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samedi 23 mai 2020

J'ai fait le test du covid.... et il était négatif

- Aaarrghhaallghhl !

C'est à peu près le son que j'ai produit quand le grand type, au demeurant très sympathique, m'a enfoncé l'écouvillon très très loin au fond de ma narine droite. Celui du fond de la gorge passe tout seul, en comparaison.

- Heu... On ne peut pas se baser sur ses résultats pour savoir si je l'ai ou pas ? a lancé mon mari en plaisantant. Enfin, en plaisantant à moitié, car il n'a pas, mais alors pas du tout aimé l'expérience.

- Je vous inviterai pas à mon anniversaire ! a-t-il grommelé une fois que ça a été fini. Le grand type, amusé, a ri.



Tout avait commencé deux ou trois jours plus tôt, lorsque j'avais dû prendre un paracétamol pour m'endormir à cause d'un gros mal de tête. Je ne suis pas vraiment sujette aux migraines, alors ce n'était pas tout à fait la routine habituelle - mais comme j'avais mes règles en même temps et que ça peut parfois arriver que ça me donne mal à la tête, je ne me suis pas trop inquiétée.

En même temps, ça faisait quelques jours que j'avais des vertiges (en me relevant trop vite, par exemple), et que je me sentais très fatiguée, un peu plus peut-être que d'habitude. J'avais mis tout ça sur le compte du stress, des mauvaises habitudes de coucher, mais quand j'ai commencé à grelotter sous l'effet de la fièvre et à avoir des douleurs aux articulations, le soir suivant, je me suis quand même posé des questions. Dans ma tête, il y avait deux possibilités : soit c'était le covid, ce qui paraissait assez peu probable, soit c'était la borréliose de Lyme, à cause des nombreuses morsures de tiques que j'aie eues ces dernières semaines suite à mes escapades en forêt.



Le médecin nous a demandé d'aller passer le test du covid (mon mari ne se sentait pas très bien non plus à ce moment, mais je dois vous avouer qu'il a une "légère" tendance à être un peu hypocondriaque), et nous a aussi prescrit une prise de sang pour la borréliose.

Après le test du covid, on devait rentrer se confiner chez nous - et ne pas sortir au moins avant d'avoir eu les résultats. C'est là qu'a commencé ma petite phase que j'appellerai parano-maniaque : lavages de mains, spray d'eau de Javel diluée sur les poignées de porte et les interrupteurs... D'un côté, je pensais bien qu'il ne s'agissait pas du covid (ça aurait été quand même étrange, étant donné que je n'étais presque pas sortie et que j'avais plutôt bien respecté les distances de sécurité, que mon mari n'avait finalement aucun symptôme et que notre canton n'était pas très touché...), et d'un autre, j'avais peur, si je l'avais, de contaminer mes enfants, d'avoir contaminé quelqu'un d'autre sans le savoir...



Deux jours après, les résultats sont arrivés : négatifs pour nous deux. J'étais à la fois soulagée et inquiète. La borréliose, ça ne m'enchantait guère non plus...

Le lendemain, c'était la prise de sang pour voir s'il pouvait s'agir de ça. Ça m'a laissé un immense bleu qui a mis plus d'une semaine à se résorber, mais à part ça, les résultats étaient négatifs aussi !

Ce que j'ai eu reste donc jusqu'à ce jour un mystère. Un autre virus, une bactérie ? Franchement, je n'en ai aucune idée... Mais heureusement, je vais de nouveau bien, tout le monde va bien, la vie à repris son cours. Le soleil est là, les fraises sont arrivées, les concombres et les tomates aussi. Je suis de nouveau motivée à travailler, et aussi à poster sur mon blog ! Il devrait donc enfin y avoir un peu plus régulièrement des articles.

Et vous, comment ça va ?

lundi 20 avril 2020

L'après

Jeudi dernier, le Conseil Fédéral a annoncé son programme pour la sortie du confinement. Dès le 27 avril, certains commerces et services pourront rouvrir : les coiffeurs et d'autres services de soins à la personne, les jardineries, les magasins de bricolage. Le 11 mai, ce sera le tour des écoles obligatoires et des autres commerces, "si tout se passe bien". Enfin, le 8 juin, les écoles supérieures, les musées et les bibliothèques rouvriront leurs portes. Il me semble qu'ils n'ont pas parlé des bars et des restaurants, mais ce sera probablement lors de la troisième étape.

Les feuilles se déploient

Je ne sais pas trop dire ce que je ressens, après toutes ces annonces. Ça fait quelques jours que la radio nous parle de sortie de confinement, de réouvertures, et je me suis rendu compte que, si ça me réjouissait, ça avait aussi tendance à m'angoisser quelque peu. Je me suis demandé pourquoi ça m'angoissait, et une des réponses, c'est tout simplement que je n'aime pas les changements.

Je suis en adoration devant les couleurs de ces petites fleurs

Ce semi-confinement, c'est devenu la normalité. La routine, maintenant, c'est se lever pas trop tôt, mettre la pâte du pain (pétrie par la machine) au four, déjeuner, m'enfermer dans ma chambre pour travailler pendant que les enfants ont l'école à la maison avec leur papa, préparer le repas de midi, avoir une heure de temps calme, puis une activité avec les enfants, une sortie en forêt... On a créé des petites habitudes qui roulent plutôt bien, on s'y est fait. Pas besoin de préparer les enfants à toute vitesse pour qu'ils ne soient pas en retard à l'école. Pas de train à prendre. Pas de sentiment de culpabilité parce que je ne passe pas beaucoup de temps avec mes enfants. Je me sens plutôt bien, plutôt rassurée.

Anémone des bois juste éclairée par un rayon de soleil

Ça ne veut pas dire que cette situation ne me pèse pas. J'aimerais voir mes parents, être invitée à manger un dimanche avec mes sœurs, que les enfants puissent aller sauter sur le trampoline, jouer avec leur cousin. J'aimerais qu'on puisse tous se serrer dans les bras. Je voudrais que le mariage de ces amis, prévu pour juillet, puisse avoir lieu. Je voudrais aller voir ma petite filleule qui grandit, et avoir une longue discussion avec ma meilleure amie, assise sur un banc avec elle. Qu'on puisse aller boire un café, ou manger une glace, ou aller au restaurant avec cette autre amie qui m'a annoncé une bonne nouvelle, un petit être au creux de son ventre qu'elle espérait depuis si longtemps !

Celui-ci n'a pas résisté aux tempêtes

J'aimerais faire tout ça, mais tout ça me fait aussi un peu peur. D'accord, tous les commerces, le pays entier aura finalement repris du service dès le 8 juin. Mais concrètement, est-ce que ça veut dire que je pourrai embrasser mes parents sans risques ? Que je pourrai de nouveau prendre le train jusqu'à Fribourg sans trop me poser de questions, pour aller voir ma meilleure amie ? Ou alors, est-ce qu'il faudra encore continuer à se tenir à deux mètres de distance, un masque sur la bouche... ? Est-ce qu'on pourra se baigner dans le lac, manger des glaces, faire des balades insouciantes cet été, où faudra-t-il continuer à se méfier de tout ?

Un peu de douceur...

Je suis contente que les commerces rouvrent bientôt. J'ai hâte d'aller faire un tour à la papeterie, j'aimerais aller chez la coiffeuse, et j'irais bien m'acheter quelques jeans. J'aimerais essayer d'aller autant que possible dans les petites boutiques, chez les indépendants, chez ceux qui ont souffert de cette fermeture forcée de deux mois. Nous, nous avons eu la chance de n'avoir vu aucune différence pendant cette période : je ne gagne toujours rien et mon mari reçoit toujours ses allocations de chômage. On n'a donc pas grand-chose, mais on n'a pas moins qu'avant. Et on a moins dépensé, forcément, sans opportunité de sortir, de manger à l'extérieur, d'aller au musée ou à la piscine avec les enfants, sans dépenses pour les vêtements, les trajets...

Ces fleurs sont celles d'un cerisier sauvage tombé à terre. Il a eu la force de fleurir, avant de pousser son dernier souffle...

Bon. L'après viendra. Il ne faut probablement pas s'attendre à ce que tout soit directement « comme avant », mais on finira par retrouver ses marques. On finit toujours par y arriver.

Des feuilles de muguet, encore hésitantes... maintenant, elles ont beaucoup poussé !