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vendredi 4 janvier 2019

Hurlements

Mes enfants hurlent. Ils hurlent en permanence. Ils hurlaient au moment où j'imaginais écrire ces lignes, ils hurlent pour dire qu'ils sont contents, pour dire qu'ils ne sont pas d'accord, parce qu'ils sont fatigués, parce que le repas du soir ne leur plait pas, parce que je leur ai refusé quelque chose. A croire que c'est leur activité favorite. À chacun d'eux. Hurler et faire hurler son frère.

Et quand ils ne hurlent pas, ils disent non. On en est arrivé à un point où c'est une réponse automatique et immédiate à presque tout. Si je leur propose de faire un bricolage ou de faire un petit jeu de société, ils me disent non. On va au soleil, voir la neige, les enfants ? Non ! Quand je leur propose un tour à la place de jeux, ils me disent non. Quand c'est l'heure d'en repartir, c'est à nouveau non. Les enfants, allez mettre votre pyjama ! Hurlements. Non.

Et à chaque fois, je dois déployer une énergie incroyable pour les convaincre ou les faire céder. Une énergie que je n'ai pas, une énergie que je n'ai plus. Une énergie que j'aimerais utiliser à autre chose qu'à argumenter sans arrêt sur les mêmes choses, à menacer, ou à compter jusqu'à trois.

Tout ça est de ma faute, bien sûr, parce que je crie aussi beaucoup pour qu'ils fassent ce que je leur demande. Alors ils comprennent que hurler est une solution valable - acceptable, banale, normale - pour obtenir ce qu'ils veulent. Et on se retrouve pris dans un cercle vicieux, sans savoir comment en sortir, sans même être sûr qu'il est possible d'en sortir.

J'ai passé un bon moment avec mes enfants à la place de jeux, aujourd'hui. On a joué, on a couru, on s'est balancé, on a ri. Les rires sont là aussi, mais j'aimerais qu'ils prennent enfin le dessus sur les cris et les pleurs...