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mardi 4 février 2020

Je me souviens... La guêpe et Mme Pervenche (11)

Un de ces soirs, au souper, les enfants se sont mis à parler de guêpes, par rapport à une blague d'une BD de Titeuf. Je me suis alors rappelé une petite histoire vécue il y a longtemps, que je leur ai racontée.

Cet insecte est probablement plutôt une abeille qu'une guêpe, non ?
Souvenir de l'été dernier, en Pologne.

Je devais avoir 8 ou 9 ans, peut-être moins, et je jouais dans le village avec une de mes meilleures amies, P. Près de l'église, il y avait un talus planté de petits sapins, et on aimait aller y jouer. On s'était frayé un chemin entre les petits troncs, et à une extrémité du petit bois, on avait découvert une vieille planche abandonnée là, à moitié prise dans les herbes et les ronces. Je l'avais soulevée, mais... elle abritait apparemment un nid de guêpes. Celles-ci s'étaient précipitées en-dehors de leur trou, et deux d'entre elles m'avaient piqué au mollet. On s'était enfuies en courant, et heureusement, on n'avait pas été piquées plus que ça.

Un peu plus tard, j'étais chez mon amie quand j'ai senti quelque chose me chatouiller sous mon t-shirt. En le soulevant pour voir ce que c'était, P. et moi avons découvert... une guêpe ! A moitié étourdie, probablement un peu écrasée par le tissu, elle ne m'avait même pas piquée. Mon t-shirt était bleu, le même bleu que l'un des pions du Cluedo, Mme Pervenche (un jeu auquel j'aimais bien jouer avec P.) Depuis ce jour-là, ce personnage nous rappelait toujours cette mésaventure, et on se gardait bien de le choisir quand on faisait une partie...



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mardi 29 octobre 2019

Je me souviens... A l'atelier (5)

Quand j'étais enfant, ma meilleure amie était aussi ma petite cousine (la fille de la cousine de mon père), qui par hasard habitait dans le même village que moi. J'allais souvent jouer chez elle, ou elle chez moi. Je me souviens d'ailleurs encore de son numéro de téléphone, le tout premier que j'aie appris, et que je récitais chiffre par chiffre : « 5 - 1 - 4 - 4 - 6... »

On passait aussi beaucoup de temps dehors, dans le village. On aimait entre autres beaucoup aller  « à l'atelier » jouer « aux escargots » sur « le char ». L'atelier, c'était de celui de son père, mécanicien sur machines agricoles. Derrière le grand hangar de tôle ondulée, se trouvait un petit terrain vague, et sur celui-ci un ancien char en bois, immobilisé depuis longtemps au milieu des herbes folles. Sur le char, il y avait quelques briques, et avec elles, on fabriquait de petites cages pour les escargots qu'on trouvait dans les buissons alentour. On les garnissait d'herbe, de dandelions, de petits cailloux, de bouts de bois, et on y installait les petites bêtes à coquilles jaunes, blanches ou roses. Les roses étaient biens sûr nos préférés, d'autant qu'ils étaient plus rares que les autres. On les regardait ramper sur les feuilles et sur nos mains, peut-être qu'on leur donnait des noms, je n'en suis plus très sûre. On pouvait y passer des heures.



Quand on partait, on prenait soin de bien refermer nos petites maisons, en posant des briques sur le dessus pour éviter que les escargots ne s'échappent. Et quand on revenait, il fallait prendre garde à les soulever délicatement et à les retourner avant de les poser sur les planches du char, car on risquait sinon d'écraser les escargots collés dessus. Je me souviens qu'une fois, j'avais écrasé comme ça un des jolis roses, et que j'avais été très triste.

Il y avait aussi un pneu, suspendu à la branche d'un arbre par une longue corde, sur lequel on aimait se balancer. Un petit ruisseau qu'on allait explorer à pieds nus, y ramasser de la terre glaise qu'on pouvait modeler. Pendant une période, sur un terrain tout près de là, il y a avait des gros tas de cailloux (entreposés là pour une construction ?) qu'on escaladait et dans lesquels on trouvait des merveilles, de petits cristaux de roches - on était persuadées que ça valait une fortune. Parfois, on allait aussi jouer près (et sur, et dans) des piles de vieux pneus de tracteurs : on les escaladait et on redescendait à l'intérieur. Maintenant, je mourrais de peur si mes enfants faisaient ça - et je suppose que mes parents seraient morts de peur s'ils avaient su que je le faisais.



Je me souviens aussi d'avoir déterré des carottes dans le potager de la grand-mère de ma copine-cousine, qui se trouvait juste derrière les tas de pneus. Les meilleures carottes que j'aie jamais mangées, la terre à peine essuyée.

Quand j'y repense, je me dis que j'ai vraiment eu de la chance d'avoir une enfance comme celle-là, très libre, insouciante, à l'extérieur... Je prenais mon vélo et j'allais retrouver ma meilleure copine. On passait notre après-midi à l'atelier, sur notre char, c'était si simple que ça. La vie de mes garçons est très, très différente - et pourtant, on vit toujours dans un petit village. Ils pourraient aussi prendre leur vélo et aller à la forêt, dans les champs, quelque part... mais ils ne le font pas, parce que ça ne se fait pas, parce que ça ne se fait plus. Parce qu'on n'a pas le temps, ou je ne sais pas... Parce qu'ils préfèrent jouer sur leur console... qu'on n'est pas là, que les autres enfants ne font pas ça. Peut-être qu'on les protège trop, qu'on leur montre le mauvais exemple avec nos natels et mon ordinateur. Peut-être juste que les temps ont changé. Mais parfois, ça me rend un peu triste d'y penser.





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mardi 22 octobre 2019

Je me souviens... - Qu'il soit né d'amour (4)

Je l'ai dit la semaine dernière, j'ai appris beaucoup de chansons à l'école primaire. Il y a celles qui m'ont marquées au point que je m'en souviens encore aujourd'hui, même si je ne les ai jamais réentendues depuis. Et puis il y a celles dont je n'ai compris les paroles que bien plus tard, celles-ci paraissant bien obscures pour une enfant de 8 ou 9 ans.

Une année, on avait appris la chanson d'Enrico Macias, Malheur à celui qui blesse un enfant. J'adorais cette chanson, je trouvais la mélodie vraiment magnifique, et les paroles me touchaient beaucoup. Mais il y avait ce passage du refrain que je ne comprenais pas et qui ne cessait de m'intriguer : « Qu'il soit né d'amour, ou par accident... ». Je n'étais pas naïve, je savais comment on faisait les bébés. Je savais que pour faire un enfant, il fallait faire l'amour. Alors, comment un enfant pouvait-il naître par accident ?




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mardi 8 octobre 2019

Je me souviens... - Question de religion (3)

L'autre jour, en me baladant de blog en blog, je suis tombée sur une jolie histoire illustrée... qui m'a marquée et étonnée, puisque j'ai vécu la même quand j'étais enfant !

Je devais avoir 7 ou 8 ans. C'était un après-midi, et j'étais assise sur les branches d'une arbre avec l'une de mes deux meilleures copines (j'ai passé une grande partie de mon enfance dans les arbres, tout en haut de préférence). C'était un gros arbre pas très loin de l'école, qui n'existe plus aujourd'hui. De là, on avait vue sur une partie du village, les champs, et peut-être même les Alpes au loin. On discutait toutes les deux, chacune sur une branche.

- Au fait, toi, tu es catholique ou protestante ? m'a-t-elle demandé. Ma mère m'a dit que j'étais l'un des deux, et toi l'autre, mais je ne me souviens plus lequel.

Je n'avais jamais entendu aucun de ces deux mots, et je ne savais pas du tout ce qu'ils voulaient dire. On n'a jamais été très religieux dans ma famille ; je me souviens d'être allée à l'église pour des baptêmes, des mariages, et une ou deux fois à la messe de minuit à Noël. Je ne connaissais donc pas ces deux mots, mais dans mon esprit d'enfant, le mot "protestant" ne sonnait pas très bien (ben oui, pourquoi est-ce que j'aurais protesté ?).

- Je suis catholique, avais-je donc répondu, faussement sûre de moi.

Complètement par hasard, j'avais répondu juste.




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mardi 1 octobre 2019

Je me souviens... - Le vieux tourne-disques (2)

A l'école enfantine, en plus d'écrire mon nom au mur à la peinture sur le mur, j'ai aussi appris beaucoup de chansons. J'ai toujours aimé chanter, et je me souviens encore avec nostalgie de certaines des chansons que j'avais apprises à cette époque.

Dans notre classe, il y avait encore un vieux tourne-disques. On avait probablement aussi un lecteur CD, mais je me souviens surtout de ce tourne-disques, posé sur la banquette de la fenêtre. Une fois, on avait appris une chanson - je ne sais plus laquelle - et on la chantait accompagnés par le disque. On l'a chanté tant et tant de fois, avec le disque dans le tourne-disque posé sur la banquette un peu bancale, que celui-ci a fini par se rayer. Mais cela ne nous empêchait pas de chanter quand même avec le disque : on savait par cœur l'endroit où ça allait sauter, et à quel mot il fallait reprendre. Et on chantait notre chanson avec notre disque rayé, sautant des bouts de phrase et de mélodie, imperturbables, avant d'éclater de rire.



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mardi 24 septembre 2019

Je me souviens... - Les lettres noires (1)

J'avais six ans, j'étais à l'école enfantine. Je crois que j'aimais bien aller à l'école - j'avais de bonnes copines, des copains, j'aimais bien les activités qu'on y faisait et la maîtresse était gentille. Même quand j'étais malade, je refusais de rester à la maison.

Dans la classe, il y avait le coin famille avec des poupées et de la dînette, le coin jeux de société, le coin lecture, le coin pâte à modeler... et le coin peinture : des panneaux de liège accrochés au mur, auxquels on pouvait punaiser de grandes feuilles et peindre ce qu'on souhaitait. Un jour, je ne sais plus si c'était la récré ou si la maîtresse avait juste le dos tourné, j'avais pris un pinceau dans le pot de peinture noire et m'étais appliquée à écrire mon prénom en grandes lettres majuscules... directement sur les panneaux de liège. J'étais très fière de mon œuvre, mais bizarrement, la maîtresse n'avait pas semblé ravie et je m'étais fait gronder.

Des années après, on pouvait encore voir mon prénom, en grandes lettres noires, au mur de la classe d'école enfantine. Je les apercevais à travers les fenêtres, la salle se trouvant au rez-de-chaussée. Elles étaient petit à petit recouvertes par les coups de peinture des autres enfants, quand ils débordaient de leurs feuilles blanches. Je ne pense pas qu'aucun autre ait jamais eu l'idée de m'imiter.





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