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dimanche 1 décembre 2019

Quand le temps est à la tempête...

Tu rentres chez toi en fin d'après-midi, fatiguée et lasse, avec une seule idée en tête : t'allonger sur ton lit. Tu espères que ton homme sera en train de préparer le souper, et que tu auras quelques minutes rien qu'à toi, au calme dans ta chambre...

Sauf que quand tu arrives chez toi, c'est alerte cyclonique classe 3. Le souper est en route, mais les enfants braillent, se chamaillent, puis se mettent carrément à se taper dessus. Ça y est, on est passés en classe 4, le cyclone est juste au dessus de nos têtes. Ça crie que ça déteste son frère, que ça préférerait ne pas recevoir de cadeau de Noël si en échange son frangin pouvait disparaître. Des objets volent dans la pièce. Littéralement.

Alors je tente tant bien que mal de prendre mon rôle de médiatrice. Je tente de calmer les esprits. Ça ne marche pas, ça empire au contraire, alors je hurle au grand d'aller dans sa chambre parce qu'il n'arrête pas d'insulter son frère, que le petit n'arrête pas de hurler et de pleurer, que tout le monde hurle.

Je rejoins le grand dans sa chambre, j'essaie de retrouver mon calme. De lui faire comprendre que oui, je comprends qu'il soit fâché, oui, je sais que son petit frère peut être énervant parfois, mais que non, il ne le déteste pas - pas pour de vrai, pas pour toujours. Le grand ne veut rien entendre et continue à crier et à faire des plans pour se débarrasser du petit. Il ne veut pas que je le prenne dans les bras, pas baisser d'un ton, rien ne marche. Je m'assieds et mon regard se perd dans le vide, je me demande comment on va s'en sortir, si on va s'en sortir. Pendant ce temps, Papa s'occupe du petit.

Le repas est prêt, et je propose au grand de venir manger avec lui dans sa chambre - il est si énervé que je préfère ne pas tenter de le faire s'assoir à table en face de son frère. Il passe son repas à m'expliquer pourquoi il déteste Petit Loup, et pourquoi je n'aurais pas dû avoir d'autre enfant, après lui. Mes tentatives de lui faire changer d'idées restent vaines, jusqu'à-ce qu'enfin j'arrive à le faire parler de ce qu'il a fait à l'école. Il s'apaise un peu, un tout petit peu. C'est très dur pour lui de gérer ses émotions, un peu plus que pour les autres enfants.




Une demi-heure plus tard, mon père vient chercher Petit Loup, qui va dormir chez ses grand-parents. Il passe dire au revoir à son frère. Grand Loup le serre dans les bras et ils se font un gros câlin - ils sont de nouveau frères, de nouveau amis, ils s'aiment de nouveau comme avant. Le cyclone est passé, il n'a pas fait trop de dégâts - il en a fait sûrement mais ils sont invisibles. Le soleil est revenu, il brillera sans doute jusqu'à la prochaine tempête.