jeudi 5 décembre 2019

Chère Madame Touvabienjélasolutionàtout

Il y a quelques jours, je me suis retrouvée face à Madame Touvabienjélasolutionàtout.

Madame Touvabienjélasolutionàtout est le genre de personne qui pense que "dans la vie, il n'y a a pas de problèmes, juste des solutions".

C'est (sans doute, parce que je n'en sais rien, en fait) le genre de personne à qui tout sourit.

Il se trouve que cette Madame Touvabienjélasolutionàtout s'est retrouvée en face de moi il y a quelques jours.

Et qu'elle m'a dit tour à tour

"J'ai l'impression que vous voyez tout en noir."

"Je ne suis pas psy, mais..."

"Vous avez tout pour réussir."

"J'ai déjà connu des personnes qui étaient dans votre situation, mais qui n'avaient même pas de diplôme !"

et

"Dans cinq ans, quand on se verra, on en rigolera."

Chère Madame Touvabienjélasolutionàtout, sachez que ce sont à peu près les pires choses que vous pouvez dire à une personne en dépression.


Sachez aussi que voir tout en noir, c'est un peu le principe de cette maladie. C'est un peu comme si vous disiez à un cancéreux : "C'est bizarre, j'ai l'impression que votre corps fabrique des cellules anormales".

Chère Madame Touvabienjélasolutionàtout, sachez enfin qu'après avoir entendu tout ça, non seulement, on se sent toujours aussi mal, mais qu'en plus on culpabilise encore plus (si seulement c'est possible) de se sentir comme ça.

A tous les Monsieur et Madame Touvabienjélasolutionàtout qui me lisent : vous n'êtes pas psys, et on ne vous demande pas de l'être. Juste, peut-être, si c'est possible pour vous, de prendre un peu de recul et de vous rendre compte que votre vision du monde n'est pas universelle, et que certains mots peuvent blesser. Ce sera déjà ça de gagné.

mercredi 4 décembre 2019

Démêler tout ça

Ma vie, c'est un tas de pelotes de laine complètement emmêlées. Si j'arrive à défaire l'un des nœuds, un autre se forme instantanément. Si ça se trouve, il y a un chat au milieu du tas, qui prend un malin plaisir à tout mettre sens dessus dessous.

Il faudrait que j'aie au moins une petite longueur de libre pour pouvoir tricoter un petit bout de ma vie, mais j'ai beau tirer, ça ne vient pas.

Et ce qui est dur, c'est que personne ne voit mon tas de pelotes. Même ceux à qui j'en ai parlé ont du mal à concevoir à quel point la situation devient inextricable. Ils ne voient pas la laine, ils ne voient pas le chat, ils croient qu'il me suffit de tirer un peu plus fort ou d'avoir un peu plus de patience pour que tout se dénoue.

Si je me présentais devant "les gens" avec une jambe dans le plâtre, ou la tête entourée d'un foulard pour dissimuler mon absence de cheveux suite à une chimio, "les gens" seraient forcés de conclure que je me suis cassé quelque chose ou que j'ai eu un cancer, ils seraient forcés de voir qu'il y a quelque chose, que ce n'est pas moi qui joue la comédie, que ça ne va pas bientôt passer (comme si on parlait d'un mauvais rhume). Je ne dis pas que je préférerais avoir un cancer. Bien sûr que non. Je dis juste que j'aimerais bien parfois que "les gens" voient mes pelotes de laine.

Le pire, dans tout ça, c'est que parfois je me dis que peut-être, c'est "eux" qui ont raison. Que mon tas de laine n'existe pas ou qu'il n'est pas si emmêlé que ça. Qu'il me suffirait de faire quelques efforts, chasser le chat, m'y prendre méthodiquement, pour que tout rentre dans l'ordre, le rouge avec le rouge, le jaune avec le jaune, le blanc avec le blanc, chaque fil se laissant bien sagement dérouler dès qu'on en a besoin. Mais alors, pourquoi est-ce que je n'y arrive pas ?


Au fait, vous vous souvenez de la roue ? Elle a tourné à nouveau, je vous laisse deviner où je suis.

mardi 3 décembre 2019

Je me souviens... L'araignée (7)

Il y a eu quelques semaines de pause dans mes souvenirs d'enfance du mardi. Tant pis. C'est reparti ;)

Un jour (je n'étais pas vraiment enfant, plutôt ado), j'étais tranquillement assise aux toilettes quand une grosse araignée, noire, velue et pleine de pattes, m'est tombée sur la cuisse. J'ai poussé plusieurs hurlements stridents tout en éjectant l'intruse d'une main ; celle-ci est partie s'écraser sur le carrelage un mètre plus loin, et a recroquevillé ses pattes devenues raides, manifestement morte. Je crois que je suis restée à la fixer, encore sous le coup de l'émotion, jusqu'à ce que ma mère, alertée par mes cris, n'arrive quelques secondes plus tard.

Elle m'a dit qu'elle ne m'avait jamais entendu crier comme ça, et effectivement, je ne me souviens pas avoir souvent eu plus peur que ce jour-là, même dans des situations ou on devrait rationnellement être plus effrayé que par une petite araignée...

lundi 2 décembre 2019

[Bullet Journal] Les flamboyants du mois de décembre

J'ai hésité à dessiner du givre et des pommes de pin, et puis je crois que j'avais besoin de chaleur, de lumière et de couleurs, alors j'ai pensé aux flamboyants.

En décembre ou janvier, à l'Ile Maurice, ils fleurissent et ne cessent de nous éblouir avec leurs fabuleuses fleurs rouges éclatantes. Puis au fur et à mesure que les fleurs fanent, elles tombent sur le sol et y font comme un tapis écarlate. Enfin, les feuilles arrivent à leur tour, et le vert remplace bientôt le rouge. Un peu de nostalgie de l'époque où il y en avait un juste au bout de ma rue...



Sur la page de gauche, mon planning de lectures pour le travail de master, fait à la suite de l'atelier contre la procrastination, quand j'étais encore toute motivée. Ne regardez pas trop, j'ai déjà tout foiré pris beaucoup de retard - il s'agit de ce que je dois devrais faire jusqu'à la prochaine rencontre avec ma prof et les autres étudiantes en train de faire leur mémoire.

A droite, un flamboyant au milieu d'un champ de canne à sucre, inspiré de cette photo issue de ce post de blog. Bonjour, joli mois de décembre.



Comme j'avais du temps et l'envie de dessiner, la semaine passée, je me suis lancée dans cette vue du Coin de Mire, cette étonnante île-montagne qui émerge de la mer. Si vous connaissez bien l'Ile Maurice, vous savez probablement exactement d'où l'on a cette vue : Cap Malheureux, la petite chapelle, les barques des pêcheurs, les drôles de rails rouillés qui plongent dans la mer, les jetées de béton, le sable, les rochers noirs. Et toujours, le flamboyant. Pour ce dessin, je me suis inspirée de cette image.


Voici ma première semaine, avec des branches de flamboyants qui descendent du ciel comme un rideau. Les rectangles du haut de la page représentent les jours, les plus petits, dans la partie inférieure sont là pour que j'y note des impressions, des choses qu'on m'a dites ou auxquelles j'ai pensé, que j'aimerais raconter ou dont j'aimerais pouvoir me souvenir. Ou plus prosaïquement, où noter les choses que je dois me rappeler d'acheter.


Et comme j'étais toujours inspirée, j'ai aussi déjà créé ma deuxième semaine. Je me suis inspirée d'une de mes propres photos, postée sur ce blog (d'ailleurs, la revoir m'a permis de constater que je me suis bien améliorée en photo depuis cette époque !). La montagne du pouce, qui surplombe fièrement la ville de Port-Louis. Et toujours, quelques branches de flamboyants. J'ai vécu 4 ans au pied de cette montagne, et malgré mon envie, je n'ai jamais fait la randonnée qui permet de grimper jusqu'à son sommet. Un jour, peut-être.

Si vous avez aussi un bujo, je serais ravie de voir ce que vous y avez fait pour le mois de décembre !

dimanche 1 décembre 2019

Quand le temps est à la tempête...

Tu rentres chez toi en fin d'après-midi, fatiguée et lasse, avec une seule idée en tête : t'allonger sur ton lit. Tu espères que ton homme sera en train de préparer le souper, et que tu auras quelques minutes rien qu'à toi, au calme dans ta chambre...

Sauf que quand tu arrives chez toi, c'est alerte cyclonique classe 3. Le souper est en route, mais les enfants braillent, se chamaillent, puis se mettent carrément à se taper dessus. Ça y est, on est passés en classe 4, le cyclone est juste au dessus de nos têtes. Ça crie que ça déteste son frère, que ça préférerait ne pas recevoir de cadeau de Noël si en échange son frangin pouvait disparaître. Des objets volent dans la pièce. Littéralement.

Alors je tente tant bien que mal de prendre mon rôle de médiatrice. Je tente de calmer les esprits. Ça ne marche pas, ça empire au contraire, alors je hurle au grand d'aller dans sa chambre parce qu'il n'arrête pas d'insulter son frère, que le petit n'arrête pas de hurler et de pleurer, que tout le monde hurle.

Je rejoins le grand dans sa chambre, j'essaie de retrouver mon calme. De lui faire comprendre que oui, je comprends qu'il soit fâché, oui, je sais que son petit frère peut être énervant parfois, mais que non, il ne le déteste pas - pas pour de vrai, pas pour toujours. Le grand ne veut rien entendre et continue à crier et à faire des plans pour se débarrasser du petit. Il ne veut pas que je le prenne dans les bras, pas baisser d'un ton, rien ne marche. Je m'assieds et mon regard se perd dans le vide, je me demande comment on va s'en sortir, si on va s'en sortir. Pendant ce temps, Papa s'occupe du petit.

Le repas est prêt, et je propose au grand de venir manger avec lui dans sa chambre - il est si énervé que je préfère ne pas tenter de le faire s'assoir à table en face de son frère. Il passe son repas à m'expliquer pourquoi il déteste Petit Loup, et pourquoi je n'aurais pas dû avoir d'autre enfant, après lui. Mes tentatives de lui faire changer d'idées restent vaines, jusqu'à-ce qu'enfin j'arrive à le faire parler de ce qu'il a fait à l'école. Il s'apaise un peu, un tout petit peu. C'est très dur pour lui de gérer ses émotions, un peu plus que pour les autres enfants.




Une demi-heure plus tard, mon père vient chercher Petit Loup, qui va dormir chez ses grand-parents. Il passe dire au revoir à son frère. Grand Loup le serre dans les bras et ils se font un gros câlin - ils sont de nouveau frères, de nouveau amis, ils s'aiment de nouveau comme avant. Le cyclone est passé, il n'a pas fait trop de dégâts - il en a fait sûrement mais ils sont invisibles. Le soleil est revenu, il brillera sans doute jusqu'à la prochaine tempête.


vendredi 29 novembre 2019

Je ne teul'fais pas dire...

Depuis le temps que je lis les réponses à ce chouette petit questionnaire chez Mahie (sa créatrice), ou encore chez Valvita ou Dr. CaSo, je me suis enfin décidée à tenter d'y répondre, moi aussi.

Aujourd’hui je me sens : Boule au ventre. Envie de rien. Je préfère pas développer davantage.

Ce matin la première personne à qui j’ai parlé une fois sortie de la maison : Une fille que je connaissais depuis l'époque du lycée mais que je n'avais pas revue depuis au moins dix ans. Elle est infirmière chef dans un home, a une fille et un garçon, et savait plein de choses sur moi - vive Facebook. Ça m'a fait plaisir de discuter avec elle.

J’ai été super contente de : Aujourd'hui ? Je vois pas...

Ça m’a franchement énervé de : Devoir attendre au froid mon train qui était en retard, et de devoir porter trois gros livres qui ne rentraient pas dans mon sac à dos.

Ma conversation/situation surréaliste de la semaine : Ça ne date pas vraiment de cette semaine, mais... la structure parascolaire qui refuse d'accepter mes enfants, parce que rédiger un mémoire de 70 pages tout en trainant une dépression, c'est pas vraiment un travail.

Je suis grognon : Oui, j'aimerais me transformer en porc-épic et déployer mes piquants pour que personne ne puisse m'approcher.


Nan, mais franchement, tu trouves ça normal de/que : On me demande de rédiger ma thèse avec mes enfants sur les genoux ?

C’est exquis de : Dormir.

Ça me rend extatique : Question suivante ?

En ce moment je lis : Je viens de commencer La Vieille dame qui voulait se jeter du rez-de-chaussée de Bruno Boniface. Pour le moment, j'ai lu 5 pages.

Je dis « respect » à :  Aux femmes (et aux hommes) qui arrivent à élever leur enfants sans devenir timbrées.


Je ne résiste pas à : Un paquet de chips ou une assiette de frites.


J’vais t’dire une bonne chose : Ce week-end, je mets mon téléphone en mode avion pour éviter d'avoir envie de trop le regarder.

Dans ma bagnole je n’ai besoin de personne et j’écoute à fond : Je ne conduis presque jamais, je prends le train.


La pensée hautement philosophique de la semaine : Il est trop tard pour être philosophique ;)

Je me taperais bien : Une mousse aux deux chocolats dans ma confiserie préférée.


J’ai été raisonnable : Pas du tout ; ça fait deux jours que je mange des frites à midi et aujourd'hui j'ai même rajouté un dessert.

Cette semaine pour la première fois j’ai : Pris un somnifère pour m'endormir.


C’est bien la dernière fois que je : Sur le moment, je ne vois pas.


L’émission de tv, de radio, ou l’article de presse qui m’a le plus frappé cette semaine c’est : Deux faits divers sur deux chauffards : l'un s'est littéralement envolé avec sa grosse berline volée pour atterrir dans une cuisine au premier étage d'une maison, l'autre a percuté une voiture en se rabattant sur la voie de droite et a tué ses trois occupants. Puis il a essayé de s'enfuir à pied.


Plutôt que d’être assise à mon bureau, là tout de suite j’aimerais mieux : Être dans mon lit avec un livre, d'ailleurs c'est ce que je vais m'empresser de faire !

lundi 25 novembre 2019

J - 6

Ce matin, au réveil :

Petit Loup : J'ai rêvé que j'avais amené le calendrier de l'Avent à l'école, et qu'on avait ouvert la première porte !

Plus que quelques jours à attendre, Petit Loup ;)

samedi 23 novembre 2019

Bilbiothèque et sérotonine

J'adore la salle de lecture de la bibliothèque où je me rends pour travailler. C'est une belle et grande salle dans un bâtiment ancien, calme et agréable. Plusieurs grandes tables y sont disposées, équipées de petites lampes vertes comme on en voit dans les films (et de prises de courant, commodité non-négligeable pour les étudiants du XXIe siècle ;)

D'un côté, cinq grandes fenêtres laissent entrer la lumière du jour. De l'autre, ainsi qu'aux deux extrémités, les hauts murs sont couverts jusqu'au haut plafond d'étagères et donc de livres, a l'air très ancien pour certains. Une galerie permet aux bibliothécaires d'accéder aux livres rangés tout en haut, et celle-ci est bordée de portraits peints à l'huile - je me demande souvent qui étaient tous ces gens. J'aime beaucoup cette salle, je m'y sens bien. Il faut juste penser à bien s'habiller, car il n'y fait pas très chaud.

J'adore y arriver tôt le matin, quand il n'y a encore presque personne. Je peux me mettre à ma place préférée, et je vois les autres arriver petit à petit...

Depuis quelques jours, quand je suis là-bas pour travailler, j'aime bien m'isoler un peu des autres étudiants en écoutant de la musique très calme dans mes écouteurs et entrer dans une petite bulle. En tapant "musique pour étudier" et "musique calme" sur Youtube, j'ai fini par tomber sur des mélodies dont le titre prétend qu'elles dégagent des "ondes alpha" ou de la sérotonine. La sérotonine, c'est un neurotransmetteur qui joue un rôle dans la gestion des humeurs et est associée à l'état de bien-être et au bonheur - c'est justement sur elle qu'agissent les antidépresseurs.

Je ne crois pas vraiment à ce genre de trucs, mais j'aime bien écouter ce genre de musiques tout en lisant mes bouquins et en prenant des notes. Plus précisément, j'aime comme elles se laissent rapidement oublier, c'est un peu comme d'avoir un bruit blanc dans les oreilles : on n'entend pas (trop) le cliquetis des claviers des autres, les gens qui s'installent ou cherchent des affaires dans leur sac, mais on n'est pas non plus distrait par un rythme ou une mélodie trop prononcée.

Les hautes fenêtres de la bibliothèque m'ont inspiré une page de bullet journal.

J'ai bien travaillé cette semaine, même si certains jours ont été plus difficiles que d'autres. On a reçu une nouvelle lundi qui m'a un peu désespérée - quand une chose s'arrange, on dirait qu'il faut qu'une autre s'effondre - et je dors mal depuis ça - ou était-ce déjà le cas avant ? Toujours est-il que, je ne sais comment, j'ai enfin réussi à faire un peu d'avance pour mon travail de master, de la lecture de livres et d'articles, pour le moment. Un des bouquins m'a énormément inspirée et donné plein d'idées pour la suite, et ça, c'est une très bonne chose. Je peux donc dire que je suis fière de moi. Et que ça fait du bien.