jeudi 17 juin 2010

Waka Waka !

Ça y est, la Coupe du Monde a été lancée à tout juste un jet de pierre d'ici. Du coup, est l'effervescence. La télé locale a décidé de retransmettre tous les matchs sur l'une ou l'autre de ses chaînes. Les journaux ont tous des pages spéciales et autres suppléments consacrés à l'événement. A la radio, on passe en permanence l'hymne de Shakira, Waka Waka - que tout le monde a d'ailleurs mis comme sonnerie ou tonalité sur son portable (c'est que quand les Mauriciens aiment une chanson, il l'aiment jusqu'au bout !).

En parlant avec mes petits parents, ils m'ont dit ne pas avoir tellement entendu ça en Suisse... C'est vrai, ou est-ce qu'ils sont totalement out ? ;) La voilà :


A la maison, la télé est toujours allumée (pas qu'elle soit habituellement éteinte, hein) sur les matchs à la bande-son bourdonnant de vuvuzelas. Beau-papa et beau-frère aiment regarder, les autres essaient comme ils peuvent de faire avec. Sauf hier, ou la Suisse jouait contre l'Espagne ! On ne peut pas dire que j'aie vraiment "regardé", disons plutôt que je passais le temps avec mon mots-croisés devant la télé allumée, mais j'ai été ravie, après les 90 minutes de jeu (c'est bien ça ?) de voir que les petits Helvètes avaient battu la grande Ibérie !


Et moi qui avait dit à qui veut l'entendre que mes compatriotes étaient nuls et n'avaient aucune chance de gagner... ;)

mercredi 16 juin 2010

Dernière session

Dimanche, a eu lieu notre dernière session de préparation au mariage. Une bonne ambiance, une petite célébration, les remerciements de quelques courageux qui ont bien voulu parler devant tout le monde.




Puis chaque groupe s'est installé autour d'une table, et chacun a sorti le mets qu'il avait préparé : cuisses de poulet, viande de boeuf, et même calamars (ou un truc dans le genre)... un vrai festin ! Quant à moi, j'avais apporté le dessert : des brownies !
N'étant pas un as en cuisine, j'étais toutefois, au final, plutôt satisfaite du résultat. Même si en les sortant du four, j'ai eu peur : ils étaient restés complètement liquides à l'intérieur. Heureusement, après quelques heures au frigo, ils étaient nickel.
Résultat : je n'ai eu que des compliments ! On m'a même demandé ma recette.

Il y a enfin eu, pendant qu'on finissait de manger, quelques prestations de chant et autre. Je suis même aller jouer quelques notes sur le synthé... Valait mieux ne pas écouter. Mais le public a été sympa et a applaudi ;)

Enfin, nous avons procédé, à l'intérieur de chaque groupe, à l'échange de cadeaux. Chaque couple avait acheté un petit quelque chose, et on a ensuite tiré au sort pour savoir à qui donner son cadeau. C'était sympa comme idée. On s'est également échangé nos numéros de téléphones... et on s'est promis de se revoir et de faire une sortie ensemble un de ces quatre.

jeudi 10 juin 2010

Party Malin

C'est l'histoire d'un homme, habitant d'une petite île reculée, qui était plutôt pauvre, qui n'avait pas l'électricité chez lui, et qui avait décidé de se lancer en politique.

Alors, il créa le Party Malin, et promit, s'il était élu, de se soucier enfin des miséreux et autres laissés pour compte, de ceux qui comme lui étaient forcés de s'éclairer à la bougie. "Party Malin pe dirrrr...", grinçait-il de temps à autre, histoire de ponctuer ses discours, déclamant son programme, contant ses idées, tous les soirs, sur une chaîne de télé.

Il ne fut pas élu, même s'il reçu un nombre de votes respectables. Il perdit les élections, mais gagna l'affection du public, et on ne parla que de lui dans la presse pendant des jours et des jours, tellement sa gestuelle avait étonné, ses meetings où il ne parlait que devant une dizaine de badauds avaient amusés la population. Il ne fut pas élu, mais fut vite embauché, peu après les élections, par un grand magasin de meubles, pour faire sa promotion. Les "Promos Malin". On le retrouve alors, pour la plus grande joie de petits et grands, sur notre petit écran, avec sa gestuelle inimitable et sa voix reconnaissable entre mille, vantant lits et étagères, armoires et tables à manger...

J'espère en tout cas qu'on le paie bien, et que mon conte peut donc finir ainsi: Tout n'est pas toujours rose, mais les choses finissent bien !



(Même si vous ne comprenez rien, regardez au moins la fin, ça vaut le détour !)
.

Manteau d'hiver

Quel est ce pays merveilleux où les arbres fleurissent en hiver ? Pieds et buissons revêtent leur tenue d'hiver, qui tient plus de la robe de soirée, parure de fête, histoire de flirter, sans doute.




Du rose pour la tendresse...



Du blanc pour l'amour pur. Un laurier-mariée, à la robe immaculée, les lèvres rouge passion.




Étoile d'une autre saison, une touffe de feuillage vert et opulent, rehaussé de quelques touches de rouge et de minuscules pétales jaunes.




Et malgré le sombre du ciel, le gris du mur, les fils barbelés, la beauté et la fraîcheur de quelques fleurs portant le nom d'un ancien explorateur. Un peu de vie, un peu de joie.
.

lundi 31 mai 2010

De la liberté de la presse...

Moi qui croyais être venu emménager dans une démocratie... je me mets à en douter.

Il y a un journal. Pas celui où je travaille. Un bon journal, je veux dire. Plutôt à gauche, mais surtout indépendant. Contrairement à un autre qui n'en a que le nom.

Ce journal a une attitude critique. A l'égard du gouvernement, évidemment, mais pas seulement. Pendant la campagne électorale, ils ont avant tout dénoncé le manque de débat d'idées, les campagnes basées sur le communalisme, etc... Et ce au sujet des deux candidats. Contrairement à d'autres feuilles de choux qui affichaient clairement leurs couleurs, quitte à occulter ce qui se passait dans les meetings du camp adverse et oublier toute forme d'impartialité.

Or, j'apprends que depuis plusieurs années (depuis 2006, une année après l'accession au pouvoir de l'actuel Premier Ministre), le gouvernement a décidé d'arrêter de faire paraître ses avis publics (appels d'offres, avis de fermeture des routes, et autres) dans ce journal. Ne les faisant passer que dans celui où je travaille, qui a pourtant un plus faible tirage... Et privant ainsi le premier d'une partie de ses revenus, mais privant surtout ses lecteurs d'informations importantes !

Après les dernières élections, ils sont même allés au-delà. Il semblerait que l'ordre ait été donné aux différents ministères de résilier leur abonnement à ce quotidien, qui était jusqu'alors acheté et mis à la disposition des fonctionnaires. Plus grave encore : on a donné des directives pour le faire disparaître des bibliothèques municipales ! Ils semblent tenter désespérément de bloquer l'accès à l'information, surtout à celle qui leur déplaît. Ce qui fait d'autant plus peur qui n'existe déjà pas de chaîne de télévision privée...

Mais la cerise, c'est le nouveau Ministre des Finances qui l'a posée tout en haut du gâteau : il a carrément décidé d'interdire l'accès à une conférence de presse officielle, tenue à l'hôtel du gouvernement, à tous les journalistes du groupe qui dirige le journal incriminé. Ceux-là n'avaient reçu aucune invitation, mais l'un deux a tout de même tenté de s'y rendre ; on l'a tout bonnement refoulé.

Le gouvernement a donc non seulement privé le journal d'une partie de ses revenus, son lectorat d'informations officielles, a tenté d'interdire aux fonctionnaires et aux usagés des bibliothèques de le lire, mais tente également d'empêcher le quotidien de faire son travail en annonçant dans ses colonnes les dernières décisions prises par l'Etat, informations du domaine public ! Cela va évidemment à l'encontre des lois sur la liberté d'expression. On connaît des cas dans ce genre ; c'est dans les dictatures que l'on muselle ainsi la presse, pas dans les démocraties...

Le groupe de presse a fait une demande d'injonction "en attendant l’action qu’elle envisage d’entrer en cour incessamment". L'Etat devra donc s'expliquer devant la Cour Suprême le 7 juin prochain.

Mais je me demande... Si un procès est intenté contre l'État, un juge pourra-t-il vraiment se prononcer contre ce dernier ? La raison du plus fort ne risque-t-elle pas, dans un pays comme celui-ci, de passer au final pour la meilleure ? L'avenir (l'Avenir ?) nous le dira...


( http://www.lexpress.mu/story/12508-les-journalistes-de-la-sentinelle-interdits-a-un-point-de-presse-du-ministre-des-finances.html )
.

vendredi 28 mai 2010

Petit bonheur du jour

Aujourd'hui, j'ai cédé ma place à une vieille dame dans le bus.

« Bondié béni twa, mo tifi »

Un sourire sur son visage, et un sourire plus grand encore sur le mien.
.

Habiller ses pieds

Depuis le temps que je marche dans des... comment peut-on appeler cela ? Guenilles pour pieds ? C'est-à-dire, des chaussures pas très belles, un peu fichues déjà, achetées très bon marché quand les anciennes étaient devenues trop usées. Depuis le temps que je marchais là-dedans, donc !

Eh bien aujourd'hui, tadadam, boum, boum ! J'ai acheté de nouvelles parures pour mes petits petons. En soldes. Avec de hauts talons. Pas aiguilles, parce que je ne sais pas marcher dessus, surtout sur les pavés, les trottoirs déformés, les chemins défoncés que je trouve sur ma route.

Je vous laisse admirer ;)

vendredi 21 mai 2010

Filles de Joie, filles de larmes

Depuis que je me suis inscrite à la médiathèque, je n'ai pas eu l'occasion de lire beaucoup. J'ai emprunté trois livres dès le commencement, les ai prolongés les tous les trois une première fois au bout des trois semaines autorisées, puis j'en ai enfin terminé un. Je l'ai rendu, mais ai prolongé les deux autres... Et parmi ceux-ci, se trouve le sujet auquel je voulais en venir !

Le livre s'appelle Notre Pain de Chaque Nuit, et a été écrit par un auteur béninois, Florent Couao-Zotti. L'histoire commence abruptement, dans le lit, si je puis dire, d'une prostituée. Leur petite affaire terminée, l'homme semble en vouloir encore... Se sentant agressée, elle se jette sur lui et le frappe jusqu'à le tuer.

Je n'en suis pas arrivée bien loin encore, mais le style me plait bien. Il mêle des mots de la langue locale (laquelle exactement, je ne saurais dire) et s'amuse à transformer un peu la syntaxe et le vocabulaires français, ce qui lui donne une petite touche originale.

Des prostituées, j'en croise souvent dans le jardin public, tout près de là où je travaille. Robe légère au short minuscule, très maquillées, elles attendent, ou abordent les hommes assis seules. Elles ont parfois l'air jeunes, très jeunes... Je me demande quelle est leur vie. Quelle vie ça peut être, de devoir faire ça pour vivre...



D'autant plus que ça peut être dangereux. Il y a quelques mois, une terrible histoire a secoué la population en faisant la une de tous les journaux ici. Une femme - une prostituée - a été sauvagement violée, torturée puis assassinée par trois jeunes gens, dans ce même jardin. Ses agresseurs de 17, 19 et 21 ans (!!!), en voulaient aux prostituées en général de les avoir infectés du SIDA. Ils l'ont violée à tour de rôle, l'ont amenée sous un pont, l'ont torturée, alors qu'elle était enceinte de huit mois. L'un d'eux a même proposé, d'après ce qu'on a pu lire dans les journaux, d'ouvrir son ventre afin de voir son bébé...

De quoi donner envie de vomir. Et donner à réfléchir. Comment un jeune garçon de 17 ans peut non seulement être retrouvé dans la rue à cette heure-là, avoir commis un crime pareil, et de plus, être à son âge déjà un habitué des prostituées ? La misère est sans doute un début de réponse, le manque d'encadrement des jeunes également... Dans tout les cas, ce genre d'histoire me choque, me révolte, me dégoûte, mais me donne aussi envie d'agir... Peut-être qu'en créant des structures pour les jeunes, en leur permettant de jouer à des sports d'équipe, d'avoir quelque chose à faire de leurs après-midi, peut-être cela les empêcherait-il de se livrer à pareilles choses...

On peut toujours rêver. Et espérer qu'un jour le monde devienne bon.