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jeudi 25 juin 2020

Les idiots aussi se ressemblent tous

Ça fait longtemps que je n'ai plus répondu au chouette questionnaire de Mahie, mais sa question sur la conversation surréaliste m'est tout de suite venue à l'esprit l'autre jour quand j'ai eu un échange avec cet homme.

Dans un magasin de seconde main, un client noir discute avec l'un des vendeurs (bénévole, sauf erreur), puis s'en va. Le vendeur se retourne alors vers moi, et me lance :

- Oh la la, ces Africains, ils se ressemblent tous !

Sidérée, je ne sais pas quoi répondre. J'essaie un timide et sceptique :

- Ah... bon ?

- Ben oui ! Mon beau-frère ressemble un peu à ce gars, mais en plus costaud... Mais c'est comme les Asiatiques, on ne dit pas qu'ils se ressemblent comme deux gouttes de thé ?

- Heu...

Il me souriait de manière insistante et ne me semblait pas vouloir me laisser m'en aller. Avec ma timidité, mais ma politesse légendaires, je ne savais pas trop comment couper court à la conversation. J'ai donc essayé avec un pathétique :

- Moi, je ne suis pas forte pour reconnaître les visages, de toute façon.

- Oui, mais moi, si vous me revoyez demain, vous allez me reconnaitre, non ?

Je lance un regard au type. Il a des cheveux blond-gris qui lui tombent jusqu'aux épaules, une barbe de trois jours et doit mesurer dans les 1m55. Oui, il y a bien des chances que je le reconnaisse, il ne doit pas y en avoir deux comme lui !

Comme je fais mine de m'en aller, il semble se rappeler qu'il travaille ici, et me demande s'il peut m'aider. Je décline son offre, disant que je me dirige vers l'étage inférieur, où se trouvent les vêtements.

- Ah oui bien sûr, c'est que les femmes ça a besoin d'habits !

Et hop, après les propos racistes, on passe au sexisme, évidemment. Mais cette fois-ci, j'ai eu un peu plus de répartie :

- Remarquez, les hommes aussi ! et je suis descendue au sous-sol en espérant ne pas le croiser en remontant.

mardi 17 décembre 2019

Je me souviens... Les cicatrices (8)

Je devais avoir cinq ou six ans. Avec ma petite sœur, un matin où on s'était levées tôt, on avait pris des feutres et entrepris de se dessiner sur tout le corps... des cicatrices. Oui, des cicatrices, comme celles qu'on peut voir sur certains personnages de dessins animés : une ligne droite, coupée de plusieurs petites lignes perpendiculaires. Allez savoir d'où on avait tiré cette idée...

En tout cas, je crois me souvenir que suis restée pas mal de temps fascinée par les cicatrices. Je ne sais plus exactement à quel âge, j'avais eu un zona : une maladie qui apparemment peut être très douloureuse à l'âge adulte, mais qu'on ne sent presque pas quand on l'a en tant qu'enfant. J'avais donc quelques petits boutons sur l'épaule, qui ne me dérangeaient pas plus que ça. Ma maman m'avait quand même emmenée chez le médecin, qui avait dit que je devais éviter de me gratter, car sinon, je risquais de garder... une... cicatrice. Dans mon esprit de petite fille, j'avais visualisé la ligne coupée d'autres petites lignes, et... j'avais fait exprès de me gratter... pour obtenir cette "belle" marque. Moui. C'est pour ça que jusqu'à aujourd'hui, j'ai sur l'épaule droite un ensemble de drôles de petites bosses arrondies, qui se voient de moins en moins avec le temps, mais n'ont jamais ressemblé en rien aux cicatrices que je me représentais et m'ont plusieurs fois mise mal à l'aise quand j'étais plus jeune, en maillot de bain ou en débardeur.

Le jour où on avait fait nos œuvres d'art sur nos bras, nos jambes, notre ventre, ma maman n'avait évidemment pas beaucoup apprécié, et on s'était fait gronder. Ma sœur avait quand même été plus maligne que moi : elle avait utilisé un feutre jaune, qui se voyait beaucoup moins que le mien, qui était rouge !


Et vous, quelles bizarreries avez-vous faites quand vous étiez enfant ?

Vous aussi, racontez-moi un souvenir d'enfance, en commentaire ou sur votre blog, avec un lien vers celui-ci. Je poste chaque mardi (ou presque) un nouveau petit souvenir d'enfance, amusant, beau ou triste.

mardi 24 septembre 2019

Je me souviens... - Les lettres noires (1)

J'avais six ans, j'étais à l'école enfantine. Je crois que j'aimais bien aller à l'école - j'avais de bonnes copines, des copains, j'aimais bien les activités qu'on y faisait et la maîtresse était gentille. Même quand j'étais malade, je refusais de rester à la maison.

Dans la classe, il y avait le coin famille avec des poupées et de la dînette, le coin jeux de société, le coin lecture, le coin pâte à modeler... et le coin peinture : des panneaux de liège accrochés au mur, auxquels on pouvait punaiser de grandes feuilles et peindre ce qu'on souhaitait. Un jour, je ne sais plus si c'était la récré ou si la maîtresse avait juste le dos tourné, j'avais pris un pinceau dans le pot de peinture noire et m'étais appliquée à écrire mon prénom en grandes lettres majuscules... directement sur les panneaux de liège. J'étais très fière de mon œuvre, mais bizarrement, la maîtresse n'avait pas semblé ravie et je m'étais fait gronder.

Des années après, on pouvait encore voir mon prénom, en grandes lettres noires, au mur de la classe d'école enfantine. Je les apercevais à travers les fenêtres, la salle se trouvant au rez-de-chaussée. Elles étaient petit à petit recouvertes par les coups de peinture des autres enfants, quand ils débordaient de leurs feuilles blanches. Je ne pense pas qu'aucun autre ait jamais eu l'idée de m'imiter.





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