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mardi 23 juin 2020

Les petites voitures de Sophie

L'autre jour, en lisant une (ancienne) BD de Cédric à mes garçons, je me suis rendu compte d'un truc : sa maman est presque systématiquement représentée en train de faire le ménage. Elle a pratiquement tout le temps un fer à repasser, un plumeau, une éponge ou une spatule à la main. Le papa, lui, on le voit systématiquement rentrer du travail le soir. Quant au grand-père, si vous connaissez la BD, vous savez sans doute qu'il est pratiquement toujours sur son fauteuil, à lire le journal ou à regarder la télé.


J'en ai fait la réflexion à mes petits mecs. Ils ont trouvé ça bizarre, eux aussi, et ont été bien d'accord que les mamans, ça fait aussi autre chose que la vaisselle et la poussière.

Ça m'a par contre rappelé un truc chouette que j'avais remarqué pendant la période du confinement, en parcourant certaines des fiches d'exercices reçues par mon Grand Loup. Par exemple, sur celle-ci :

Quand j'ai lu la consigne, je n'ai pas pu m'empêcher d'être surprise : Sophie, petites voitures ?

C'était en fait une bonne surprise : le protagoniste d'une problème de maths est une fille, qui plus est, une fille qui a des petites voitures. Quand on sait que les manuels scolaires comptent la plupart du temps moins de personnages féminins que masculins, et que les rôles des deux genres sont encore largement stéréotypés (les femmes et les filles dans la sphère domestique et familiale, les hommes et les garçons à l'extérieur), j'ai été ravie de voir que ce n'était pas le cas ici.

Je ne sais pas exactement d'où viennent les fiches que les enfants recevaient pendant le confinement (leur livre de maths, ou une autre source ?), mais il semble que pour une bonne partie d'entre elles, on avait prêté bien attention à alterner entre les personnages garçons et les personnages filles, et surtout à donner de chouettes rôles aux filles. D'ailleurs, revoici Sophie, qui cette fois-ci a inventé une fusée supersonique. (!!!)


Ici, on a affaire à une conductrice de taxi : franchement inhabituel de voir une femme dans ce genre de métier, et ça me plait carrément !



Du coup, je me suis mise à chercher des contre-exemples, et bien sûr, j'en ai aussi trouvé. Par exemple, pourquoi tous les musiciens de ce problème doivent-ils avoir des prénoms masculins (à moins que Dominique ne soit une fille, c'est vrai) ? Peut-être qu'Alain aurait pu s'appeler Aline, et Pascal Pascale. Surtout que je ne pense pas avoir vu de problème dans lequel tous les protagonistes sont féminins. Ça n'arrive pour ainsi dire jamais.


Ce genre de détails m'interpelle, m'intéresse. Je pense qu'il est important d'y faire attention, de montrer aux enfants qu'on peut être une fille et fabriquer des fusées supersoniques, qu'on peut être un garçon et avoir une poupée, que les femmes peuvent aussi conduire des taxis et acheter des maisons et diriger une entreprise. Mais aussi, qu'on peut faire tout ça en étant en chaise roulante, ou si notre peau est noire, ou si on a les yeux bridés... Bref, leur montrer un monde où on n'est pas limité à un type d'activité ou une classe sociale juste en raison de son genre ou de son ethnicité.

Alors, à défaut de pouvoir éviter complètement de genre de biais, quand je vois des détails qui m'agacent dans un livre ou une BD que je lis aux enfants, je fais une réflexion, j'en parle avec eux. Et ça marche, je pense qu'ils y sont sensibles maintenant, eux aussi. Et je suis toute fière quand mon P'tit Loup, la fois suivante, me lance lui-même : « Eh, t'as vu ? La maman de Cédric, elle est toujours en train de faire la lessive ! »

dimanche 26 janvier 2020

Le livre du P'tit Loup

L'autre jour, P'tit Loup est rentré avec un livre dans son sac - un livre spécial, puisqu'il devra le lire aux enfants de sa classe, quand il sera prêt à le faire. C'est les maîtresses qui lui ont confié cette mission.

P'tit Loup a cinq ans, il est en maternelle, enfin, en 2ème HarmoS, comme on dit maintenant ici. Il n'est pas vraiment supposé savoir déjà lire, mais il a appris tout seul, un peu comme son grand frère. En nous posant des questions, en regardant les lettres, en tâtonnant. Il lit certains mots très vite, sans même devoir les déchiffrer. Il arrive même à lire de petites phrases, et à en comprendre le sens.


Et l'autre jour, il est rentré avec ce livre, un livre aux pages cartonnées, une histoire de loup. Je lui ai dit que j'étais fière de lui, qu'on allait bien s'entraîner. Il rayonnait. J'étais vraiment heureuse que les maîtresses aient eu cette idée, qu'elles lui aient confié cette tâche importante, qu'elles lui aient proposé de montrer ce qu'il sait faire de bien. C'est que, pour mon P'tit Loup, l'école ne se passe pas toujours très bien. Au contraire, en général, ça se passe même plutôt mal (même si on a vu des améliorations, ces derniers temps). Il est très agité, il ne tient pas en place, n'obéit pas, embête les autres enfants. Les maîtresses ne savent parfois plus quoi faire avec lui ; on a eu un nombre incalculable de rencontres avec elles, la sous-directrice, et la psy qui le suit depuis quelques mois, pour parler des mesures à mettre en place. Il n'a même plus le droit de faire la gym à l'école ; c'est son papa qui vient le chercher plus tôt, ce jour-là.


Alors ce livre, la petite lecture qu'il pourra faire aux autres, cette petite chose qui peut paraître anodine, c'est un peu comme une éclaircie après une longue période de brouillard. J'espère que ça agira aussi comme un pansement sur son petit cœur blessé (de ne pas avoir été invité à l'anniversaire d'un de ses bons copains, par exemple, parce qu'il l'avait mordu quelques semaines plus tôt), et comme un peu d'engrais pour faire croître sa confiance en lui souvent amochée.

Je crois en toi, mon P'tit Loup. Je suis fière de toi, et j'espère que petit à petit, le calme reviendra chez nous (en moi, en nous), et que tu pourras t'apaiser. Tu es un petit mec drôle, beau et intelligent, insupportable parfois, mais on t'aime fort. Ça va aller. On y croit.

lundi 7 octobre 2019

Fich(u)e (de) lecture

Depuis le début de l'année scolaire, le Grand Loup a en devoirs, pour chaque vendredi, de lire le livre de son choix pendant une vingtaine de minutes. C'est toujours un peu la croix et la bannière pour le faire lire. Même si je postais très fièrement il y a quelques mois de photos de lui plongé dans un bouquin, l'expérience ne s'est pas représentée très souvent depuis. Oh, ça lui arrive de prendre une BD et d'en lire un petit bout à son frère, mais de manière générale, il ne trouve pas vraiment d'intérêt à la lecture - du moins pas à lire tout seul, alors qu'il adore que je lui lise un livre le soir, avant le coucher.

Tous les jeudis, la bataille commence :

- Grand Loup, choisis un livre qui t'intéresse, et lis. C'est tes devoirs.
- Mais ça sert à rien, de lire !
- C'est quand même tes devoirs, alors tu dois lire. Prends Titeuf, par exemple.
- Tu peux me le lire, toi ?
- Non, c'est toi qui dois t'entrainer. C'est toi qui dois lire.
- Mais de toute façon, la maîtresse, elle nous dit rien.
- Même si elle ne dit rien, j'aimerais que tu lises. Elle a dit que vous alliez devoir remplir une fiche de lecture, au bout de quelques semaines.

La fiche de lecture a fini par arriver : à remplir en devoirs pour un jeudi. Le mercredi après-midi, le Grand Loup est chez sa grand-maman - ouf, c'est elle qui a pris en charge les devoirs ce jour-là. Et elle doit avoir des dons de sorcellerie*, parce qu'apparemment, le Grand-Loup a choisi un livre sans rechigner (une BD des Schtroumpfs), l'a lu, puis s'est appliqué à remplir sa fiche de lecture. Hourra.

Et je vous laisse en juger par vous-même, mais personnellement, je trouve le résultat schtroumpfant !


*qui marchent aussi pour le faire manger correctement à table, le faire accepter de ne pas trop réclamer d'écrans, le faire sortir...

mardi 27 août 2019

C'est la rentrée

Mission : survivre à la première semaine de rentrée
Statut : réussie


Ça y est, les enfants ont repris l'école. La semaine passée.

J'avais oublié le stress que c'était chaque matin : préparer le petit déjeuner, les réveiller, les faire manger (ce sont les deux de vrais escargots), les habiller, leur faire se brosser les dents, s'assurer qu'ils ont un goûter dans leur sac. Et enfin, leur faire enfiler leurs chaussures, et accompagner le petit à l'école. Heureusement qu'on habite à cinq minutes à pied.



Et cette année, nouveauté. Les enfants ne seront gardés que le lundi à la structure parascolaire. Parce que ces bonnes gens de la commune estiment que je peux très bien rédiger mon travail de master pendant que mes enfants sont à l'école. A savoir, pour le plus petit, quatre matins, de 8 heures à 11 heures et demie, et deux après-midi, de 13 heures 30 à 15 heures 10 par semaine. Je n'ai pas osé faire le calcul qui divise les 900 heures de travail qu'il me reste (au minimum) pour l'achever par le nombre d'heures que cela me laisse chaque semaine, mais en tout cas, cette décision me met en rogne, m'attriste, me fâche, me désespère, me laisse un fort sentiment d'injustice et une grosse boule au ventre à chaque fois que je pense à cette situation.

Heureusement, ma maman peut les garder deux jours par semaine. Ce qui m'en laisse deux où je dois aller les chercher à 11h30, leur donner à manger, brossage de dents, chaussures. L'un de ces deux jours, le petit n'a pas l'école l'après-midi. L'autre si.

Pour le moment, ça s'est à peu près bien passé. On a réussi à les lever à temps et à les faire se préparer - il ne sont même presque pas arrivés en retard. Les après-midi où il fait beau, je les emmène à la place de jeux directement après l'école. Je m'assois sur un banc avec mon livre et espère qu'ils joueront tranquillement avec les autres enfants, sans se bagarrer et sans me demander trop souvent de venir les pousser sur la balançoire. On ne rentre qu'au moment où arrive l'heure d'aller faire à souper.

Ça me fait plaisir de passer un peu plus de temps avec eux - et d'avoir un peu plus de temps pour lire. En fait, ce serait parfaitement agréable si je n'angoissais pas presque en permanence en me demandant quand et si j'arriverai enfin à terminer ces études, quand et si j'aurai un jour un vrai travail, stable, fixe, qui me permette de vivre sans avoir besoin de remplir des formulaires de demande de bourse, de subsides, de je-ne-sais-quoi encore...

mercredi 29 novembre 2017

Sur le chemin de l'école

Ce matin, sur le chemin de l'école avec mon grand de six ans.

Moi : C'est chouette, on n'a pas besoin de courir pour une fois.

Puis mon regard se pose sur son dos... sans cartable.

On a du faire un aller-retour en courant, finalement.