Ça fait longtemps que je n'ai plus répondu au chouette questionnaire de Mahie, mais sa question sur la conversation surréaliste m'est tout de suite venue à l'esprit l'autre jour quand j'ai eu un échange avec cet homme.
Dans un magasin de seconde main, un client noir discute avec l'un des vendeurs (bénévole, sauf erreur), puis s'en va. Le vendeur se retourne alors vers moi, et me lance :
- Oh la la, ces Africains, ils se ressemblent tous !
Sidérée, je ne sais pas quoi répondre. J'essaie un timide et sceptique :
- Ah... bon ?
- Ben oui ! Mon beau-frère ressemble un peu à ce gars, mais en plus costaud... Mais c'est comme les Asiatiques, on ne dit pas qu'ils se ressemblent comme deux gouttes de thé ?
- Heu...
Il me souriait de manière insistante et ne me semblait pas vouloir me laisser m'en aller. Avec ma timidité, mais ma politesse légendaires, je ne savais pas trop comment couper court à la conversation. J'ai donc essayé avec un pathétique :
- Moi, je ne suis pas forte pour reconnaître les visages, de toute façon.
- Oui, mais moi, si vous me revoyez demain, vous allez me reconnaitre, non ?
Je lance un regard au type. Il a des cheveux blond-gris qui lui tombent jusqu'aux épaules, une barbe de trois jours et doit mesurer dans les 1m55. Oui, il y a bien des chances que je le reconnaisse, il ne doit pas y en avoir deux comme lui !
Comme je fais mine de m'en aller, il semble se rappeler qu'il travaille ici, et me demande s'il peut m'aider. Je décline son offre, disant que je me dirige vers l'étage inférieur, où se trouvent les vêtements.
- Ah oui bien sûr, c'est que les femmes ça a besoin d'habits !
Et hop, après les propos racistes, on passe au sexisme, évidemment. Mais cette fois-ci, j'ai eu un peu plus de répartie :
- Remarquez, les hommes aussi ! et je suis descendue au sous-sol en espérant ne pas le croiser en remontant.