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samedi 31 mai 2014

Jeudi férié au bord de l'eau

De retour sur les terres de mon enfance avec mon fils et mon homme, je me mets à redécouvrir tous ces coins, ces musées, ces lieux que j'avais visités étant enfant, en famille ou avec l'école.

Jeudi passé, férié en raison de l'Ascension, la petite famille (grand-parents inclus) est partie en balade au bord de la rivière. Plus précisément au saut du Doubs, juste à la frontière française.

Grand-père et Bibou...

On a commencé par un petit tour en bateau, ce qui a grandement réjoui le Bibou. C'était très agréable de se laisser porter au fil de l'eau... Puis nous avons continué avec une petite marche jusqu'à un point de vue sur la cascade, puis un autre.

Essai de filé...
Encore un filé... pas facile sans trépied !

Et comme nous sommes un peu fous très courageux, nous avions décidés de ne pas prendre l'aller-retour en bateau, mais de faire le retour à pied.



Le paysage était très beau, entre falaises imposantes, précipices et hauts arbres, mais la route facile.

Le Bibou et sa Mamie-Ange...

Le Bibou a marché sans rechigner, et la femme enceinte (heu... moi !) a réussi à suivre sans accoucher au milieu de la forêt.

Fleurs des bois

Le Doubs : à gauche, c'est la Suisse, à droite, la France !
Non loin de l'arrivée, on fait une petite pause pour griller des cervelas. Mais si, vous savez, ces saucisses bien de chez nous qui sont de tous les pique-niques par ici.

Cervelas au bout de leur bâton...

Certains ont davantage pris la fumée que d'autres.
Pendant que je m'efforçais de faire durer un peu notre petit feu, que ma maman et mon homme faisaient griller les saucisses et que mon père faisait la sieste, le Bibou s'amusait à jeter des cailloux dans la rivière, juste à côté. Il était ravi ! Je vous laisse en juger par son sourire, juste avant qu'on aille retrouver la voiture...


dimanche 16 juin 2013

C'est un fameux trois-mâts... à Port-Louis !

Depuis quelques jours, au Caudan Waterfront, certains bateaux détonnent un peu auprès de leurs confrères...



Trois voiliers en bois en provenance des Pays-Bas font en effet escale à Port-Louis, ici à l'Ile Maurice. L'Oostershelde, L'Europa et le Tecla retracent la route qu'ont jadis emprunté les marins hollandais, des Pays-Bas à la Nouvelle-Zélande : "from Seeland to New Zealand".

Ce qui frappe en les voyant, c'est surtout l'enchevêtrement de cordages en tout genre...


...à se demander comment ils font pour ne pas se les emmêler.


L'Oostershelde est un trois-mâts qui a été construit en 1918, et a servi à transporter des marchandises jusqu'en 1987 (mon année de naissance !), avant d'être restauré. L'Europa, quant à lui, arbore une jolie figure de proue...


C'est sur celui-ci que les visiteurs montent en premier. Les trois bateaux sont accrochés flanc à flanc, et l'on peut ainsi passer de l'un à l'autre. L'entrée coûtait 100 roupies ; je n'ai pas hésité à les payer, on ne voit pas des bateaux comme ceux-ci tous les jours ! Mais je n'étais de loin pas la seule à penser de cette manière...


Les bateaux étaient bondés... Heureusement, au moment où le Bibou et moi sommes montés, la queue n'était pas trop longue et nous n'avons eu à attendre que 2 ou 3 minutes. Lorsque nous redescendions, elles s'était bien allongée.

Nous avons donc franchi la passerelle et nous sommes retrouvés au cœur de ces mâts imposants...


...à voguer, enfin presque, vers Port-Louis.


Le Bibou était moyennement rassuré, voire carrément effrayé par moments. C'est bien simple, il est resté dans mes bras les trois quarts du temps et accroché à mes jambes le quart du temps restant. Enfin, sauf le temps d'une petite photo (quel instinct j'ai eu en lui mettant un t-shirt orange !)


Il a aussi apprécié de sonner la cloche à l'avant des bateaux. Cette cloche est obligatoire sur les bateaux, même de nos jours. La corde qui sert à l'actionner est la seule qu'on appelle "corde", les autres cordages portant des noms spécifiques. Toutefois, le mot "corde" était (et est toujours) prohibé sur les bateaux, il porte malheur...


J'ai adoré ce petit voyage dans le temps, et je crois que le Bibou a aimé aussi, malgré sa frousse. Il a répété plusieurs fois : "T'as vu le grand bateau ?" et m'a répondu "Mmmmh.... oui !" quand je lui ai demandé s'il était content (son expression préférée en ce moment !)


Moi qui suis toujours très impressionnée par les anciennes photos de Port-Louis, en noir et blanc, sur lesquelles le port est rempli de ces grands bateaux à voile, j'ai eu droit à cette vue pour de vrai, cette fois-ci !

mercredi 15 mai 2013

Nénuphar sur l'eau

L'eau, c'est le thème de la photo du mois de mai.

Habitant sur une île, je n'avais que l'embarras du choix pour traiter ce sujet... l'eau est tout autour de nous ! J'aurais d'ailleurs pu reprendre une photo - au choix, de notre balade en catamaran.

Mais plutôt qu'une photo de plage, j'ai préféré vous montrer ce superbe nénuphar, aperçu au célèbre Jardin de Pamplemousses. Il faudrait que je fasse un billet sur notre excursion de ce jour-là, c'était un dimanche très agréable.

N'a-t-il pas une forme de cœur ?

La lumière était sublime ce jour-là, le vent dans les arbres faisait danser les rayons du soleil dans le bassin aux nénuphars, éclairant ce petit nénuphar et sa fleur par moments juste comme il fallait.

Pour voir ce que les autres participants ont concocté sur le thème de l'eau, c'est par ici :

Chat bleu, La Nantaise, scarolles-and-co , Cekoline, Wolverine, Zaza, Karoll art, Laure, Thalie, Alban, LisaDeParis, Petite Cuillère Charentaises, Cocosophie, Nie, Akaieric, Viviane, Carole In Australia, Claire's Blog, Lavandine, Ori, Isaquarel, La Fille de l'Air, Guillaume, Xavier Mohr, Calamonique, Louiki, Sephiraph, Caro JulesetMoa, A bowl of oranges, Une niçoise, E, Les voyages de Seth et Lise, Meyilo, Gilsoub, Testinaute, Laulinea, Josiane, Angélique, Emma, Céline in Paris, Renepaulhenry, Julie, Hypeandcie, Les bonheurs d'Anne & Alex, Frédéric, Isa ToutSimplement, Lucile et Rod, Raphaël, Alexinparis, Coco, El Padawan, J'adore j'adhère, Dame Skarlette, Mclw, Krn, Champagne, Stephane08, Xoliv', A'icha, Caterine, flechebleu, Solveig, La Messine, Christelle, Galinette, La voyageuse comtoise, Cricriyom from Paris, La Papotte, Ferdy Pain D'épice , Cathy, Bestofava, Christeav, N, Christophe, DelphineF, Louisianne, Pilisi, Eurydice, Filamots, Anne, Lyonelk, Cherrybee, Leviacarmina, La Flaneuse, magda627, Mamysoren, Happy Us, BiGBuGS, Kob, Caro from London , Tambour Major, L'Azimutée, Djoul, Nicky, Homeos-tasie, Tuxana, Dr. CaSo, M, The Mouse, Thib, Carnets d'images, Agrippine, Giselle 43, Photo Tuto, Fanfan Raccoon, Carnet d'escapades, Sinuaisons, Hibiscus, Un jour, une vie, Marmotte, Mimireliton, Karrijini, Cara, Arwen, Cath la Cigale, M.C.O, François le Niçois, Alice Wonderland, La Parigina, Lau* des montagnes, Les voyages de Lucy, Gizeh, Morgane Byloos Photography, The ParisienneAkromax, Blogoth67, Violette, Caroline, Ava, Laurent Nicolas, Chloé.

samedi 4 mai 2013

En bateau, dessus l'eau

Le premier mai étant le dernier jour férié avant longtemps, il fallait en profiter. Avec quelques collègues, nous avions donc programmé une petite sortie... en catamaran !

De bonne heure (mais avec un peu de retard quand même, on n'est pas en Suisse, nanmého), un van passe nous chercher. Direction, Grand-Baie.

Le Wind Dancer nous attend tranquillement dans la baie
A bord, nous sommes une quinzaine de personnes : mes collègues et leur compagnon / compagne respectif / ve, mon homme et trois touristes italiens. Nous étions supposés recevoir le petit-déjeuner ; en fait, nous avons eu du cake (à l'orange ?) et du thé ou du café. Pas mal, mais quand on s'est levé à 6h30, l'attente du déjeuner paraît alors plutôt longue !

On se met à ses aises, on s'installe sur les filets, sur le pont... Le catamaran se dirige doucement vers la haute mer, au moteur, avant de sortir sa voile.


Derrière nous, la côte, ses hôtels, ses villas pieds dans l'eau... Et devant, le fameux Coin de Mire, qui se dresse fièrement hors de l'eau. Mais nous allons au-delà.

Grand-Baie, Pereybère ?

Le Coin de Mire, et derrière lui l'Ile Plate (qui ne l'est pas), nous indiquent la direction à suivre.
Et au-delà, c'est justement là que les ennuis commencent. Les vagues sont hautes (du moins pour les marins d'eau douce comme nous !) et nous allons presque face au vent ; le bateau semble plonger au milieu de montagnes d'eau pour gravir ensuite le versant opposer. Le mal de mer se fait sentir... Bilan : deux malades. Mais je ne balancerai pas de noms, ce ne serait pas cool.

Arrivés aux abords de l'Ilot Gabriel, l'un des membres d'équipage nous explique où nous pouvons nous baigner. « Vous voyez tous ces catamarans ? » dit-il en désignant une demi-douzaine d'autres bateaux qui approchent. « Ils viennent tous ici. Ne vous baignez pas de ce côté, allez plutôt par là-bas. En plus, comme le courant est très fort, vous vous retrouveriez vite fait en Afrique du Sud. Et sans passeport ! »

Une fois tout le monde arrivé, c'est vrai que l'endroit fait plutôt embouteillé
Nous débarquons quelques instants, faisons trempette dans l'eau qui commence à devenir un peu froide à mon goût (même si ma petite Maman me ferait sans doute remarquer qu'elle est encore bien plus chaude que celle de la piscine du petit village d'où je viens) et nous bavardons un peu.

Puis le canot nous ramène sur le catamaran, où nous dévorons dégustons le repas : des grillades de poulet et de poisson, de la salade de pâtes et de pommes de terres. Les italiens, fines bouches, ne prenne pas de pâtes. C'est sûrement moins bon que chez eux...

Pendant que nous terminons le repas, notre capitaine est parti à la pêche, avec sa broche, son masque et son tuba. Il en rapporte... une ourite !

Dommage qu'il ne l'ait pas cuisinée tout de suite, j'adore ça !
Moi, je m'adonne à mon activité favorite : je clique et je claque dans tous les sens. Regardez, j'ai même réussi à faire le 'Z' des photos de paysages réussies dont parle Maïeva sur Photo Tuto, sans même avoir encore lu son tutoriel !

Mon 'Z' est tout aplatit, mais vous le voyez ou pas ?
Mais c'est déjà l'heure de repartir. Alors que nous repassons près du Coin de Mire, l'équipage nous désigne une espèce de grotte au nom évocateur.

Je vous présente le Trou Madame. Charmant, n'est-ce pas ?
Au-dessus du Coin de Mire tourbillonnent des centaines de pailles-en-queue, ces superbes oiseaux à la longue queue blanche. Mais ils sont drôlement rapides, et je ne suis pas encore experte en mise au point ! Voilà mon meilleur essai, et malheureusement, on ne voit pas vraiment leur queue.

Le ciel s'était couvert, dommage !
Après une petite baignade dans une espèce de crique (pour les plus courageux seulement, il faut savoir nager), on retrouve la terre ferme. Le retour a été plus calme, les vagues se font moins sentir dans ce sens-là. Ouf ! Même le plus grand malade a enfin pu se rétablir.


PS : Le pays est à nouveau en deuil demain, car un violent accident de la route a fait dix morts ce matin... Une pensée aux familles des victimes, et de manière plus égoïste, on soupire de soulagement : cela aurait pu être nous, ou un proche...!

dimanche 31 mars 2013

Port-Louis sous les flots...

Au matin, il faisait beau. A midi, les quelques gouttes de pluie ne nous ont pas empêché de faire quelques courses au bazar. Jusqu'à la fin de la journée, une dizaines de personnes mouraient noyées dans des inondations, ici, à Port-Louis.

De notre côté, on ne s'est pas vraiment rendu compte de ce qui s'est passé. Ma maman et ma sœur étaient arrivées le matin même ; on était à la maison, avec le projet de sortir dans l'après-midi.

On a bien vu la pluie tomber, de plus en plus fort. C'était impressionnant : à un moment, on voyait comme un rideau translucide devant la fenêtre ; la cuisine et l'entrée on même été un peu inondées. Puis on a eu l'idée de se pencher par la fenêtre, et on a vu comme un torrent qui passait juste à côté de la maison. Dans notre rue, plusieurs maisons ont été inondées. Un homme est même tombé dans le canal qui débordait et dévalait la pente en trombes déchaînées - on l'a appris plus tard, à la radio. Son corps a été retrouvé bien plus bas.

Le canal déborde et la rue ruisselle (photo faite par Loulou)

Nous avons quand même réussi à quitter Port-Louis vers trois heures trente. C'est dans la voiture, en écoutant la radio, qu'on s'est rendu compte de l'ampleur de la situation. On annonçait déjà plusieurs morts - dont une personne d'une crise cardiaque, et deux retrouvés dans le souterrain qui mène au Caudan Waterfront. Des personnes appelaient pour dire que leurs voisins étaient sur le toit de leur maison inondée, un journaliste découvrait au moment même une quinzaine de voitures encastrées les unes dans les autres sur l'autoroute, vraisemblablement portées par les trombes d'eau.

Devant le supermarché où on a l'habitude de faire nos courses (photo empruntée sur lemonde.fr)

C'est sans encombres que nous sommes allés jusque dans le Nord, que nous avons fait notre shopping, puis que nous sommes rentrés. En allant ramener la voiture chez les parents de mon homme, et en passant par le chemin habituel, nous nous sommes soudain retrouvés bloqués : un trou béant au milieu de la route nous empêchait d'avancer, d'où sortait un important filet d'eau, qui dévalait ensuite la rue en pente. Nous nous sommes alors rappelé avoir entendu à la radio que cette rue s'était transformée en véritable rivière pendant la journée, emportant de gros morceau d'asphalte et des voitures qui venaient percuter contre les murs.

Aujourd'hui, dimanche, certaines rues de Port-Louis étaient méconnaissables. Jonchées de boue et de détritus. Commerçants et particuliers avaient sorti leur mobilier sur les trottoirs et évacuaient l'eau comme ils pouvaient, puis s'efforçaient de nettoyer leurs locaux. On voyait sur les murs la trace laissée par l'inondation, à environ 1m50 du sol. Aux abords du Harbour Front, un bâtiment proche du Caudan, se pressait une foule que les quelques policiers présents essayaient en vain de disperser. Des plongeurs venaient d'entrer dans un parking souterrain inondé d'où ils ont, d'après la presse, retiré au moins deux corps.

Des chaises empilées devant le Matinal, un journal. (photo prise par... moi ! J'ai un nouvel appareil ;)

Fait assez rare, l'AFP a même relayé l'information. J'ai vu l'article sur le site du Monde. D'après celui-ci, il serait tombé 152 millimètres de pluie en 90 minutes.

Vous reconnaissez la voiture de la deuxième photo ?

Demain a été décrété jour de deuil national, et sera donc férié. Les partisans du lundi de Pâques congé public seront sans doute ravis.

dimanche 30 septembre 2012

Histoires de tasses et d'eau

Le Bibou adore renverser tout les récipients qui lui passent sous la main. Si vous avez (eu) un bébé de plus d'un an (19 mois pour le Bibou), vous savez probablement de quoi je parle. La caisse à jouets, que l'on vient péniblement de remplir pour rendre au salon un aspect un peu plus présentable ? On l'agrippe des deux mains et... badaboum ! L'assiette de riz, petits morceaux de poulet et délicieux chou-fleur ? Quand maman ne regarde pas... Zou ! Sous la table.

Ce qu'il préfère toutefois renverser, ce sont ses verres d'eau. Il boit très bien, le Bibou. Pas une goutte ne lui coule sur la joue. A petites gorgées, il avale délicatement l'eau de son gobelet, respire un peu quand il faut. Mais quand il en a assez... Splatsch !

On avait un gobelet à bec, qui l'empêchait de faire ce genre de bêtises. Mais un jour... Pfuit ! Plus de gobelet. Je crains fort qu'il ne soit resté dans une allée du Jardin de Pamplemousses ou dans l'une des salles du Château de Labourdonnais. Pas malin.

Du coup, il fallait en retrouver un. Eh bien, au lieu de reprendre le même, nous avons opté pour... un gobelet magique ! ("Ma première tasse de grand" de la marque Avent)



Ça ressemble à un gobelet normal, mais il n'est pas complètement ouvert. Il est recouvert d'une sorte de valve : le bébé peut boire de tous les côtés, comme dans un verre, mais quand il le retourne rien ne coule ! (enfin, en principe).


On a donc testé cette merveille hier. Quand le Minus m'a dit : "Zai foif ! Ze veux de l'eau !", je lui ai dit : "Tiens, bois dans le gobelet magique".

Le Bibou a alors inspecté la chose... Puis une petite étincelle maléfique s'est allumée dans ses yeux, les coins de ses lèvres se sont relevés en un sourire fripon, et il a retourné la tasse. "Haha ! Un à zéro, Bibou !" aurais-je pu m'écrier à ce moment-là.

Je l'ai alors incité à boire - ça marche, on dirait - il a bu, et quand il en a eu assez... il l'a retiré brusquement de sa bouche comme pour le renverser. Et là : flic, floc, un petit peu d'eau est tombé. Bon. On va dire qu'on a évité le pire. Là où il aurait pu y avoir une mare, il y a eu quelques gouttes. Victoire !

jeudi 29 mars 2012

Pluie un jour, pluie toujours

La pluie n'a pas cessé. On en est au quatrième jour d'affilée. Il y a de petits moments d'accalmie, comme ce matin. Il faisait beau, un petit rayon de soleil... du coup, je suis allée au travail à vélo, ce que j'avais renoncé à faire ces quelques derniers jours.

Eh bien, quand je suis sortie du boulot, à cinq heures et demi, il pleuvait des cordes ! (Dans mon pays de Neuchâtel (presque) natal, on aurait dit qu'il roillait !) Comme je n'avais quand même pas envie de laisser là ma bicyclette, je l'ai enfourchée, et me suis mise à pédaler. Après tout, je serais moins longtemps sous les gouttes. Enfin, c'était sans compter sur un feu rouge, auquel j'ai dû m'arrêter.

Là, un automobiliste s'est arrêté à côté de moi. J'étais sur la voie de gauche, lui sur celle de droite, dans une rue à sens unique. Le passager, à l'avant, a ouvert sa fenêtre, et commencé à me faire la conversation.

"Il pleut, ena lapli"

Je l'ai regardé, et ai répondu, en créole : "Ah bon, ça s'appelle de la pluie ? Je ne savais pas."

Il ne s'est pas laissé démonter.

"Tu habites où ?"

Agacée, je lui ai demandé s'il voulait mon adresse et avait l'intention de m'envoyer une carte postale.

"Oui !" Il jubilait, très fier de sa technique de drague à la pointe de l'innovation. Il a continué, dans un français approximatif : "Un petit promenade quand il y a la pluie, c'est bon." - "Ah ouais ? Eh bien viens, mo passe toi mo bicyclette, to passe moi to loto, ok ?" A ce moment, la voiture derrière lui a klaxonné, le feu était passé au vert.

Arrivée chez moi, je n'ai pas pu résister à aller jeter un coup d’œil au canal au bout de la rue. Mais si, je vous en ai déjà parlé ici. Celui qui d'ordinaire, ne contient qu'un mince filet d'eau, au milieu, bien qu'il soit beaucoup plus large. Eh bien, aujourd'hui, ce n'était pas un filet, mais des trombes de flotte qui filaient vers la mer, un ou deux kilomètres plus loin.

Le canal hier soir, gorgé d'eau

Le canal en temps normal

Résultat de ces pluies : 80% d'humidité dans l'air (sisi, dixit le machin professionnel qu'utilise mon chéri pour son projet). Autant dire que la lessive met du temps à sécher, et que ce n'est pas le bon moment pour penser à passer la serpillère. L'autre résultat, beaucoup plus positif, c'est que les réservoirs - qui approvisionnent l'Ile en eau potable - se remplissent. Le plus important, Mare au Vacoas, reste encore au-dessous des moyennes saisonnières - les habitants des Plaines Wilhems continueront à ne recevoir de l'eau que pendant 4 à 6 heures par jour - mais il y a une petite amélioration, tout à fait bienvenue. D'autant que la saison cyclonique touche à sa fin et que l'hiver, les précipitations sont moins importantes.

Pour terminer, voilà la version vidéo de l'image de tout à l'heure (je suis toute fière d'avoir enfin su / eu le temps de charger ma vidéo sur youtube) :


PS: Aujourd'hui, je suis (presque) aphone ! Pas facile de donner des cours comme ça, je ne sais pas comment je me suis débrouillée. A la maison, c'est chuchotements obligatoires.