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vendredi 5 juin 2020

Les petites (et grandes) réussites du confinement

Bon, un mois après, c'est peut-être un peu ridicule de parler encore du confinement. En fait, ce message est en cours d'écriture depuis longtemps, j'ai un peu trainé des pieds (ou des doigts ;), mais j'avais quand même envie de le terminer. Et puis, c'est important pour moi de noter les petites choses positives que j'ai réussies à faire - j'ai souvent besoin de petite piqûres de rappel dans ce domaine.

Pendant le confinement, on a dû complétement réorganiser nos journées pour s'occuper de nos deux garçons, qui devaient subitement avoir l'école à la maison. Tout n'a pas toujours été rose, mais il y a eu quelques semaines vraiment chouettes, où on a eu l'occasion de passer de très bons moments en famille, notamment lors de belles balades en forêt. Même si tout ça a commencé petit à petit à se casser la figure vers la fin, au moment où j'ai été malade et que l'énergie et la motivation n'étaient plus vraiment là, ni pour l'école à la maison, ni pour le ménage, ni pour exiger que les enfants aident à mettre ou à débarrasser la table, ni même pour les sorties, j'en garde quand même plusieurs très bons souvenirs, et même quelques petites réussites personnelles ou familiales que j'aimerais partager avec vous.

Les photos de petites fleurs

C'était dans la liste des choses que j'avais envie de faire au début de cette année, inscrit là bien avant le début du confinement. J'avais envie de sortir en forêt et de réussir quelques jolies photos des fleurs du printemps. Le résultat a été bien au-delà de mes espérances : j'ai fait des centaines de photos de fleurs des bois, dont une bonne partie a d'ailleurs été postée ici. Pour la première fois, j'ai vu le sous-bois changer de jour en jour, les différentes espèces fleurir puis faner les unes après les autres. C'était superbe, et j'ai appris le nom de plusieurs plantes. Ce qui m'amène au point suivant :

Une petite orchidée découverte au bord d'un chemin

La découverte de la forêt

En Suisse, on avait la chance de ne pas être vraiment confinés, mais juste encouragés à ne pas s'approcher des autres à moins de deux mètres. Rien ne s'opposait à de régulières sorties en forêt aux abord de notre petit village, où on ne croisait que peu de monde... et on en a énormément profité !
On a réalisé quelques-uns des petits défis envoyés par e-mail par la section locale de l'association Pro Natura, comme créer un abri pour les petits animaux, dans lequel on a de temps en temps déposé quelques noisettes. On a aussi investi un petit coin en forêt, notre "Coin secret" (qui n'a de secret que le nom !) : on a créé un petit foyer, deux genre de bancs avec les nombreuses branches coupées récemment par des bûcherons, et on a passé plein de chouettes moments, tout les quatre, là-haut.

Abri pour petits animaux dans une souche morte - quelqu'un a apprécié les noisettes déposées là.

Les cartes de vœux

Vous le savez, j'aime dessiner... Je dessine dans mon bullet journal, mais quand j'ai déjà fait la page du mois, celle de la semaine, les diverses choses que je fais d'habitude, eh bien... Parfois, je me retrouve frustrée, parce que j'ai encore envie de dessiner, ou de faire du lettering, mais que je n'aime pas vraiment dessiner sans but, sur une feuille blanche, allez savoir pourquoi.

Pendant le confinement, j'ai pris le temps de faire quelques cartes, par exemple une pour ma grand-maman, une pour l'anniversaire d'une amie... J'en ai fait faire aussi plusieurs aux enfants, puis on les a toutes envoyées. Ce qui paraît évident, mais si vous saviez le nombre de cartes qui trainent dans mes tiroirs !

Filmer mon dessin

Une des choses que je suis le plus fière d'avoir faite, c'est de me filmer en train de réaliser mon dessin de fleurs dans une cage à oiseaux. Souvent, déjà, j'avais eu l'idée de faire ce genre de petite vidéo, mais je m'étais à chaque fois découragée, ne trouvant pas le temps de le faire, ou finissant par me dire que ce n'était pas une si bonne idée, que ça n'intéresserait personne, etc. Il a fallu une pandémie mondiale pour que je réussisse enfin à me réserver une bonne heure pour filmer ça un après-midi, puis à prendre quelques heures plusieurs soirs de suite pour faire le montage... Je suis très heureuse de l'avoir fait, et je pense en proposer d'autres dans un futur proche - enfin, si j'y arrive.



Faire de la pâtisserie
Ça n'a pas amélioré ma courbe de poids (au contraire, elle monte, elle monte...), mais ça a sans doute fait du bien à mon moral. J'ai eu l'occasion de confectionner de bonnes petites choses à manger, parfois avec mes enfants, parfois seule. On a fait, entre autres, un délicieux moelleux au chocolat, auquel j'ai apporté une petite variante : j'ai remplacé le beurre par... de la compote de pommes ! C'était une vraie réussite : le gâteau reste moelleux à souhait, et on peut même diminuer la quantité de sucre.

Les bricolages

Les enfants et moi avons fait des tas de petits bricolages ou activités créatrices, que ce soit des cartes de vœux, des collages, des lettres en carton décorées de fils de coton... et même un abat-jour Minecraft en carton et papier coloré ! Il pend fièrement au plafonnier de la chambre de mes Petits Loups, ayant remplacé la boule japonaise qui commençait à se déchirer.

Zombie et Creeper, bizarrement ils ne font pas de cauchemars avec ça au-dessus de leur tête ;)


Renouer avec mes enfants

Enfin, la chose la plus importante, c'est que j'ai réappris à passer de bons moments avec mes enfants. Avant cela, j'ai traversé des mois, des années plutôt difficiles, avec mes deux gamins insupportables, pas d'énergie, pas de plaisir à m'occuper d'eux... Burn out maternel ou dépression... J'ai toujours un peu de mal à mettre des mots là-dessus. Il faudrait que j'essaie, un jour, de faire un article où j'en raconte plus - histoire aussi de rassembler mes idées, de comprendre un peu ce qu'était vraiment ma vie pendant cette période...


Toujours est-il que le début de 2020 a sonné un peu comme une renaissance. En mars et avril, on a vécu repliés sur nous-mêmes, avec nos sorties, nos activités en famille, l'école à la maison. Presque pas de contacts à l'extérieur, on ne voyait même pas mes parents. On a créé un rythme qu'on arrivait tous à suivre, qui nous a permis de nous retrouver. On a joué tous ensemble, on a observé les insectes et les fleurs du sous-bois. On s'est fait les chatouilles, on a ri. On a fait des bricolages, j'avais subitement deux enfants intéressés à autre chose qu'à leurs précieux écrans, c'était formidable. Il y a eu des crises aussi : Grand Loup qui ne voulait pas sortir, P'tit Loup qui ne voulait plus avancer, un repas qui ne plaisait pas à Messieurs les enfants, des moments où ils ne voulaient pas couper leurs jeux vidéos, des soirs où tout le monde était si fatigué que plus rien n'allait...

Mais dans l'ensemble, on s'est retrouvés. Ensemble. On a retrouvé les rires. On s'est apaisés. Peut-être que mes enfants n'ont pas changé, peut-être est-ce juste moi qui ai changé. En tout cas, ça se passe mieux qu'avant à la maison, et ça fait beaucoup de bien.

Et vous, y a-t-il aussi de petites choses que vous êtes fiers d'avoir fait pendant ces quelques semaines un peu spéciales ?

jeudi 23 avril 2020

A vos crayons

C'est sur le blog de Mahie que j'ai découvert ce chouette défi : en se basant sur le gabarit d'une pièce, on est invité à dessiner notre lieu de confinement idéal. Puis on peut le partager sur les réseaux sociaux avec le hashtag #CoronaMaison pour rejoindre l'immeuble géant.

J'ai trouvé l'idée très chouette, et je l'ai proposée comme "activité en famille" hier après-midi. On s'est donc retrouvés les quatre autour de la table, à dessiner notre vision d'un confinement réussi. Je me suis bien amusée à faire ça, je pense que c'est la première fois que je dessinais toute une pièce comme ça, avec plein de petits détails... Ça m'a plu, même si, comme vous pouvez le voir, ma maîtrise de la perspective est pour le moins bancale ;) J'y suis aussi peut-être allée un peu fort sur les couleurs... Mais enfin, c'était rigolo à faire !

Si ça vous dit de participer, ou si vous voulez tout simplement admirer les créations des autres, vous pouvez aller jeter un œil au site de la corona-maison. En attendant, voici les nôtres :

Ma corona-maison, dans les mêmes couleurs que mon bullet journal d'avril !

Pour le Grand Loup : Télé géante, console vidéo... et sur la petite table à gauche : un ordinateur et des chaises pour faire l'école à la maison !

Pour le Petit Loup : la télé, l'ordinateur et la console dans sa chambre, pour qu'il puisse jouer quand il veut.
Le deuxième dessin du Petit Loup : remarquez le joli cadre 'creeper'.

Pour mon homme : une plante, un tableau au mur, une orchidée sur le bord de la fenêtre et un tapis de yoga sur le sol.

Alors, et les vôtres ?

lundi 20 avril 2020

L'après

Jeudi dernier, le Conseil Fédéral a annoncé son programme pour la sortie du confinement. Dès le 27 avril, certains commerces et services pourront rouvrir : les coiffeurs et d'autres services de soins à la personne, les jardineries, les magasins de bricolage. Le 11 mai, ce sera le tour des écoles obligatoires et des autres commerces, "si tout se passe bien". Enfin, le 8 juin, les écoles supérieures, les musées et les bibliothèques rouvriront leurs portes. Il me semble qu'ils n'ont pas parlé des bars et des restaurants, mais ce sera probablement lors de la troisième étape.

Les feuilles se déploient

Je ne sais pas trop dire ce que je ressens, après toutes ces annonces. Ça fait quelques jours que la radio nous parle de sortie de confinement, de réouvertures, et je me suis rendu compte que, si ça me réjouissait, ça avait aussi tendance à m'angoisser quelque peu. Je me suis demandé pourquoi ça m'angoissait, et une des réponses, c'est tout simplement que je n'aime pas les changements.

Je suis en adoration devant les couleurs de ces petites fleurs

Ce semi-confinement, c'est devenu la normalité. La routine, maintenant, c'est se lever pas trop tôt, mettre la pâte du pain (pétrie par la machine) au four, déjeuner, m'enfermer dans ma chambre pour travailler pendant que les enfants ont l'école à la maison avec leur papa, préparer le repas de midi, avoir une heure de temps calme, puis une activité avec les enfants, une sortie en forêt... On a créé des petites habitudes qui roulent plutôt bien, on s'y est fait. Pas besoin de préparer les enfants à toute vitesse pour qu'ils ne soient pas en retard à l'école. Pas de train à prendre. Pas de sentiment de culpabilité parce que je ne passe pas beaucoup de temps avec mes enfants. Je me sens plutôt bien, plutôt rassurée.

Anémone des bois juste éclairée par un rayon de soleil

Ça ne veut pas dire que cette situation ne me pèse pas. J'aimerais voir mes parents, être invitée à manger un dimanche avec mes sœurs, que les enfants puissent aller sauter sur le trampoline, jouer avec leur cousin. J'aimerais qu'on puisse tous se serrer dans les bras. Je voudrais que le mariage de ces amis, prévu pour juillet, puisse avoir lieu. Je voudrais aller voir ma petite filleule qui grandit, et avoir une longue discussion avec ma meilleure amie, assise sur un banc avec elle. Qu'on puisse aller boire un café, ou manger une glace, ou aller au restaurant avec cette autre amie qui m'a annoncé une bonne nouvelle, un petit être au creux de son ventre qu'elle espérait depuis si longtemps !

Celui-ci n'a pas résisté aux tempêtes

J'aimerais faire tout ça, mais tout ça me fait aussi un peu peur. D'accord, tous les commerces, le pays entier aura finalement repris du service dès le 8 juin. Mais concrètement, est-ce que ça veut dire que je pourrai embrasser mes parents sans risques ? Que je pourrai de nouveau prendre le train jusqu'à Fribourg sans trop me poser de questions, pour aller voir ma meilleure amie ? Ou alors, est-ce qu'il faudra encore continuer à se tenir à deux mètres de distance, un masque sur la bouche... ? Est-ce qu'on pourra se baigner dans le lac, manger des glaces, faire des balades insouciantes cet été, où faudra-t-il continuer à se méfier de tout ?

Un peu de douceur...

Je suis contente que les commerces rouvrent bientôt. J'ai hâte d'aller faire un tour à la papeterie, j'aimerais aller chez la coiffeuse, et j'irais bien m'acheter quelques jeans. J'aimerais essayer d'aller autant que possible dans les petites boutiques, chez les indépendants, chez ceux qui ont souffert de cette fermeture forcée de deux mois. Nous, nous avons eu la chance de n'avoir vu aucune différence pendant cette période : je ne gagne toujours rien et mon mari reçoit toujours ses allocations de chômage. On n'a donc pas grand-chose, mais on n'a pas moins qu'avant. Et on a moins dépensé, forcément, sans opportunité de sortir, de manger à l'extérieur, d'aller au musée ou à la piscine avec les enfants, sans dépenses pour les vêtements, les trajets...

Ces fleurs sont celles d'un cerisier sauvage tombé à terre. Il a eu la force de fleurir, avant de pousser son dernier souffle...

Bon. L'après viendra. Il ne faut probablement pas s'attendre à ce que tout soit directement « comme avant », mais on finira par retrouver ses marques. On finit toujours par y arriver.

Des feuilles de muguet, encore hésitantes... maintenant, elles ont beaucoup poussé !

dimanche 12 avril 2020

Si je dois retenir une chose...

L'autre nuit, j'ai rêvé que je passais un entretien d'embauche auprès d'un journaliste parisien qui voulait m'engager comme assistante pour travailler sur un gros dossier. Puis je me baladais tranquillement sur un quai de Seine... avant de me rendre compte, paniquée, qu'il y avait foule autour de moi : des gens étaient assis aux terrasses de cafés, d'autres marchaient en petits groupes. C'est à ce moment-là aussi que je me suis rendu compte que j'avais serré la main du journaliste juste avant, et une drôle d'angoisse m'a alors saisie... puis je me suis réveillée.



A part ce genre de signaux qui semblent indiquer que je ne suis quand même pas tout à fait rassurée par la situation actuelle, je dois dire que je vis ce pseudo-confinement de manière plutôt sereine. A la maison, on a mis en place une routine qui fonctionne assez bien. Je réapprends à passer de bons moments avec mes enfants... ça faisait longtemps, et ça fait du bien. Et puis, ici, on a toujours cette soupape de sécurité : on peut sortir, on sort autant qu'on veut, en forêt, loin des gens. C'est là que je suis vraiment reconnaissante de vivre en Suisse, où les règles sont moins strictes que chez nos voisins Français. Et de vivre dans un village, à deux pas de la forêt.



En fait, je crois que je ne suis jamais autant sortie me promener que depuis que tout a fermé. Avant, je ne prenais pas aussi souvent le temps de sortir avec les enfants, d'aller explorer la forêt juste au-dessus de notre village. Avant, je passais toute la journée à la bibliothèque, et je rentrais juste à l'heure du souper, laissant mon mari s'occuper des enfants après l'école. C'était bien aussi comme ça, j'avais au moins l'impression d'avoir du temps pour moi. Mais je passais moins de temps dehors. Il faut dire aussi que c'était l'hiver. Oh, ce temps-là semble être à des millénaires...



On sort chaque jour se promener. On s'est même créé un petit Coin Secret, là-haut dans la forêt. Dans une vieille souche, on a fait une petite cachette pour petits animaux dans laquelle on dépose de temps en temps des morceaux de pomme ou des noisettes. On a fabriqué deux bancs avec des arbres coupés - il y a beaucoup d'arbres coupés. On a créé un petit foyer au centre d'un cercle de pierres : aujourd'hui, on y a fait des grillades, pour Pâques. Oh, et d'ailleurs, ce matin, le lapin de Pâques est passé : il a déposé pour nous des lapins et des œufs en chocolat, et même un gros paquet pour les enfants !



Autour du Coin Secret, il y a mille et une merveilles à découvrir. Des centaines de petites fleurs des bois de toutes les couleurs - j'en distille les photos sur mon compte Instagram. Un cerisier sauvage tombé, le tronc cassé en deux, probablement lors d'une tempête en janvier ou février, mais qui continue à fleurir. D'autres cerisiers sauvages en fleurs, encore debout, ceux-là. Chaque jour, la végétation a un peu changé. Les anémones ont laissé la place aux violettes, qui se sont fait rejoindre par des gesses de printemps, qui se perdront bientôt dans un tapis de feuilles vertes... C'est absolument fascinant. C'est absolument fabuleux.



Si je dois retenir certaines choses de cette période, que ce soit celles-là :

la nature est belle et elle est juste à ma porte
mes enfants sont adorables au moins autant qu'ils sont fatigants
ralentir est bon, ralentir est bien, j'ai de la chance et je dois m'en souvenir.

lundi 30 mars 2020

Petits miracles du confinement

Je ne vais pas mentir, quand les écoles ont fermé et que le Conseil fédéral a commencé à nous demander de rester autant que possible à la maison, j'ai d'abord cru que je n'allais jamais m'en sortir. Rester enfermée chez moi avec mes sales gosses et mon mari me paraissait... comment dire... un peu comme la pire chose qui pouvait m'arriver. Entre les cris des uns, les pressions de l'autre pour que j'avance à tout prix dans mon mémoire, le stress engendré par la psychose due au coronavirus, le compte des personnes atteintes et des morts, les mesures de plus en plus strictes...

Non. Impossible. J'aurais souhaité ne pas avoir d'enfants, ne pas avoir de mari, être seule chez moi pour pouvoir me terrer dans mon lit, angoisser et ressasser mes idées sombres. Si j'avais pu, j'aurais voulu m'endormir et me réveiller six ou sept semaines plus tard, quand tout serait derrière nous. Enfin, peut-être.

Oui, ça n'allait pas très fort.

Et puis le temps a passé. L'angoisse a diminué petit à petit. J'ai commencé à apprécier certains aspects de cette situation, comme les sorties en forêt avec les enfants. Les bricolages. Le pain fait maison.

Enfin, au début de la semaine passée, j'ai décidé qu'on allait se reprendre en mains. J'ai ressorti un petit tableau noir qu'on n'utilisait plus depuis pas mal de temps, ai inscrit la date du jour tout en haut et ai appelé mes enfants. Ensemble, on a préparé un programme pour la journée. Le programme de nos journées, à présent, du lundi au vendredi.

Programme familial des journées de « confinement »

Le matin, c'est école à la maison pour les enfants (avec leur papa), travail sur mon mémoire pour moi. On fait trois sessions de 45 minutes, avec un quart d'heure de pause entre elles. Deux heures et quart de travail efficace par jour, c'est un bon départ.

Après le repas, une fois que la table est débarrassée et la cuisine rangée, on a réussi à instaurer un temps calme. Ça paraît peut-être banal ou évident pour certains d'entre vous, mais chez nous c'était loin, très loin de l'être. Là, on installe chaque enfant dans une pièce différente (un dans la chambre, l'autre au salon), avec comme consigne de lire ou de faire un dessin. Seules ces deux activités sont autorisées ! On met une minuterie d'une heure... et on va se reposer, nous aussi, dans notre chambre. Ça marche plutôt bien, à mon grand étonnement.

Ensuite, c'est le moment d'une activité en famille. On fait de la pâtisserie, un bricolage ou un jeu de société. C'est un très chouette moment ensemble, un petit moment de plaisir retrouvé... Ça fait du bien. En général, le week-end, c'est difficile de motiver les enfants à faire quoi que ce soit : ils ne pensent qu'à jouer à leur console ! Là, comme c'est dans le planning, ils acceptent volontiers l'activité. Mieux, ils la réclament ! On a déjà fait un moelleux au chocolat, une décoration avec des perles, des petites cartes de vœux avec de la peinture...

Coccinelles, une jolie idée trouvée sur Pinterest

Après l'activité, c'est l'heure de la sortie. On a la chance de pouvoir aller en forêt, ou sur des petits chemins de campagne où on ne croise pas grand-monde. On fait donc un tour tous les jours, sauf quand il fait vraiment trop froid ou trop moche.

Pour finir, les enfants ont droit à un temps libre... En général, ça veut dire qu'ils se ruent sur leur tablette. En temps normal, ils n'ont droit aux écrans que le week-end, mais on a décidé d'être un peu plus souples. Ils ont donc droit à une heure de tablette... mais pas à la console. Ça, c'est toujours uniquement le week-end !

Pervenche en forêt

Et il me semble que peut-être, doucement, on retrouve un petit peu d'harmonie, un équilibre. On prend du plaisir à être ensemble. Je prends du plaisir à être avec mes enfants, ce qui n'a de loin pas toujours été le cas. On a vécu pas mal de passages difficiles, où il me semblait que notre vie n'était que cris, pleurs, frustrations, refus, chantage et fatigue. Petit à petit (pas seulement depuis le confinement) les choses semblent enfin être en train de changer... Il y a quelques petites lueurs d'espoir. Des rires. De bons moments partagés.

Espérons que ça dure.

vendredi 20 mars 2020

Science-fiction

On se croirait dans un film d'anticipation.

L'armée suisse n'a jamais été autant mobilisée depuis la seconde guerre mondiale. Avant les infos à la radio, à certaines heures, une voix sinistre s'élève : "Message du Conseil Fédéral. Restez chez vous ! Sauf, si vous allez faire les course. Sauf, si vous allez à la pharmacie. Sauf..." L'ennemi invisible rôde autour de nous, dissimulé derrière des gens d'apparence normale... peut-être est-il même déjà en nous, sans que nous le sachions. Wikipedia fait en temps réel le compte des cas avérés, le compte des morts, par pays, par région. Et chaque jour, ce ciel bleu éclatant et ce soleil radieux.

Notre monde tourne au ralenti. La plupart des commerces sont fermés, à la télé ou sur les blogs, on voit les avenues des grandes villes complètement désertes. Les enfants reçoivent du travail scolaire par internet, qu'on peut imprimer. Je me demande comment on fera quand on n'aura plus d'encre dans l'imprimante, puisqu'on ne peut plus en acheter. Je me demande comment font ceux qui n'ont pas d'imprimante.

En Suisse, on n'est pas strictement confinés. On peut sortir, un peu. Comme on habite un village, on peut facilement se balader en forêt sans croiser personne. Ou au bord du canal, en croisant un peu plus de monde. Mais on peut maintenir les distances de sécurité, alors je suppose que ça va... On évite quand même de sortir trop souvent.

Depuis que l'école a fermé, on a quand même réussi à faire deux ou trois petits trucs positifs.

  • D'abord, je me suis remise à faire du pain. J'ai une machine, alors ce n'est pas un grand exploit, même pas besoin de pétrir. Par contre, je ne programme que la préparation de la pâte, et je le cuis ensuite au four. C'est quand même meilleur comme ça. Hier matin, j'étais très fière de la jolie croûte croustillante de mon pain, et de la mie pour une fois assez cuite. Il était juste un peu biscornu, mais ça faisait tout son charme.
  • On a réparé la chaise du P'tit Loup, sur son initiative. C'est une chaise pour enfants, qu'on peut mettre à différentes hauteurs. Et une des barres horizontales du dossier tournait sur elle-même, puisque les petits éléments de bois supposé l'éviter étaient cassés à l'intérieur. On a dévissé le tout, remplacé les p'tits machins, revissé, et le tour était joué.
  • On a fait des biscuits... de Noël ! Quand j'ai proposé à Grand Loup de faire un peu de pâtisserie, il a réclamé des petits milanais... qu'on fait traditionnellement plutôt en période de l'Avent. Soit ! Ils sont faciles à faire, et plutôt ludiques, avec leurs jolies formes. On a donc fait une fournée de milanais.
  • J'ai aussi nettoyé en grand l'étagère que l'on a dans la cuisine, y compris tout en haut, derrière le micro-ondes et derrière le carton du four à crêpes et du cuiseur à vapeur, où la poussière à tendance à s'accumuler... Elle est étincelante.
Et chez vous, comment est-ce que cela se passe ?