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samedi 19 juin 2021

Changement de rythme

La semaine qui vient de s'achever a été bien occupée et riche en émotions. De jolies émotions d'abord, parce qu'elle a marqué la naissance de ma nouvelle petite nièce, arrivée dimanche passé. Une jolie petite boule d'amour que je me réjouis d'apprendre à connaitre un peu plus ! Ses cousins étaient tout contents de la découvrir : "Oh, elle bouge un peu ses pieds !" - "Oh, elle a bâillé !" n'arrêtait pas de s'exclamer le P'tit Loup. Ils ont aussi été impressionnés par ses minuscules mains, ses minuscules pieds, et je me suis pour ma part demandé si vraiment mes garçons avaient un jour été si petits. Dix et sept ans plus tard, ça parait incroyable.

 

 

Du coup, je garde à nouveau la gentille petite chienne de ma sœur, le temps qu'elle se remette un peu de la fatigue de l'accouchement. C'est tellement facile de s'occuper de ce petit toutou, tout tranquille, patient et bien élevé - et heureusement d'ailleurs, car j'ai l'impression de n'avoir pas arrêté de faire des allers-retours dans toutes les directions pendant toute la semaine, ce qui me laissait épuisée chaque soir.

 

 

J'ai fait plusieurs remplacements dans les écoles primaires de la région, une heure par-ci, deux heures par-là, parfois une journée entière. Depuis le mois de mai, j'en ai eu assez régulièrement. Ça a fait un drôle de changement de rythme pour moi et a demandé quelques ajustement pour les enfants : comme je devais parfois partir avant eux, je leur ai donc demandé, pratiquement pour la première fois de leur vie, de fermer la porte à clé derrière eux. Eh bien, les quelques premières fois, j'ai retrouvé la porte non seulement pas fermée à clé, mais pas fermée du tout ! Heureusement, on habite dans un petit village - ça n'a pas eu de conséquences.

 

 

Ça m'a fait du bien de travailler un peu, je me suis sentie utile, active, j'ai eu l'impression d'enfin faire quelque chose. Après tant de temps passé sur l'écriture de mon travail de master, puis des mois à me trainer entre deux postulations laborieusement rédigées, ça m'a remonté le moral et aidé à reprendre un peu confiance en moi.


 

Et d'ailleurs, j'ai finalement obtenu un entretien avec la directrice d'une école de langues ! Ça faisait suite à une candidature spontanée envoyée la semaine précédente - je n'aurais jamais cru que ça allait marcher. Elle m'avait prévenue dans son e-mail qu'elle n'avait pas de poste disponible pour le moment, mais qu'elle aurait probablement besoin de quelqu'un pour des remplacements cet été. Encouragée par ce résultat positif, j'ai envoyé un mail à une autre école... et là aussi, on m'a répondu qu'on aimerait bien me rencontrer, et que j'aurais peut-être l'occasion de faire quelques remplacements. J'avais à peine répondu que je serais ravie de venir à l'entretien que j'ai eu un appel d'une de leurs enseignantes : elle sera en arrêt pour accident et aura besoin que je la remplace toute la semaine prochaine !

 

 

Après un nombre incalculable de "malgré vos compétences indéniables...", c'est fou ce qu'un "je serais heureuse de vous rencontrer" fait du bien. Et même si ce n'est que le début, même s'il n'y a encore rien de définitif et que c'est encore un peu la galère pour savoir comment faire avec les enfants - pas de mode de garde pour le moment - j'ai enfin l'impression d'approcher du bout du tunnel. Bientôt, peut-être, j'aurai "comme tout le monde" un job fixe, avec un horaire fixe et un salaire fixe, des collègues, une routine, des vacances rémunérées... je rentrerai enfin dans les cases quand je remplirai un formulaire, et je n'aurai plus l'angoisse du "et toi, tu fais quoi dans la vie ?". 

 

 

Franchement, pour le moment c'est tout ce à quoi j'aspire.


jeudi 12 novembre 2020

Pour toujours dans nos coeurs

Ma grand-mère est morte le week-end dernier. Elle avait 92 ans. Après plusieurs mois à l'hôpital, on s'y attendait... Il n'empêche, elle laisse un vide dans nos vies.

 

 

Ma grand-maman était la personne la plus gentille que je connaisse. Toujours souriante, toujours de bonne humeur, je crois que je ne l'ai jamais vue se fâcher.

Quand j'étais petite, on allait très souvent la voir, environ une fois par mois, à une heure et demie de route de chez nous. On passait généralement le week-end chez elle, et je dormais avec ma sœur dans l'ancienne chambre de mes tantes.

Il y avait une armoire au contenu merveilleux, d'anciennes robes qui nous servaient de déguisement, de vieux jouets qu'on adorait, comme les petits ours dans leur maison. Ma grand-maman avait aussi toujours de quoi dessiner, et elle gardait tous les dessins qu'on lui faisait, bien rangés dans un classeur.

Elle avait un piano pas tout à fait accordé, sur les touches duquel on aimait bien taper, jusqu'à ce qu'on nous demande d'arrêter parce qu'on faisait trop de bruit. Sur un petit guéridon, elle avait plusieurs animaux en verre de murano qui m'impressionnaient beaucoup. Je les trouvais magnifiques. Bien sûr, on n'avait pas le droit d'y toucher.

A Noël, toute la famille se réunissait chez elle. On mangeait des toasts au saumon comme entrée, puis du rôti comme plat principal, avec des frites, me semble-t-il. Pour recevoir nos cadeaux, on devait d'abord réciter une poésie, ou chanter une chanson devant le sapin décoré et illuminé de vraies bougies. Avec mes sœurs et mes cousines, on avait bien sûr déjà lu toutes les étiquettes des paquets alignés sous l'arbre, afin de repérer nos présents. A Pâques, le lapin déposait des dizaines d’œufs en chocolat dans le jardin de l'immeuble. Il en réapparaissait même comme par magie aux endroits où on était déjà passés - probablement que les adultes et mes grands cousins, qui nous regardaient du balcon, y étaient pour quelque chose. Quand on rentrait, on se livrait encore à une chasse au trésor pour trouver nos lapins au chocolat cachés dans l'appartement, un paquet pour chacun.

 

 

J'allais parfois passer quelques jours chez elle. Elle m'emmenait au jardin botanique de la ville, j'aimais bien les plantes carnivores dans la serre. Un jour, alors que j'étais en vacances chez elle pour quelques jours avec ma sœur, elle était en train de nous faire des frites quand la hotte de la cuisine a pris feu. Il y a eu plus de peur que de mal, mais j'ai été très impressionnée par la venue des pompiers, dans leur uniforme noir.

Ma grand-maman n'oubliait jamais les anniversaires de ses petits-enfants, et plus tard de ses arrières-petits-enfants - on recevait toujours une petite enveloppe avec des sous. 

Elle n'a jamais eu à se teindre les cheveux, ils sont toujours restés bruns, jusqu'à aujourd'hui - seuls quelques-uns avaient viré au gris. Elle était encore très en forme - elle conduisait encore sa voiture il y a quelques années, habitait dans son propre appartement, et gardait même les enfants de ma cousine quelques matinées par semaine. Elle arrivait encore à s'agenouiller pour jouer aux cubes ou aux petites voitures. Elle adorait faire des mots-croisés et jouer au scrabble, jeu auquel elle était pratiquement imbattable.

La dernière fois que je l'ai vue, c'était il y a quelques semaines. Elle avait l'air toute petite, toute frêle dans son lit d'hôpital. Elle dormait quand on est arrivées, ma sœur et moi, seule sa tête dépassait des couvertures. Quand elle nous a vues, elle s'est mise à sourire, c'est exclamé que c'était formidable qu'on vienne la voir. On a discuté, on lui a parlé de nos enfants, on voyait qu'elle était parfois un peu perdue et qu'elle ne se souvenait plus bien qui était qui. Elle nous a dit qu'elle espérait qu'on puisse bientôt se voir dans un endroit plus agréable, peut-être pour un pique-nique (on en faisait un chaque année). Elle croyait qu'on allait vers le printemps, alors que de l'autre côté de la grande fenêtre, c'est l'automne qui s'installait.

Bien sûr, je suis triste qu'elle soit partie. Mais je suis aussi heureuse qu'elle ait eu une si longue vie, qu'elle ait été si bien entourée, jusqu'au tout dernier jour. Et puis, elle commençait à perdre la mémoire, la notion du temps, elle ne se souvenait plus d'un jour à l'autre qui était venu lui rendre visite, mais elle reconnaissait encore ses enfants, ses petits-enfants - et je pense qu'il vaut mieux de partir à ce moment-là plutôt que de vivre longtemps sans plus trop savoir qui l'on est ni qui sont les gens qui nous entourent.

Ma chère grand-maman, grand-maman chérie, tu seras pour toujours dans nos cœurs.

 

vendredi 5 juin 2020

Les petites (et grandes) réussites du confinement

Bon, un mois après, c'est peut-être un peu ridicule de parler encore du confinement. En fait, ce message est en cours d'écriture depuis longtemps, j'ai un peu trainé des pieds (ou des doigts ;), mais j'avais quand même envie de le terminer. Et puis, c'est important pour moi de noter les petites choses positives que j'ai réussies à faire - j'ai souvent besoin de petite piqûres de rappel dans ce domaine.

Pendant le confinement, on a dû complétement réorganiser nos journées pour s'occuper de nos deux garçons, qui devaient subitement avoir l'école à la maison. Tout n'a pas toujours été rose, mais il y a eu quelques semaines vraiment chouettes, où on a eu l'occasion de passer de très bons moments en famille, notamment lors de belles balades en forêt. Même si tout ça a commencé petit à petit à se casser la figure vers la fin, au moment où j'ai été malade et que l'énergie et la motivation n'étaient plus vraiment là, ni pour l'école à la maison, ni pour le ménage, ni pour exiger que les enfants aident à mettre ou à débarrasser la table, ni même pour les sorties, j'en garde quand même plusieurs très bons souvenirs, et même quelques petites réussites personnelles ou familiales que j'aimerais partager avec vous.

Les photos de petites fleurs

C'était dans la liste des choses que j'avais envie de faire au début de cette année, inscrit là bien avant le début du confinement. J'avais envie de sortir en forêt et de réussir quelques jolies photos des fleurs du printemps. Le résultat a été bien au-delà de mes espérances : j'ai fait des centaines de photos de fleurs des bois, dont une bonne partie a d'ailleurs été postée ici. Pour la première fois, j'ai vu le sous-bois changer de jour en jour, les différentes espèces fleurir puis faner les unes après les autres. C'était superbe, et j'ai appris le nom de plusieurs plantes. Ce qui m'amène au point suivant :

Une petite orchidée découverte au bord d'un chemin

La découverte de la forêt

En Suisse, on avait la chance de ne pas être vraiment confinés, mais juste encouragés à ne pas s'approcher des autres à moins de deux mètres. Rien ne s'opposait à de régulières sorties en forêt aux abord de notre petit village, où on ne croisait que peu de monde... et on en a énormément profité !
On a réalisé quelques-uns des petits défis envoyés par e-mail par la section locale de l'association Pro Natura, comme créer un abri pour les petits animaux, dans lequel on a de temps en temps déposé quelques noisettes. On a aussi investi un petit coin en forêt, notre "Coin secret" (qui n'a de secret que le nom !) : on a créé un petit foyer, deux genre de bancs avec les nombreuses branches coupées récemment par des bûcherons, et on a passé plein de chouettes moments, tout les quatre, là-haut.

Abri pour petits animaux dans une souche morte - quelqu'un a apprécié les noisettes déposées là.

Les cartes de vœux

Vous le savez, j'aime dessiner... Je dessine dans mon bullet journal, mais quand j'ai déjà fait la page du mois, celle de la semaine, les diverses choses que je fais d'habitude, eh bien... Parfois, je me retrouve frustrée, parce que j'ai encore envie de dessiner, ou de faire du lettering, mais que je n'aime pas vraiment dessiner sans but, sur une feuille blanche, allez savoir pourquoi.

Pendant le confinement, j'ai pris le temps de faire quelques cartes, par exemple une pour ma grand-maman, une pour l'anniversaire d'une amie... J'en ai fait faire aussi plusieurs aux enfants, puis on les a toutes envoyées. Ce qui paraît évident, mais si vous saviez le nombre de cartes qui trainent dans mes tiroirs !

Filmer mon dessin

Une des choses que je suis le plus fière d'avoir faite, c'est de me filmer en train de réaliser mon dessin de fleurs dans une cage à oiseaux. Souvent, déjà, j'avais eu l'idée de faire ce genre de petite vidéo, mais je m'étais à chaque fois découragée, ne trouvant pas le temps de le faire, ou finissant par me dire que ce n'était pas une si bonne idée, que ça n'intéresserait personne, etc. Il a fallu une pandémie mondiale pour que je réussisse enfin à me réserver une bonne heure pour filmer ça un après-midi, puis à prendre quelques heures plusieurs soirs de suite pour faire le montage... Je suis très heureuse de l'avoir fait, et je pense en proposer d'autres dans un futur proche - enfin, si j'y arrive.



Faire de la pâtisserie
Ça n'a pas amélioré ma courbe de poids (au contraire, elle monte, elle monte...), mais ça a sans doute fait du bien à mon moral. J'ai eu l'occasion de confectionner de bonnes petites choses à manger, parfois avec mes enfants, parfois seule. On a fait, entre autres, un délicieux moelleux au chocolat, auquel j'ai apporté une petite variante : j'ai remplacé le beurre par... de la compote de pommes ! C'était une vraie réussite : le gâteau reste moelleux à souhait, et on peut même diminuer la quantité de sucre.

Les bricolages

Les enfants et moi avons fait des tas de petits bricolages ou activités créatrices, que ce soit des cartes de vœux, des collages, des lettres en carton décorées de fils de coton... et même un abat-jour Minecraft en carton et papier coloré ! Il pend fièrement au plafonnier de la chambre de mes Petits Loups, ayant remplacé la boule japonaise qui commençait à se déchirer.

Zombie et Creeper, bizarrement ils ne font pas de cauchemars avec ça au-dessus de leur tête ;)


Renouer avec mes enfants

Enfin, la chose la plus importante, c'est que j'ai réappris à passer de bons moments avec mes enfants. Avant cela, j'ai traversé des mois, des années plutôt difficiles, avec mes deux gamins insupportables, pas d'énergie, pas de plaisir à m'occuper d'eux... Burn out maternel ou dépression... J'ai toujours un peu de mal à mettre des mots là-dessus. Il faudrait que j'essaie, un jour, de faire un article où j'en raconte plus - histoire aussi de rassembler mes idées, de comprendre un peu ce qu'était vraiment ma vie pendant cette période...


Toujours est-il que le début de 2020 a sonné un peu comme une renaissance. En mars et avril, on a vécu repliés sur nous-mêmes, avec nos sorties, nos activités en famille, l'école à la maison. Presque pas de contacts à l'extérieur, on ne voyait même pas mes parents. On a créé un rythme qu'on arrivait tous à suivre, qui nous a permis de nous retrouver. On a joué tous ensemble, on a observé les insectes et les fleurs du sous-bois. On s'est fait les chatouilles, on a ri. On a fait des bricolages, j'avais subitement deux enfants intéressés à autre chose qu'à leurs précieux écrans, c'était formidable. Il y a eu des crises aussi : Grand Loup qui ne voulait pas sortir, P'tit Loup qui ne voulait plus avancer, un repas qui ne plaisait pas à Messieurs les enfants, des moments où ils ne voulaient pas couper leurs jeux vidéos, des soirs où tout le monde était si fatigué que plus rien n'allait...

Mais dans l'ensemble, on s'est retrouvés. Ensemble. On a retrouvé les rires. On s'est apaisés. Peut-être que mes enfants n'ont pas changé, peut-être est-ce juste moi qui ai changé. En tout cas, ça se passe mieux qu'avant à la maison, et ça fait beaucoup de bien.

Et vous, y a-t-il aussi de petites choses que vous êtes fiers d'avoir fait pendant ces quelques semaines un peu spéciales ?