dimanche 2 février 2020

Dans la lune

- Grand Loup, va mettre ton pyjama !

Le Grand Loup disparaît dans le couloir qui mène à sa chambre. On entend ses pas, puis la lumière qui s'allume. Pendant ce temps, on débarrasse la table, on met les restes du repas dans le frigo, on remplit le lave-vaisselle. Quelques minutes plus tard, le Grand Loup réapparaît, toujours habillé.

- Grand Loup... et ton pyjama ?
- Oups !

On pourrait croire qu'il le fait exprès, mais moi qui connais bien mon fils, je sais que ce n'est pas le cas. Il a juste oublié. Le temps d'arriver dans sa chambre, d'être distrait par une BD ouverte sur son lit ou posée sur le sol, et sa mission lui était juste sortie de la tête. Envolée.

C'est comme ça pour tout, tout le temps. Le Grand Loup, bientôt 9 ans, est dans la lune, il vit dans son petit monde à lui, et c'est parfois difficile pour nous d'y entrer. Et de faire passer des messages jusque là-haut, tout là-haut, sur la lune.

La lune, tout là-haut... lors d'une magnifique balade dans une réserve naturelle.

- Grand Loup, quand tu as fini ton orange, tu vas mettre la peau au compost, puis tu vas te laver les mains.

Avec un peu de chance, il fera l'une de ces choses, ou l'autre, mais plus probablement, on le retrouvera à jouer aux Lego, les pelures d'orange éparpillées sur la table et ses mains toutes collantes. Il oublie aussi régulièrement ses affaires - à l'école, par exemple, ou comme l'autre jour, dans le bus (il a laissé son bonnet et son écharpe sur le siège en sortant...)

En même temps, je ne peux pas trop lui en vouloir. J'étais comme ça, moi aussi. Si vous saviez combien de fois on m'a dit : « Quand on n'a pas de tête, on a des jambes ! », ou « Si elle n'était pas bien accrochée, tu oublierais ta tête ! ». Je le suis toujours un peu, d'ailleurs - j'oublie les choses que je dois faire si je ne les note pas. Ou alors, je fais les choses par habitude, oubliant que j'avais normalement décidé que j'allais faire autrement, ce jour-là.

Peut-être bien que moi aussi, je vis sur la lune.

vendredi 31 janvier 2020

Je ne teul'fais pas dire... (5)

Après plusieurs semaines d'interruption, je me remets au petite « questionnaire de ronchonne » de Mahie ;)


Aujourd’hui je me sens : En forme. J'ai roupillé toute la journée d'hier, ayant décidé de m'accorder une journée de congé.

Ce matin la première personne à qui j’ai parlé une fois sortie de la maison : La gérante de la petite épicerie du village, où je suis allée acheter du pain.

J’ai été super contente de : Voir que ma prof avait l'air plutôt enthousiaste pour mon travail de master. Et de me rendre compte que j'avais vraiment fait beaucoup de choses pendant ce mois de janvier, c'est bien, j'ai bien avancé !

Ça m’a franchement énervé de : Faire des rêves épuisants toutes les nuits, et de me réveiller immanquablement à 5 heures et demie... puis de me sentir crevée quand le réveil sonne.

Ma conversation/situation surréaliste de la semaine : Une dispute avec Monsieur sur un sujet stupide. Je ne donnerai pas les détails.

Je suis grognon : Non, ça va, la semaine ne se passe pas trop mal.

Ah, je suis tellement mieux derrière l'objectif que devant

Nan, mais franchement, tu trouves ça normal de/que : que la jeune activiste Vanessa Nakate ait été "rognée" de la photo la représentant avec Greta Thunberg et d'autres jeunes à Davos ?

C’est exquis de : d'aller se recoucher avec un livre une fois les enfants envoyés à l'école.

Ça me rend extatique : De voir qu'il fait de plus en plus jour quand je rentre chez moi le soir.

En ce moment je lis : La beauté sur la terre de C.F. Ramuz. Le style est assez étrange (de petites phrases courtes et hachées, beaucoup de répétitions), mais ça se laisse lire. Et puis, c'est sympa d'avoir un petit aperçu de la vie au bord du Léman dans les années 1920.

Je dis « respect » à :  aux personnes qui se couchent tard mais arrivent quand même à se lever tôt.


Je ne résiste pas à : Manger un (ou deux) gros carré(s) de Ragusa noir presque chaque jour. J'adore ce chocolat.


J’vais t’dire une bonne chose : Si tu as l'occasion de te reposer, fais-le !

Dans ma bagnole je n’ai besoin de personne et j’écoute à fond : Bof, rien de spécial.


La pensée hautement philosophique de la semaine : -

Je me taperais bien : Un tartare de bœuf ou des moules (j'ai parfois des envies étranges).


J’ai été raisonnable : Je crois que je suis allée me coucher tôt presque tous les jours cette semaine.

Cette semaine pour la première fois j’ai : Je suis restée jusqu'à la fermeture chez l'opticien pour me choisir de nouvelles lunettes ! (et aider ma sœur à choisir les siennes)

Vous avez vu la différence ? Je veux dire, à part ma pose ridicule (je n'aime pas trop me voir en photo)

C’est bien la dernière fois que je : -


L’émission de tv, de radio, ou l’article de presse qui m’a le plus frappé cette semaine c’est : Je crois que je n'ai pas ouvert un seul journal de toute la semaine, ni vraiment allumé la radio.

Plutôt que d’être assise à mon bureau, là tout de suite j’aimerais mieux : Je suis plutôt bien à mon bureau. Mais je ne vais pas tarder à aller dormir.

mercredi 29 janvier 2020

[Bullet Journal] Le vent du mois de février

En réfléchissant au thème du mois de février pour mon bullet journal, j'ai eu cette vision d'une fille se tenant au sommet d'une falaise, emmitouflée dans un manteau, son écharpe volant dans les tourbillons du vent. J'avais cette image en tête, mais j'avais peur de ne pas être capable de la dessiner. J'ai cherché et cherché une image qui ressemblerait à ce que j'avais en tête, mais je n'ai rien trouvé... jusqu'à tomber sur la photo d'une fille, de dos, portant un joli manteau et tenant à la main une valise. Et j'ai décidé de prendre ça comme modèle pour dessiner le manteau, et d'improviser pour ses cheveux au vent et son écharpe.


J'ai commencé par une double page pour le titre. Je suis contente, parce qu'elle est exactement comme je l'imaginais. Je me suis limité à un petit nombre de couleurs, c'est d'ailleurs généralement un bon conseil pour avoir une page harmonieuse.


Le calendrier du mois, en forme de mur sur lequel la jeune fille au manteau bleu est assise, son écharpe toujours au vent.


Je me suis laissé une double page pour les notes (enfin, plus exactement, une page et demie, vu la place qu'occupe le dessin). Sur cette page, j'aime noter toutes les choses qui me passent par la tête : parfois, c'est comment je me sens, parfois une remarque que je me fais, une question que je me pose. Ou encore, je recopie des petits passages du livre que je suis en train de lire et qui m'inspirent.


Une page pour noter après chaque journée à la bibliothèque les avancées que j'ai faites pour mon travail de master. Et la première semaine de février sur la page de droite (en ce moment, une seule page me suffit, mais peut-être que développerai la semaine suivante sur deux pages pour pouvoir y faire un plus grand dessin.

J'aime beaucoup la douceur de ces images, cette fille au regard perdu à l'horizon, cheveux au vent...



mardi 28 janvier 2020

Je me souviens... Le chat terrible (10)

J'avais neuf ans quand j'ai eu pour la première fois un animal de compagnie : un petit chat au dos rayé, au ventre blanc, avec une petite tache brune sur le coin de museau.

Mes sœurs et moi avons tout de suite aimé cette petite boule de poils. On jouait avec lui, on le caressait. Le soir, il venait parfois se rouler en boule contre ma tête, ou sur mes pieds, et il dormait avec moi. Il était plutôt indépendant, quand on le voyait dehors autour de la maison, il ne se laissait pas approcher. Il nous ramenait régulièrement des souris qu'il dévorait sous notre lit - on retrouvait de temps en temps des boyaux sanglants, c'était... charmant.

Mini-moi et mini-terreur


C'était un chat avec un fichu caractère : quand il avait faim et qu'on se dirigeait vers sa gamelle pour le nourrir, il nous sautait sur les pieds et nous mordait tout le long du chemin. Il valait mieux le prendre dans les bras - il continuait à nous mordre l'épaule, mais ça faisait moins mal. Il nous attaquait aussi quand on se levait la nuit pour aller aux toilettes, le matin quand on sortait de notre chambre, quand il avait marre de se faire caresser... C'était une sale bête et tous nos invités en avaient peur - à commencer par ma pauvre grand-maman qui s'était fait mordre les pieds alors qu'elle était tranquillement assise à la table de la salle à manger. C'était une sale bête, mais allez savoir pourquoi, on l'aimait quand même.

Un jour où nous avions oublié de refermer leur cage, il avait même dévoré nos gerbilles. Ma sœur et moi avions espéré pendant plusieurs jours qu'elles s'étaient juste sauvées, on avait tenté de les faire revenir en disposant des graines un peu partout dans la pièce. Mais on avait fini par se rendre à l'évidence : elles avaient fini leur vie dans l'estomac du chat.

J'étais très fière de cette photo, quand je l'ai faite. Je trouvais le cadrage excellent.
Quand je suis partie vivre à l'Ile Maurice, à 22 ans, le chat était encore en vie, mais je ne pensais pas le revoir un jour. Et pourtant, plus de 4 ans plus tard, de retour en Suisse et pour un temps chez mes parents, j'ai retrouvé un vieux matou de 16 ans, certes plus en très grande forme, mais toujours là. Et puis, quelques semaines plus tard, on a dû appeler la vétérinaire : il ne mangeait plus, ne marchait qu'avec peine, souffrait probablement beaucoup... Alors, elle est venue, et elle l'a endormi. Toute la famille était là, on était tous tristes de voir s'en aller ce petit être qu'on connaissait depuis 16 longues années.

On l'a enterré dans le jardin, et on a planté un lilas au-dessus de lui.

Pas sûre de ce que je voulais montrer, avec mon air mystérieux...

Je n'ai plus eu d'animaux depuis (à part d'autres gerbilles, on en avait repris après que les premières se sont fait manger. Oh, et une petite lapine, pendant un bref laps de temps, quand on habitait à Maurice. Je l'avais presque oubliée). Pour le moment, je n'en veux pas - trop de contraintes, trop de dépenses - mais peut-être qu'un jour, ce serait bien d'avoir à nouveau une petite boule de poils - chien ou chat, probablement. Les enfants apprécieraient sûrement - et ils créeraient alors comme moi de jolis souvenirs d'enfance avec lui.

Et vous, dites-moi, quel a été votre premier animal de compagnie ?


Vous aussi, racontez-moi un souvenir d'enfance, en commentaire ou sur votre blog, avec un lien vers celui-ci. Je poste chaque mardi (ou presque) un nouveau petit souvenir d'enfance, amusant, beau ou triste.

dimanche 26 janvier 2020

Le livre du P'tit Loup

L'autre jour, P'tit Loup est rentré avec un livre dans son sac - un livre spécial, puisqu'il devra le lire aux enfants de sa classe, quand il sera prêt à le faire. C'est les maîtresses qui lui ont confié cette mission.

P'tit Loup a cinq ans, il est en maternelle, enfin, en 2ème HarmoS, comme on dit maintenant ici. Il n'est pas vraiment supposé savoir déjà lire, mais il a appris tout seul, un peu comme son grand frère. En nous posant des questions, en regardant les lettres, en tâtonnant. Il lit certains mots très vite, sans même devoir les déchiffrer. Il arrive même à lire de petites phrases, et à en comprendre le sens.


Et l'autre jour, il est rentré avec ce livre, un livre aux pages cartonnées, une histoire de loup. Je lui ai dit que j'étais fière de lui, qu'on allait bien s'entraîner. Il rayonnait. J'étais vraiment heureuse que les maîtresses aient eu cette idée, qu'elles lui aient confié cette tâche importante, qu'elles lui aient proposé de montrer ce qu'il sait faire de bien. C'est que, pour mon P'tit Loup, l'école ne se passe pas toujours très bien. Au contraire, en général, ça se passe même plutôt mal (même si on a vu des améliorations, ces derniers temps). Il est très agité, il ne tient pas en place, n'obéit pas, embête les autres enfants. Les maîtresses ne savent parfois plus quoi faire avec lui ; on a eu un nombre incalculable de rencontres avec elles, la sous-directrice, et la psy qui le suit depuis quelques mois, pour parler des mesures à mettre en place. Il n'a même plus le droit de faire la gym à l'école ; c'est son papa qui vient le chercher plus tôt, ce jour-là.


Alors ce livre, la petite lecture qu'il pourra faire aux autres, cette petite chose qui peut paraître anodine, c'est un peu comme une éclaircie après une longue période de brouillard. J'espère que ça agira aussi comme un pansement sur son petit cœur blessé (de ne pas avoir été invité à l'anniversaire d'un de ses bons copains, par exemple, parce qu'il l'avait mordu quelques semaines plus tôt), et comme un peu d'engrais pour faire croître sa confiance en lui souvent amochée.

Je crois en toi, mon P'tit Loup. Je suis fière de toi, et j'espère que petit à petit, le calme reviendra chez nous (en moi, en nous), et que tu pourras t'apaiser. Tu es un petit mec drôle, beau et intelligent, insupportable parfois, mais on t'aime fort. Ça va aller. On y croit.

jeudi 23 janvier 2020

Une journée à la bibliothèque

J'aime la routine. Contrairement à beaucoup de personnes (peut-être ?), faire tous les jours la même chose (ou du moins, avoir un horaire similaire) est très apaisant pour moi. Je suis contente d'avoir enfin trouvé un peu de régularité dans ma vie de tous les jours... Voici donc le récit d'une de mes journées habituelles, en ce moment. Le texte a été écrit (en grande partie) la semaine passée, mais, comme j'ai été malade, je n'ai pas réussi à le publier. Il arrive donc aujourd'hui !


Ce matin, c'est tranquillement que je marche vers la gare. Pour une fois, les enfants sont partis à l'heure à l'école. Ce qui fait que j'ai pu partir à temps pour prendre mon train. J'ai même réussi à plier quelques vêtements propres avant d'y aller, c'est dire. C'est plutôt rare - il arrive souvent que je doive courir.

A la gare, j'ai à peine le temps de lire quelques lignes de mon bouquin que le train arrive, alors je continue ma lecture une fois assise sur un siège. Le temps est clair, les Alpes se découpent sur un ciel mauve, rose et bleu, et le lac a pris les mêmes teintes enchantées. Le soleil n'est pas encore apparu derrière les cimes enneigées.

Mouette et les Alpes

Le temps que j'arrive au bord du lac, il est déjà levé, et brille de tous ses feux. Les jolies couleurs ont déjà presque disparu. Comme tous les matins, je passe quelques minutes à observer la vaste étendue d'eau, très calme aujourd'hui, les montagnes au loin, les oiseaux. Le lac est bleu et à peine troublé par quelques vaguelettes. Il ne fait pas froid, c'est très agréable. Je fais quelques pas le long du quai, puis je me dirige vers la bibliothèque toute proche, passant entre les arbres aux branches nues.

Mouette et la lune

Ma place préférée est encore disponible. Quand elle ne l'est pas, ça m'agace. Je vous ai dit que j'aimais la régularité, et j'aime m'assoir toujours au même endroit. Je pose mon livre sur la table verte, dépose mon sac à dos au pied de la chaise, m'assois, puis entreprends de sortir toutes mes affaires : mon petit ordinateur portable et son chargeur, les manuels de français que j'étudie, mon bullet journal, ma trousse, un cahier que j'utilise pour noter tout ce qui me passe par la tête, mon portable et son chargeur. Je sors toujours toutes ces affaires, j'aime avoir toutes ces choses près de moi, au cas où j'en aurais besoin.

Une fois le tout installé, je regarde l'heure : il me reste encore quinze minutes pour faire ce que je veux, avant de commencer à travailler à 9 heures. Depuis que j'ai suivi le cours sur la procrastination, je suis devenue beaucoup plus efficace, plus organisée. Et plus détendue. J'ai créé une petite routine qui me convient bien, et qui me permet de rester concentrée tout au long de la journée (enfin, en général). Et le secret, c'est les pauses. Ça paraît bête, mais j'ai découvert l'intérêt qu'il y a à s'autoriser de vraies pauses, de vrais moment de liberté, dans des périodes de temps limitées.

Neuf heures moins le quart

Je commence toujours à travailler à l'heure pile. Ou plutôt, à ce moment-là je commence mon petit rituel : cinq minutes de "cohérence cardiaque". Yeux fermés, je respire en rythme avec les sons de cette vidéo. Puis je me mets au travail, jusqu'à moins le quart. Ça me fait donc 40 minutes de travail d'affilée, pendant lesquelles je ne regarde pas mon portable, ni mes e-mails, et où je me ressaisis rapidement si jamais je sens que mon esprit s'évade. Après ces 40 minutes, je fais une pause jusqu'à l'heure pile. Puis je recommence.

Aujourd'hui, la première session n'est pas très productive. J'aimerais relever tous les personnages (fictifs, célèbres, etc.) qui apparaissent dans les manuels que j'étudie. Et je ne sais pas trop comment m'y prendre. Ça fait quelques jours que j'essaie de bidouiller un truc à peu près satisfaisant (un fichier Excel avec plusieurs colonnes à remplir), mais je ne suis pas vraiment sûre de moi... Il va falloir que je réfléchisse encore un peu. Ou que je tente d'une certaine manière, quitte à devoir refaire ou ajouter des colonnes. Ou alors, que j'écrive à ma prof pour lui demander des conseils.

Lustre

Pendant les sessions suivantes, j'avance un peu mieux. Au début de chacune d'elle, je respire en rythme avec ma petite vidéo, les yeux fermés. Puis j'ouvre un autre onglet et je lance une autre vidéo, une de ces musiques relaxantes aux noms évocateurs tels que serotonin release, happiness frequency ou encore productivity music. Les pauses, je les passe à regarder des blogs ou écrire le texte que vous êtes en train de lire. Le mieux, ce serait que je me bouge un peu : je pourrais aller lire un peu sur un banc du hall de la biblio, boire un café ou un chocolat chaud à la machine, aller remplir ma gourde au robinet... Je le fais souvent, mais aujourd'hui, j'ai la flemme.

A midi, je prends une pause plus longue. En général, j'essaie d'apporter quelque chose à manger, mais ce matin, il n'y avait rien de très inspirant dans le frigo. Alors, je vais m'acheter une tranche de tarte aux épinards à la Migros, que je mange dehors en me promenant un peu. Il fait beau, et vraiment pas froid au soleil, c'est agréable ! Du coup, je vais terminer ma pause au bord du lac. Il y a beaucoup de monde qui se promène ou qui mange, et presque tous les bancs sont occupés. Quelques personnes lancent des miettes aux mouettes qui se chamaillent pour les picorer en poussant leurs cris perçants. Les Alpes, au loin, sont pâles dans la brume, et le soleil éblouissant. Je finis par trouver un banc de libre, et je sors mon livre. Ça faisait longtemps que je n'avais plus fait ça, ces derniers temps, il faisait trop froid et je n'avais pas le courage de sortir. Mais il y a des fauteuils - ou plutôt des poufs - très confortables dans la partie « lecture publique » de la bibliothèque. En général, c'est là que j'aime m'installer pour bouquiner.

Jeu d'ombre et de lumière
J'ai repris à une heure. Les quatre sessions de travail de l'après-midi ont passé très vite : j'ai trouvé une manière à peu près satisfaisante de remplir mon document Excel, et après une petite période de doute, j'ai fini par trouver un bon rythme de croisière, et j'ai bien avancé. J'étais toute surprise quand je me suis rendu compte qu'il était déjà cinq heures moins dix. Le temps ne passe pas toujours aussi vite... Parfois, je commence à fatiguer en début d'après-midi, alors, je m'autorise des pauses un peu plus longues. C'est une autre chose que j'ai apprise au cours sur la procrastination : l'important, c'est de garder l'envie de continuer son travail le lendemain, puis le surlendemain. Il faut, certes, se forcer un peu à se mettre en route, mais se torturer quand on est fatigué et qu'on n'arrive de toute façon pas à se concentrer ne sert à rien. Alors, je fais des pauses un peu plus longues, puis je m'y remets.

A la fin de la journée, je note les avancées du jour dans mon bujo, pour en garder une trace, et savoir plus facilement ce que je devrai faire le lendemain. En sortant, je n'oublie pas de me féliciter : je travaille enfin, j'arrive enfin à me concentrer, j'ai enfin arrêté de tout remettre au lendemain. Peu importe le nombre et la longueur des pauses que j'ai prises. je me suis remise sur les rails. Ça a été difficile, mais j'ai réussi. Et je compte bien continuer.

C'est l'heure de prendre le train

mercredi 22 janvier 2020

[Bullet Journal] Le bokeh du mois de janvier

Le mois est déjà bien avancé, mais je n'avais pas encore pris le temps de poster les photos des pages de janvier de mon bullet journal. Inspirée par cette image trouvée sur Pinterest, j'ai décidé de dessiner des branches de sapin couvertes de neige, et de faire un effet bokeh (le flou qui se forme à l'arrière plan d'une photo quand on choisit une faible profondeur de champ) sur le reste de l'image.

J'ai adoré dessiner ces pages tout en douceur...



« Il faut toujours un hiver pour bercer un printemps » - cette jolie phrase d'un auteur inconnu m'a tout de suite plu. Je l'ai inscrite sur la page du mois.


En ce moment, j'ai beaucoup de choses qui me passent par la tête. Et j'aime avoir un endroit où les noter. J'ai donc fait une page que j'ai appelée « Notes », mais que j'aurais pu intituler « Pensées » ou « Idées », où j'écris certaines messages personnels, des idées qui me traversent l'esprit, ainsi que certaines choses que j'aimerais faire, les livres que j'aimerais lire. La seconde page, « Mémoire », me sert à noter l'avancée de mon travail. Chaque soir, avant de quitter la bibliothèque, je note ce que j'ai fait dans la journée, pour me souvenir ce qui me reste à faire le lendemain.



Ce mois-ci, j'ai fait mes semaines sur une seule page. Ça m'a suffi. Je changerai peut-être le mois prochain. Au moment de prendre les photos, je n'avais fait que la première semaine. Enfin, plus exactement, la deuxième semaine de janvier. La première se trouvait encore dans mon ancien bujo, puisque je n'avais pas encore eu le temps de préparer le nouveau.



Janvier, l'ouverture d'une nouvelle année, plein de possibilités s'offrent à nous... Essayons de nous en saisir.

mardi 21 janvier 2020

Je me souviens... Le jardin enchanté (9)

Quand j'étais enfant, à l'époque de l'école primaire, j'avais deux meilleures amies. On passait la plupart de nos après-midi ensemble, chez l'une ou l'autre, ou alors dans le village, dans la forêt toute proche, à la piscine en été, à creuser des tunnels dans les tas de neige en hiver.

L'une de mes deux meilleures amies habitait une grande et vieille maison entourée d'un jardin immense, autant dire un immense terrain de jeux pour ces trois petites gamines. On aimait grimper aux arbres, surtout sur le hêtre avec ses belles branches basses, ni trop grosses ni trop minces. Ou le prunier, sur lequel on avait chacune notre « chambre », une branche particulière sur laquelle on s'installait.  Un jour, la maman de mon amie nous avait dit qu'elle trouvait étonnant qu'on aime tellement grimper aux arbres, car dans son esprit, c'était plutôt un truc de garçon. Etonnée par cette affirmation, j'avais répondu sans hésitation qu'elle se trompait, que c'était les filles qui grimpaient aux arbres ! Je ne m'étais jamais posé la question, ayant passé mon enfance perchée dans des branches. J'étais à mille lieues de ce type de considérations genrées.

Féérie après la pluie

On aimait aussi dénicher des escargots, les arroser de quelques gouttes d'eau, leur proposer des dendelions. Une fois, on avait dessiné sur leur coquille au feutre indélébile, et on s'était amusées à essayer de les retrouver les jours suivants. Parfois, la maman de mon amie amenait des tritons de l'étang du collège où elle travaillait. On les gardait dans des bassines avec un fond d'eau, dans lesquelles on disposait des pierres, des morceaux de bois, des feuilles... C'était rigolo de les attraper, puis de les regarder nager à toute vitesse dès qu'on les reposait dans l'eau. Les mâles étaient tout petits, avec le dos bleu, les femelles plus grandes et d'une couleur plus discrète.

Au début de l'été, on cueillait des raisinets (groseilles). Mon amie m'avait dit que si on les mangeait quand les ils étaient encore verts, on pourrait avoir une aussi belle voix qu'Ariel dans La petite sirène. Elle avait joint le geste à la parole, avait gobé quelques raisinets pas murs avant de se mettre à faire des vocalises. Je l'avais crue et l'avais imitée.



En automne, on ramassait des pommes sous les pommiers. Elles étaient petites et acides, autant dire délicieuses.

Au fond du jardin, il y avait un endroit que l'on aimait beaucoup. D'un côté, un tas de tuiles étaient empilées. De l'autre, c'étaient des pavés hexagonaux. Et ces tas de tuiles ou de pavés formaient nos bureaux, ou plutôt nos établis ou nos laboratoires : on s'installait chacune à sa place attitrée, avec nos petits éléments de dînette. Puis on allait cueillir des plantes, des fleurs, récolter de la terre, des feuilles mortes, des cailloux, et on se mettait à créer nos potions. On y passait des heures. On s'inventait des histoires. On était bien, on était libres...


Vous aussi, racontez-moi un souvenir d'enfance, en commentaire ou sur votre blog, avec un lien vers celui-ci. Je poste chaque mardi (ou presque) un nouveau petit souvenir d'enfance, amusant, beau ou triste.