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mardi 4 février 2020

Je me souviens... La guêpe et Mme Pervenche (11)

Un de ces soirs, au souper, les enfants se sont mis à parler de guêpes, par rapport à une blague d'une BD de Titeuf. Je me suis alors rappelé une petite histoire vécue il y a longtemps, que je leur ai racontée.

Cet insecte est probablement plutôt une abeille qu'une guêpe, non ?
Souvenir de l'été dernier, en Pologne.

Je devais avoir 8 ou 9 ans, peut-être moins, et je jouais dans le village avec une de mes meilleures amies, P. Près de l'église, il y avait un talus planté de petits sapins, et on aimait aller y jouer. On s'était frayé un chemin entre les petits troncs, et à une extrémité du petit bois, on avait découvert une vieille planche abandonnée là, à moitié prise dans les herbes et les ronces. Je l'avais soulevée, mais... elle abritait apparemment un nid de guêpes. Celles-ci s'étaient précipitées en-dehors de leur trou, et deux d'entre elles m'avaient piqué au mollet. On s'était enfuies en courant, et heureusement, on n'avait pas été piquées plus que ça.

Un peu plus tard, j'étais chez mon amie quand j'ai senti quelque chose me chatouiller sous mon t-shirt. En le soulevant pour voir ce que c'était, P. et moi avons découvert... une guêpe ! A moitié étourdie, probablement un peu écrasée par le tissu, elle ne m'avait même pas piquée. Mon t-shirt était bleu, le même bleu que l'un des pions du Cluedo, Mme Pervenche (un jeu auquel j'aimais bien jouer avec P.) Depuis ce jour-là, ce personnage nous rappelait toujours cette mésaventure, et on se gardait bien de le choisir quand on faisait une partie...



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mardi 28 janvier 2020

Je me souviens... Le chat terrible (10)

J'avais neuf ans quand j'ai eu pour la première fois un animal de compagnie : un petit chat au dos rayé, au ventre blanc, avec une petite tache brune sur le coin de museau.

Mes sœurs et moi avons tout de suite aimé cette petite boule de poils. On jouait avec lui, on le caressait. Le soir, il venait parfois se rouler en boule contre ma tête, ou sur mes pieds, et il dormait avec moi. Il était plutôt indépendant, quand on le voyait dehors autour de la maison, il ne se laissait pas approcher. Il nous ramenait régulièrement des souris qu'il dévorait sous notre lit - on retrouvait de temps en temps des boyaux sanglants, c'était... charmant.

Mini-moi et mini-terreur


C'était un chat avec un fichu caractère : quand il avait faim et qu'on se dirigeait vers sa gamelle pour le nourrir, il nous sautait sur les pieds et nous mordait tout le long du chemin. Il valait mieux le prendre dans les bras - il continuait à nous mordre l'épaule, mais ça faisait moins mal. Il nous attaquait aussi quand on se levait la nuit pour aller aux toilettes, le matin quand on sortait de notre chambre, quand il avait marre de se faire caresser... C'était une sale bête et tous nos invités en avaient peur - à commencer par ma pauvre grand-maman qui s'était fait mordre les pieds alors qu'elle était tranquillement assise à la table de la salle à manger. C'était une sale bête, mais allez savoir pourquoi, on l'aimait quand même.

Un jour où nous avions oublié de refermer leur cage, il avait même dévoré nos gerbilles. Ma sœur et moi avions espéré pendant plusieurs jours qu'elles s'étaient juste sauvées, on avait tenté de les faire revenir en disposant des graines un peu partout dans la pièce. Mais on avait fini par se rendre à l'évidence : elles avaient fini leur vie dans l'estomac du chat.

J'étais très fière de cette photo, quand je l'ai faite. Je trouvais le cadrage excellent.
Quand je suis partie vivre à l'Ile Maurice, à 22 ans, le chat était encore en vie, mais je ne pensais pas le revoir un jour. Et pourtant, plus de 4 ans plus tard, de retour en Suisse et pour un temps chez mes parents, j'ai retrouvé un vieux matou de 16 ans, certes plus en très grande forme, mais toujours là. Et puis, quelques semaines plus tard, on a dû appeler la vétérinaire : il ne mangeait plus, ne marchait qu'avec peine, souffrait probablement beaucoup... Alors, elle est venue, et elle l'a endormi. Toute la famille était là, on était tous tristes de voir s'en aller ce petit être qu'on connaissait depuis 16 longues années.

On l'a enterré dans le jardin, et on a planté un lilas au-dessus de lui.

Pas sûre de ce que je voulais montrer, avec mon air mystérieux...

Je n'ai plus eu d'animaux depuis (à part d'autres gerbilles, on en avait repris après que les premières se sont fait manger. Oh, et une petite lapine, pendant un bref laps de temps, quand on habitait à Maurice. Je l'avais presque oubliée). Pour le moment, je n'en veux pas - trop de contraintes, trop de dépenses - mais peut-être qu'un jour, ce serait bien d'avoir à nouveau une petite boule de poils - chien ou chat, probablement. Les enfants apprécieraient sûrement - et ils créeraient alors comme moi de jolis souvenirs d'enfance avec lui.

Et vous, dites-moi, quel a été votre premier animal de compagnie ?


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mardi 21 janvier 2020

Je me souviens... Le jardin enchanté (9)

Quand j'étais enfant, à l'époque de l'école primaire, j'avais deux meilleures amies. On passait la plupart de nos après-midi ensemble, chez l'une ou l'autre, ou alors dans le village, dans la forêt toute proche, à la piscine en été, à creuser des tunnels dans les tas de neige en hiver.

L'une de mes deux meilleures amies habitait une grande et vieille maison entourée d'un jardin immense, autant dire un immense terrain de jeux pour ces trois petites gamines. On aimait grimper aux arbres, surtout sur le hêtre avec ses belles branches basses, ni trop grosses ni trop minces. Ou le prunier, sur lequel on avait chacune notre « chambre », une branche particulière sur laquelle on s'installait.  Un jour, la maman de mon amie nous avait dit qu'elle trouvait étonnant qu'on aime tellement grimper aux arbres, car dans son esprit, c'était plutôt un truc de garçon. Etonnée par cette affirmation, j'avais répondu sans hésitation qu'elle se trompait, que c'était les filles qui grimpaient aux arbres ! Je ne m'étais jamais posé la question, ayant passé mon enfance perchée dans des branches. J'étais à mille lieues de ce type de considérations genrées.

Féérie après la pluie

On aimait aussi dénicher des escargots, les arroser de quelques gouttes d'eau, leur proposer des dendelions. Une fois, on avait dessiné sur leur coquille au feutre indélébile, et on s'était amusées à essayer de les retrouver les jours suivants. Parfois, la maman de mon amie amenait des tritons de l'étang du collège où elle travaillait. On les gardait dans des bassines avec un fond d'eau, dans lesquelles on disposait des pierres, des morceaux de bois, des feuilles... C'était rigolo de les attraper, puis de les regarder nager à toute vitesse dès qu'on les reposait dans l'eau. Les mâles étaient tout petits, avec le dos bleu, les femelles plus grandes et d'une couleur plus discrète.

Au début de l'été, on cueillait des raisinets (groseilles). Mon amie m'avait dit que si on les mangeait quand les ils étaient encore verts, on pourrait avoir une aussi belle voix qu'Ariel dans La petite sirène. Elle avait joint le geste à la parole, avait gobé quelques raisinets pas murs avant de se mettre à faire des vocalises. Je l'avais crue et l'avais imitée.



En automne, on ramassait des pommes sous les pommiers. Elles étaient petites et acides, autant dire délicieuses.

Au fond du jardin, il y avait un endroit que l'on aimait beaucoup. D'un côté, un tas de tuiles étaient empilées. De l'autre, c'étaient des pavés hexagonaux. Et ces tas de tuiles ou de pavés formaient nos bureaux, ou plutôt nos établis ou nos laboratoires : on s'installait chacune à sa place attitrée, avec nos petits éléments de dînette. Puis on allait cueillir des plantes, des fleurs, récolter de la terre, des feuilles mortes, des cailloux, et on se mettait à créer nos potions. On y passait des heures. On s'inventait des histoires. On était bien, on était libres...


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mardi 17 décembre 2019

Je me souviens... Les cicatrices (8)

Je devais avoir cinq ou six ans. Avec ma petite sœur, un matin où on s'était levées tôt, on avait pris des feutres et entrepris de se dessiner sur tout le corps... des cicatrices. Oui, des cicatrices, comme celles qu'on peut voir sur certains personnages de dessins animés : une ligne droite, coupée de plusieurs petites lignes perpendiculaires. Allez savoir d'où on avait tiré cette idée...

En tout cas, je crois me souvenir que suis restée pas mal de temps fascinée par les cicatrices. Je ne sais plus exactement à quel âge, j'avais eu un zona : une maladie qui apparemment peut être très douloureuse à l'âge adulte, mais qu'on ne sent presque pas quand on l'a en tant qu'enfant. J'avais donc quelques petits boutons sur l'épaule, qui ne me dérangeaient pas plus que ça. Ma maman m'avait quand même emmenée chez le médecin, qui avait dit que je devais éviter de me gratter, car sinon, je risquais de garder... une... cicatrice. Dans mon esprit de petite fille, j'avais visualisé la ligne coupée d'autres petites lignes, et... j'avais fait exprès de me gratter... pour obtenir cette "belle" marque. Moui. C'est pour ça que jusqu'à aujourd'hui, j'ai sur l'épaule droite un ensemble de drôles de petites bosses arrondies, qui se voient de moins en moins avec le temps, mais n'ont jamais ressemblé en rien aux cicatrices que je me représentais et m'ont plusieurs fois mise mal à l'aise quand j'étais plus jeune, en maillot de bain ou en débardeur.

Le jour où on avait fait nos œuvres d'art sur nos bras, nos jambes, notre ventre, ma maman n'avait évidemment pas beaucoup apprécié, et on s'était fait gronder. Ma sœur avait quand même été plus maligne que moi : elle avait utilisé un feutre jaune, qui se voyait beaucoup moins que le mien, qui était rouge !


Et vous, quelles bizarreries avez-vous faites quand vous étiez enfant ?

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mardi 3 décembre 2019

Je me souviens... L'araignée (7)

Il y a eu quelques semaines de pause dans mes souvenirs d'enfance du mardi. Tant pis. C'est reparti ;)

Un jour (je n'étais pas vraiment enfant, plutôt ado), j'étais tranquillement assise aux toilettes quand une grosse araignée, noire, velue et pleine de pattes, m'est tombée sur la cuisse. J'ai poussé plusieurs hurlements stridents tout en éjectant l'intruse d'une main ; celle-ci est partie s'écraser sur le carrelage un mètre plus loin, et a recroquevillé ses pattes devenues raides, manifestement morte. Je crois que je suis restée à la fixer, encore sous le coup de l'émotion, jusqu'à ce que ma mère, alertée par mes cris, n'arrive quelques secondes plus tard.

Elle m'a dit qu'elle ne m'avait jamais entendu crier comme ça, et effectivement, je ne me souviens pas avoir souvent eu plus peur que ce jour-là, même dans des situations ou on devrait rationnellement être plus effrayé que par une petite araignée...

mardi 5 novembre 2019

Je me souviens... Le livre de la bibliothèque (6)

J'ai toujours aimé lire. Certains des livres que j'ai lus pendant mon enfance me laissent d'ailleurs de beaux souvenirs, pour certains très vagues, d'autres plus clairs.

Le tout premier "gros" livre que j'aie lu toute seule, c'était un Oui-Oui. Je me souviens en avoir été très fière. J'ai ensuite dévoré tous les Club des cinq, évidemment je m'identifiais plus à Claude qu'à Annie qui avait peur de tout. Je me souviens aussi avoir lu La rivière à l'envers (j'en ai complètement oublié l'histoire mais il me laisse un souvenir très doux), Les ombres d'autumn street (une histoire sur le racisme, je crois, j'ai oublié). Et un livre qui s'appelait Sors de là, dragon - je me souviens juste que le héro du livre, un jeune garçon, marchait dans les rues de sa ville et finissait par se retrouver à un endroit qu'il ne connaissait pas. Il y avait alors ce passage, probablement déformé par mon souvenir : Cela n'aurait rien eu d'étonnant dans une grande ville, mais dans une petite ville comme celle de [nom de personnage que j'ai oublié], c'était plutôt étonnant. Je me souviens m'être demandé s'il existait vraiment des villes assez grandes pour qu'il soit possible de ne pas en connaître toutes les rues - j'ai grandi dans un village de quelques centaines d'habitants.

En cinquième année (le CM2, pour les français), j'avais lu un très gros livre pas spécialement destiné aux enfants qui m'avait énormément marquée : Dix chiens pour un rêve. L'histoire vraie d'un homme qui traverse le pôle Nord avec un traîneau et ses chiens. Les titres des chapitres contenaient des mots d'inuit, que j'avais soigneusement recopiés dans un carnet avec leur traduction. Certains des chiens étaient croisés avec des loups - ce qui m'avait fascinée. Et je me souviens d'un moment où un des chiens du narrateur est à terre, presque mort ; pour vérifier s'il respire encore, il place alors un petit bout de verre (peut-être sa boussole ?) sous le museau de la bête, guettant la formation de buée. L'année suivante, quand un policier était venu à l'école pour de la prévention contre les accidents, et qu'il nous avait demandé comment faire pour savoir si une personne qui gît à terre est encore en vie, j'avais donné ça comme réponse. Il avait répondu que ça ne marcherait que s'il faisait froid... et qu'il valait mieux chercher à prendre son pouls.

Quand j'étais ado, j'avais toujours un livre dans mon sac, où que j'aille. A l'école secondaire, on avait une bibliothèque dans le collège, et pendant la récré, j'aimais bien y aller pour regarder les livres. Je parcourais les titres, lisais les quatrièmes de couverture, feuilletais les pages. Je les empruntais et les lisais assez rarement, finalement, parce que je lisais lentement, et parce que si j'adorais les livres, je passais aussi beaucoup de temps sur l'ordinateur familial - c'était les débuts d'internet - ou devant la télé.

Il n'empêche qu'un jour - ça devait être juste avant les vacances d'été, j'avais emprunté Quand j'avais cinq and je m'ai tué de Howard Buten. Je pense d'ailleurs que je n'avais pas du tout compris ce livre, à l'époque, et  je devrais certainement le relire. Mais ce n'est pas l'anecdote que je voulais raconter. A la rentrée, j'avais cherché le livre pour le rendre à la bibliothèque... mais ne l'avais pas retrouvé chez moi. J'avais donc dû le rembourser, je crois me souvenir que j'avais dû payer 14 francs.

L'année suivante, j'étais allée comme chaque été en camp avec des jeunes de mon village. Et là, dans le réfectoire du chalet où nous dormions, sur une petite étagère, j'ai retrouvé... ce livre ! Je l'avais probablement oublié là l'année précédente... Je l'ai donc gardé, puisque la bibliothèque en avait sans doute déjà racheté un nouvel exemplaire. Je ne m'en suis débarrassée que récemment, quand on a fait un grand tri de nos affaires. Je me souviens très bien de sa couverture jaune, recouverte de papier adhésif transparent pour la protéger. L'image représentait un petit garçon dans un ciré de pluie. Oui, je crois que ça me donne vraiment envie de le relire - j'irai le prendre à la bibliothèque, et j'essaierai de ne pas le perdre.



Et vous, quelles sont vos drôles d'anecdotes sur la lecture et les livres ?

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mardi 29 octobre 2019

Je me souviens... A l'atelier (5)

Quand j'étais enfant, ma meilleure amie était aussi ma petite cousine (la fille de la cousine de mon père), qui par hasard habitait dans le même village que moi. J'allais souvent jouer chez elle, ou elle chez moi. Je me souviens d'ailleurs encore de son numéro de téléphone, le tout premier que j'aie appris, et que je récitais chiffre par chiffre : « 5 - 1 - 4 - 4 - 6... »

On passait aussi beaucoup de temps dehors, dans le village. On aimait entre autres beaucoup aller  « à l'atelier » jouer « aux escargots » sur « le char ». L'atelier, c'était de celui de son père, mécanicien sur machines agricoles. Derrière le grand hangar de tôle ondulée, se trouvait un petit terrain vague, et sur celui-ci un ancien char en bois, immobilisé depuis longtemps au milieu des herbes folles. Sur le char, il y avait quelques briques, et avec elles, on fabriquait de petites cages pour les escargots qu'on trouvait dans les buissons alentour. On les garnissait d'herbe, de dandelions, de petits cailloux, de bouts de bois, et on y installait les petites bêtes à coquilles jaunes, blanches ou roses. Les roses étaient biens sûr nos préférés, d'autant qu'ils étaient plus rares que les autres. On les regardait ramper sur les feuilles et sur nos mains, peut-être qu'on leur donnait des noms, je n'en suis plus très sûre. On pouvait y passer des heures.



Quand on partait, on prenait soin de bien refermer nos petites maisons, en posant des briques sur le dessus pour éviter que les escargots ne s'échappent. Et quand on revenait, il fallait prendre garde à les soulever délicatement et à les retourner avant de les poser sur les planches du char, car on risquait sinon d'écraser les escargots collés dessus. Je me souviens qu'une fois, j'avais écrasé comme ça un des jolis roses, et que j'avais été très triste.

Il y avait aussi un pneu, suspendu à la branche d'un arbre par une longue corde, sur lequel on aimait se balancer. Un petit ruisseau qu'on allait explorer à pieds nus, y ramasser de la terre glaise qu'on pouvait modeler. Pendant une période, sur un terrain tout près de là, il y a avait des gros tas de cailloux (entreposés là pour une construction ?) qu'on escaladait et dans lesquels on trouvait des merveilles, de petits cristaux de roches - on était persuadées que ça valait une fortune. Parfois, on allait aussi jouer près (et sur, et dans) des piles de vieux pneus de tracteurs : on les escaladait et on redescendait à l'intérieur. Maintenant, je mourrais de peur si mes enfants faisaient ça - et je suppose que mes parents seraient morts de peur s'ils avaient su que je le faisais.



Je me souviens aussi d'avoir déterré des carottes dans le potager de la grand-mère de ma copine-cousine, qui se trouvait juste derrière les tas de pneus. Les meilleures carottes que j'aie jamais mangées, la terre à peine essuyée.

Quand j'y repense, je me dis que j'ai vraiment eu de la chance d'avoir une enfance comme celle-là, très libre, insouciante, à l'extérieur... Je prenais mon vélo et j'allais retrouver ma meilleure copine. On passait notre après-midi à l'atelier, sur notre char, c'était si simple que ça. La vie de mes garçons est très, très différente - et pourtant, on vit toujours dans un petit village. Ils pourraient aussi prendre leur vélo et aller à la forêt, dans les champs, quelque part... mais ils ne le font pas, parce que ça ne se fait pas, parce que ça ne se fait plus. Parce qu'on n'a pas le temps, ou je ne sais pas... Parce qu'ils préfèrent jouer sur leur console... qu'on n'est pas là, que les autres enfants ne font pas ça. Peut-être qu'on les protège trop, qu'on leur montre le mauvais exemple avec nos natels et mon ordinateur. Peut-être juste que les temps ont changé. Mais parfois, ça me rend un peu triste d'y penser.





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mardi 22 octobre 2019

Je me souviens... - Qu'il soit né d'amour (4)

Je l'ai dit la semaine dernière, j'ai appris beaucoup de chansons à l'école primaire. Il y a celles qui m'ont marquées au point que je m'en souviens encore aujourd'hui, même si je ne les ai jamais réentendues depuis. Et puis il y a celles dont je n'ai compris les paroles que bien plus tard, celles-ci paraissant bien obscures pour une enfant de 8 ou 9 ans.

Une année, on avait appris la chanson d'Enrico Macias, Malheur à celui qui blesse un enfant. J'adorais cette chanson, je trouvais la mélodie vraiment magnifique, et les paroles me touchaient beaucoup. Mais il y avait ce passage du refrain que je ne comprenais pas et qui ne cessait de m'intriguer : « Qu'il soit né d'amour, ou par accident... ». Je n'étais pas naïve, je savais comment on faisait les bébés. Je savais que pour faire un enfant, il fallait faire l'amour. Alors, comment un enfant pouvait-il naître par accident ?




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mardi 8 octobre 2019

Je me souviens... - Question de religion (3)

L'autre jour, en me baladant de blog en blog, je suis tombée sur une jolie histoire illustrée... qui m'a marquée et étonnée, puisque j'ai vécu la même quand j'étais enfant !

Je devais avoir 7 ou 8 ans. C'était un après-midi, et j'étais assise sur les branches d'une arbre avec l'une de mes deux meilleures copines (j'ai passé une grande partie de mon enfance dans les arbres, tout en haut de préférence). C'était un gros arbre pas très loin de l'école, qui n'existe plus aujourd'hui. De là, on avait vue sur une partie du village, les champs, et peut-être même les Alpes au loin. On discutait toutes les deux, chacune sur une branche.

- Au fait, toi, tu es catholique ou protestante ? m'a-t-elle demandé. Ma mère m'a dit que j'étais l'un des deux, et toi l'autre, mais je ne me souviens plus lequel.

Je n'avais jamais entendu aucun de ces deux mots, et je ne savais pas du tout ce qu'ils voulaient dire. On n'a jamais été très religieux dans ma famille ; je me souviens d'être allée à l'église pour des baptêmes, des mariages, et une ou deux fois à la messe de minuit à Noël. Je ne connaissais donc pas ces deux mots, mais dans mon esprit d'enfant, le mot "protestant" ne sonnait pas très bien (ben oui, pourquoi est-ce que j'aurais protesté ?).

- Je suis catholique, avais-je donc répondu, faussement sûre de moi.

Complètement par hasard, j'avais répondu juste.




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mardi 1 octobre 2019

Je me souviens... - Le vieux tourne-disques (2)

A l'école enfantine, en plus d'écrire mon nom au mur à la peinture sur le mur, j'ai aussi appris beaucoup de chansons. J'ai toujours aimé chanter, et je me souviens encore avec nostalgie de certaines des chansons que j'avais apprises à cette époque.

Dans notre classe, il y avait encore un vieux tourne-disques. On avait probablement aussi un lecteur CD, mais je me souviens surtout de ce tourne-disques, posé sur la banquette de la fenêtre. Une fois, on avait appris une chanson - je ne sais plus laquelle - et on la chantait accompagnés par le disque. On l'a chanté tant et tant de fois, avec le disque dans le tourne-disque posé sur la banquette un peu bancale, que celui-ci a fini par se rayer. Mais cela ne nous empêchait pas de chanter quand même avec le disque : on savait par cœur l'endroit où ça allait sauter, et à quel mot il fallait reprendre. Et on chantait notre chanson avec notre disque rayé, sautant des bouts de phrase et de mélodie, imperturbables, avant d'éclater de rire.



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mardi 24 septembre 2019

Je me souviens... - Les lettres noires (1)

J'avais six ans, j'étais à l'école enfantine. Je crois que j'aimais bien aller à l'école - j'avais de bonnes copines, des copains, j'aimais bien les activités qu'on y faisait et la maîtresse était gentille. Même quand j'étais malade, je refusais de rester à la maison.

Dans la classe, il y avait le coin famille avec des poupées et de la dînette, le coin jeux de société, le coin lecture, le coin pâte à modeler... et le coin peinture : des panneaux de liège accrochés au mur, auxquels on pouvait punaiser de grandes feuilles et peindre ce qu'on souhaitait. Un jour, je ne sais plus si c'était la récré ou si la maîtresse avait juste le dos tourné, j'avais pris un pinceau dans le pot de peinture noire et m'étais appliquée à écrire mon prénom en grandes lettres majuscules... directement sur les panneaux de liège. J'étais très fière de mon œuvre, mais bizarrement, la maîtresse n'avait pas semblé ravie et je m'étais fait gronder.

Des années après, on pouvait encore voir mon prénom, en grandes lettres noires, au mur de la classe d'école enfantine. Je les apercevais à travers les fenêtres, la salle se trouvant au rez-de-chaussée. Elles étaient petit à petit recouvertes par les coups de peinture des autres enfants, quand ils débordaient de leurs feuilles blanches. Je ne pense pas qu'aucun autre ait jamais eu l'idée de m'imiter.





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