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samedi 7 novembre 2020

Ces gens que j'aime (#2)

Pour sortir un peu de la grisaille (qui s'étend autour de nous comme en nous) du mois de novembre, Dr. CaSo nous propose un joli petit défi : écrire chaque jour un petit texte sur une personne qu'on aime ou a aimée. Je suis un peu en retard pour commencer, mais je vais essayer de participer, pas tous les jours, mais quelques fois - je piocherai donc dans les thèmes proposés au gré de mon inspiration, un peu dans le désordre, j'espère que notre chère Dr. ne m'en voudra pas (le numéro du titre se rapporte au numéro du thème).

Quelqu'un avec qui on a voyagé

J'ai 19 ans, je viens de passer le bac, et je m'apprête à prendre l'avion seulement pour la troisième fois de ma vie. Destination : l'Inde, où je pars avec tout un groupe de jeunes pour un voyage organisé par une association caritative. Après les trois semaines passées avec le reste du groupe dans de petits villages au fin fond du Maharashtra, je suis restée trois semaines de plus pour faire un tour dans le Rajasthan avec deux amies de lycée : Syb et Juju.

Un veau dans la ville
 

Mes deux co-voyageuses étaient toutes deux beaucoup plus débrouillardes que moi. C'est elles qui avaient préparé l'itinéraire, c'était généralement elles qui achetaient les billets de train ou marchandaient le prix du rickshaw. Moi, je me suis beaucoup laissée porter - heureusement qu'elles étaient là.

C'étaient deux filles avec lesquelles je m'entendais bien, mais notre amitié s'est encore développée et renforcée au cours de ce voyage. On a découvert ensemble les trains indiens - la première classe avec son air conditionné comme les couchettes de 2ème classe pour un voyage de nuit. Les bus dont les conducteurs semblaient faire la course en permanence et n'hésitaient pas à dépasser un camion même lorsqu'une voiture arrivait dangereusement vite d'en face.

Syb s'est accroupie pour prendre les enfants de face, et plus elle se baissait, plus ils se baissaient aussi


 

On s'est découvert une passion pour les "banana pancakes" que toutes les guesthouses servaient au petit déjeuner, jusqu'à ce que Syb ne soie malade un jour et vomisse son pancake (pure coïncidence), après quoi elle n'a plus pu y toucher ;) On adorait aussi les rooftop restaurants, les singes qu'on voyait partout, même s'ils fichaient aussi la trouille quand ils étaient en bande.

On a visité des tas de palais, de temples, acheté des saris et des bracelets dans de petits magasins. On a fait un tour à dos de dromadaire dans le désert. On s'est fait accoster par des tas d'enfants dans la rue qui réclamaient qu'on les prenne en photo - ou parfois qu'on leur donne de l'argent ou à manger. Je me souviens du sourire d'un petit garçon à qui on venait de donner deux bananes.

Syb et Juju en haut d'une dune pendant notre balade à dromadaire
 

On est rentrée des étoiles dans les yeux et plein de souvenirs en tête.

On s'est pas mal perdues de vue par la suite, même si on reste toujours en contact par les réseaux sociaux. J'ai revu Juju il y a à peu près une année - on est allé boire un café ensemble et discuter un petit peu. Je la croise aussi parfois en ville. Quant à Syb, on a fait une petite randonnée ensemble cet été, avec une amie commune, et c'était vraiment chouette de discuter avec elle et de se rendre compte qu'on avait encore pas mal de choses en commun.

jeudi 26 septembre 2019

Elles descendent de la montagne

Quand j'étais petite, je n'aurais manqué cet événement pour rien au monde. Dans le village où j'ai grandi, la descente des vaches de l'alpage est chaque année l'occasion d'une jolie fête : la Désalpe. Tout le village est décoré, il y a des stands artisanaux, des stands de nourriture, et un cortège. Les enfants de l'école primaire y participent, ainsi que les sociétés locales, d'autres groupes invités, et en guest star, les vaches toutes décorées.


J'ai participé au cortège pendant toute mon enfance, avec ma classe. Je me souviens qu'une année, j'étais déguisée en papillon, avec d'immenses ailes de carton que j'avais peintes n'importe comment (contrairement à d'autres filles qui, elles, avaient peint de jolies formes très harmonieuses, dans des couleurs coordonnées). J'aurais dû penser à chercher la photo dans l'album photo de ma maman pour vous la montrer.


Cette année, le thème de la fête était « panique au poulailler ». La plupart des enfants de l'école - et ceux de la petite école enfantine de ma maman - étaient déguisés en poules, en poussins ou encore en renards. Quant aux sociétés locales, elles ont un rien détourné le thème, comme à leur habitude.


On a donc eu droit à la « poulice »... composée de renards qui lançaient des confettis avec un souffleur.


Et au « poule dance » - je vous laisse voir en image à quoi cela ressemblait :


Bien sûr, il y avait des groupes plus traditionnels. Des sonneurs de cloches, des claqueurs de fouet, des lanceurs de drapeaux, des fanfares.






J'adorais cette fête étant enfant. Avec mes copines et ma petite sœur, on a tenu pendant plusieurs années un petit stand où on vendait des bracelets brésiliens (ces bracelets de fils de coton). On passait des heures à les fabriquer, pendant les mois qui précédaient la fête, puis on les vendait à 1 franc ou 1 franc 50 pièce. N'empêche, on arrivait parfois à se faire un sacré petit pactole grâce à ça, au moins du point de vue de gamines de 8 ou 9 ans.

Maintenant que je suis « grande », j'apprécie toujours cette fête, et j'y vais encore chaque année, depuis que nous sommes retournés vivre en Suisse. Mes enfants ont aussi chacun pu participer au cortège, en tant qu'élèves de la petite école de ma maman, alors en quelque sorte, on peut dire que la boucle est bouclée.