois. L'un d'eux a même proposé, d'après ce qu'on a pu lire dans les journaux, d'ouvrir son ventre afin de voir son bébé...

De quoi donner envie de vomir. Et donner à réfléchir. Comment un jeune garçon de 17 ans peut non seulement être retrouvé dans la rue à cette heure-là, avoir commis un crime pareil, et de plus, être à son âge déjà un habitué des prostituées ? La misère est sans doute un début de réponse, le manque d'encadrement des jeunes également... Dans tout les cas, ce genre d'histoire me choque, me révolte, me dégoûte, mais me donne aussi envie d'agir... Peut-être qu'en créant des structures pour les jeunes, en leur permettant de jouer à des sports d'équipe, d'avoir quelque chose à faire de leurs après-midi, peut-être cela les empêcherait-il de se livrer à pareilles choses...

On peut toujours rêver. Et espérer qu'un jour le monde devienne bon.

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