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mercredi 18 novembre 2020

Ma voisine Kala

Quand je vivais à l'Ile Maurice, j'ai d'abord habité pendant un peu plus d'une année chez mes beaux-parents. J'étais enceinte de 10 mois quand on a emménagé dans un petit appartement à la ruelle D., à Port-Louis.

Nos voisines de palier étaient une vielle femme, son mari et leur fille d'une trentaine d'années, avec qui on a rapidement lié connaissance. 

La vieille femme, que nous appelions Kala (« ma tante »), passait toutes ses journées à la maison, généralement postée à la fenêtre pour observer les rares passants de notre petite impasse. A chaque fois qu'on rentrait à la maison, on était pratiquement sûrs d'apercevoir sa petite tête ovale, ses cheveux gris montés en chignon, dans l'embrasure de la fenêtre de sa chambre. Son mari était malade et il est d'ailleurs décédé quelques mois plus tard - nous n'avons jamais vraiment eu l'occasion de parler avec lui. Leur fille, N., était comptable et gagnait bien sa vie. Elle nous racontait souvent plein d'histoires plus ou moins intéressantes sur sa famille, ses soucis, etc. Elle connaissait aussi tous les petits ragots, récents ou anciens, sur les gens du quartier.

On voit la fenêtre, mais Kala ne semble pas avoir été à son poste ce jour-là.
Devant l'immeuble, moi et mon gros bidon de femme enceinte, et ma soeur dans sa jolie robe rose.

Kala H. nous donnait souvent des restes de repas, généralement des take-away ramenés par sa fille, en précisant à chaque fois qu'elle n'avait pas mangé directement dans la barquette qu'elle nous tendait (d'ailleurs, à force de l'entendre le répéter, on a fini par se demander si on ne devait pas croire plutôt le contraire). Une fois, elle nous avait donné un reste de mine frire (des nouilles chinoises sautées), avec son habituel : "Hein, vine prend, pas restant ça ! Sauffe-li to manzé !" ("Tiens, prends-le, je n'ai pas mangé dedans ! Chauffe-le et mange-le !"). Le jour suivant (ou le soir même, je ne sais plus trop), on avait été malades tous les deux, au point qu'on était allés à l'hôpital où on nous avait mis sous perfusion pour nous réhydrater (Bon, on s'en serait sans doute très bien sortis sans, hein, mais vu le stress de mon mari légèrement hypocondriaque, on a préféré aller consulter). Toujours est-il que c'est devenu une blague entre nous et elles, comme quoi notre brave Kala avait failli nous empoisonner avec ses mines frire.

On allait souvent acheter le pain pour elles et nous en même temps. Comme N. partait assez tôt au travail, elle n'avait pas forcément le temps de passer prendre les trois pains réservés à la petite boutique chinois à deux pas de chez nous. Alors Kala H. venait frapper à notre porte, nous tendait l'argent et nous demandait si on pouvait y aller pour elle. A la mort du père, elle a continué à réserver trois pains, comme avant, et du coup nous en donnait un. Le week-end, N. allait souvent acheter des gato piman à l'autre bout de la ville, et elle nous emmenait parfois avec elle dans sa petite voiture verte.

La boutique chinois où on achetait du pain tous les matins


Elles avaient une petite chienne blanche appelée Chiara, qui ne sortait quasiment jamais de l'appartement (N. se contentait de passer la serpillère quand elle avait fait ses besoins par terre). Elle aboyait éperdument dès que quelqu'un montait l'escalier, et on ne pouvait donc pas rentrer sans être repérés, même si par hasard notre brave Kala n'était pas à son poste d'observation à la fenêtre.

Kala H. utilisait de drôles de mots en créole, elle disait lasam bain (« la chambre de bain ») pour salle de bain, et lakaz zernié pour toile d'araignée (que mon mari aurait plutôt prononcé zarainié). Elle nous a aussi raconté plusieurs fois que sa fille avait voulu les faire déménager, mais que Kala n'avait pas aimé la nouvelle maison à cause du bruit de la rivière toute proche : ça faisait « waaaaaaaah !! », nous racontait-elle de sa bouche sans dents. Alors, elles étaient revenues.

Bébé, papa, N., Kala H. et la chienne Chiara, un jour où N. nous avaient emmené à la plage

Quand on est retournés à l'Ile Maurice pour des vacances il y a trois ans, on est aller frapper à sa porte. Kala H. était ravie de nous revoir, elle nous a offert un verre de coca (ou un thé, je ne sais plus) et on a discuté. C'était étonnant de se retrouver après plusieurs années. A présent, Kala H. n'avait plus besoin de se poster à la fenêtre pour voir passer les gens ; à la place, elle fixait l'écran qui affichait l'image des caméras de surveillance installées dans la rue, dans l'allée et dans l'escalier ! Le toutou était toujours là, mais devenu vieux, il n'aboyait plus à l'arrivée d'étrangers.

Sa fille était au travail ce jour-là, mais elle nous a invités au restaurant quelques jours plus tard - là aussi, c'était un drôle de sentiment que de se revoir après tant de temps. On avait un peu l'impression de débarquer d'une autre galaxie, tant notre vie, notre quotidien avait changé depuis l'époque de la ruelle D.

Repenser à tout ça me rend toute nostalgique... ça fera bientôt 7 ans qu'on a quitté l'Ile Maurice, mais ça me parait à des millénaires...


Inspiré par le défi Les gens qu'on aime de Dr. CaSo (Quelqu'un qui est un.e voisin.e, #14)

lundi 27 janvier 2014

Toutes ces personnes que je ne verrai bientôt plus

Je marche dans une rue, une de celles dans lesquelles je passe tous les jours. Et soudain je me dis : dans quelques jours, je ne passerai plus là tous les jours. Dans quelques semaines, je ne passerai plus là du tout.

Il y a aussi les lieux touristiques, les endroits à visiter. Tant qu'on est là, on sait qu'on peut y aller le lendemain ou la semaine suivante, et du coup on n'y va pas. Et ça ne nous manque pas. Peu importe, parce que c'est là, si je veux je peux y aller.

Bientôt ce ne sera plus là, et je ne pourrai plus y aller. Mais à vrai dire je m'en fiche. Je suis maintenant intimement liée à cette île, c'est le pays de mon époux, celui de mon fils. Je sais que je reviendrai. Et même si je n'y revenais pas, le problème ne serait pas les lieux. Beaucoup plus les gens.

Port-Louis vu de la Citadelle, mars 2012


Il y a ma belle famille, la famille élargie de mon homme, mes amis, mes collègues. Beaucoup de monde avec qui j'aime passer du temps et qui vont me manquer, évidemment.

Mais il y a aussi les anonymes, ceux qu'on croise régulièrement, qui font partie du paysage, et qu'on a finalement, sans s'en rendre compte, commencé à prendre pour acquis. Ils sont là, j'y suis. C'est banal mais ils font partie de mon quotidien.

Il y a le propriétaire de la boutique sinois où nous achetons notre pain. Et sa maman, une vieille dame courbée toujours assise sur une chaise derrière le comptoir et qui ne comprend jamais du premier coup ce que je lui demande bien que je m'exprime en créole. On se dit à peine bonjour, les grandes formules de politesse ne font pas partie de la coutume. Je demande ma baguette, parfois le journal ou des œufs. De temps en temps, l'homme fait un gentil commentaire sur le Bibou qui grandit, qui parle bien. Il l'a connu tout petit.

Il y a Bhai G., un vieil homme qui vend des gâteaux piment tout près de chez nous, dans sa petite boutique de tôle ondulée, à côté de sa maison. Il nous raconte ses opérations des yeux et sa maison de bois et de tôle qui coule lors des grosses pluies. Il salue toujours le Bibou d'un grand "Coucou !", mais le petit malpoli lui répond rarement et fait le timide. Parfois, Bhai G. lui offre même un petit paquet de chips. Les gâteaux piment de sa femme sont délicieux.

Derniers rayons sur Port-Louis, mars 2012

Il y a le vendeur de journaux à l'angle de deux rues à qui j'ai l'habitude d'acheter l'Express, le matin en allant au travail. Je n'ai plus besoin de lui dire quel titre je vais prendre, il me le donne directement.

Et ce marchand de farathas au food court du bazar, qui vend les meilleurs farathas de Port-Louis, selon moi. Très courtois, presque chaleureux (alors que, comme je le disais, ce n'est pas vraiment dans les manières locales), toujours souriant, quand il me voit il me dit d'emblée : "Enn faratha agneau ?" Il sait que je prends toujours la même chose. Parfois, il me demande si je veux du piment, sans doute pour s'assurer que je n'en prends toujours pas.

Enfin, ce voisin chauffeur de taxi qui nous donne des kilos de mangues lorsque c'est la saison. On se salue d'un petit signe de tête lorsque je passe devant sa cour. Sa femme, décédée l'année dernière, aimait bien le Bibou.

Ces derniers temps, je ne peux m'empêcher de penser que bientôt, ils ne me verront plus. Et de me demander s'ils s'en rendront compte, s'ils repenseront à moi, à nous. Un jour, deux jours, trois jours. Une semaine. Tiens, la jeune femme qui prenait tout le temps un faratha agneau, elle ne vient plus ? Puis le temps va passer et certains d'entre eux vont m'oublier. Mais je ne pense pas que je les oublierai.

jeudi 5 septembre 2013

Rose photographique

Cela fait quelque temps que je ne poste plus beaucoup ici, quelque temps occupé à penser presque uniquement à la photographie... mais à trop y penser, je me suis finalement rendu compte d'une chose. J'en oubliais l'essentiel. J'oubliais de prendre des photos !

Je me suis donc lancée. Je suis sortie, et je me suis fixée un but. Photographier la couleur rose. Comme ça, sans raison précise, juste parce qu'il me fallait un objectif, et que je me force à voir des détails insignifiants, des petites choses.

Les éternels bougainvillées y sont passés, mais c'est fou le nombre d'objets roses ou rosâtres que l'on repère quand on ne cherche que ça. Dans la série qui suit, un seul intrus, l'ombre du panier. Ce n'était pas rose mais c'était beau. Et j'aime photographier ce qui est beau.












dimanche 16 juin 2013

C'est un fameux trois-mâts... à Port-Louis !

Depuis quelques jours, au Caudan Waterfront, certains bateaux détonnent un peu auprès de leurs confrères...



Trois voiliers en bois en provenance des Pays-Bas font en effet escale à Port-Louis, ici à l'Ile Maurice. L'Oostershelde, L'Europa et le Tecla retracent la route qu'ont jadis emprunté les marins hollandais, des Pays-Bas à la Nouvelle-Zélande : "from Seeland to New Zealand".

Ce qui frappe en les voyant, c'est surtout l'enchevêtrement de cordages en tout genre...


...à se demander comment ils font pour ne pas se les emmêler.


L'Oostershelde est un trois-mâts qui a été construit en 1918, et a servi à transporter des marchandises jusqu'en 1987 (mon année de naissance !), avant d'être restauré. L'Europa, quant à lui, arbore une jolie figure de proue...


C'est sur celui-ci que les visiteurs montent en premier. Les trois bateaux sont accrochés flanc à flanc, et l'on peut ainsi passer de l'un à l'autre. L'entrée coûtait 100 roupies ; je n'ai pas hésité à les payer, on ne voit pas des bateaux comme ceux-ci tous les jours ! Mais je n'étais de loin pas la seule à penser de cette manière...


Les bateaux étaient bondés... Heureusement, au moment où le Bibou et moi sommes montés, la queue n'était pas trop longue et nous n'avons eu à attendre que 2 ou 3 minutes. Lorsque nous redescendions, elles s'était bien allongée.

Nous avons donc franchi la passerelle et nous sommes retrouvés au cœur de ces mâts imposants...


...à voguer, enfin presque, vers Port-Louis.


Le Bibou était moyennement rassuré, voire carrément effrayé par moments. C'est bien simple, il est resté dans mes bras les trois quarts du temps et accroché à mes jambes le quart du temps restant. Enfin, sauf le temps d'une petite photo (quel instinct j'ai eu en lui mettant un t-shirt orange !)


Il a aussi apprécié de sonner la cloche à l'avant des bateaux. Cette cloche est obligatoire sur les bateaux, même de nos jours. La corde qui sert à l'actionner est la seule qu'on appelle "corde", les autres cordages portant des noms spécifiques. Toutefois, le mot "corde" était (et est toujours) prohibé sur les bateaux, il porte malheur...


J'ai adoré ce petit voyage dans le temps, et je crois que le Bibou a aimé aussi, malgré sa frousse. Il a répété plusieurs fois : "T'as vu le grand bateau ?" et m'a répondu "Mmmmh.... oui !" quand je lui ai demandé s'il était content (son expression préférée en ce moment !)


Moi qui suis toujours très impressionnée par les anciennes photos de Port-Louis, en noir et blanc, sur lesquelles le port est rempli de ces grands bateaux à voile, j'ai eu droit à cette vue pour de vrai, cette fois-ci !

vendredi 7 juin 2013

Le peintre et ses pinceaux

L'autre jour, près du marché, il y avait un peintre.

Il peignait la rue, la porte en pierre, les gens. Il avait, me semble-t-il, gommé les détails les plus disgracieux, quelques fils électriques et quelques taxis, mais avait conservé les voitures, la foule.

Quelle patience il faut pour faire un tableau... Mon truc, c'est plutôt la photo !

Peintre devant le marché central, Port-Louis, mai 2013



lundi 1 avril 2013

Post-apocalypse

Laissons les images parler d'elles-mêmes ! Elles ont toutes été prises dimanche 31 mars.

L'eau a laissé une trace...

L’intérieur du Mc Donald's, inondé comme beaucoup d'autres maisons et bâtiments

On se demande comment certains objets se sont retrouvés là où ils sont...

Le canal s'est un peu vidé. On nettoie, on déblaie...

De gros blocs de bétons ont été soulevés par le torrent d'eau

dimanche 31 mars 2013

Port-Louis sous les flots...

Au matin, il faisait beau. A midi, les quelques gouttes de pluie ne nous ont pas empêché de faire quelques courses au bazar. Jusqu'à la fin de la journée, une dizaines de personnes mouraient noyées dans des inondations, ici, à Port-Louis.

De notre côté, on ne s'est pas vraiment rendu compte de ce qui s'est passé. Ma maman et ma sœur étaient arrivées le matin même ; on était à la maison, avec le projet de sortir dans l'après-midi.

On a bien vu la pluie tomber, de plus en plus fort. C'était impressionnant : à un moment, on voyait comme un rideau translucide devant la fenêtre ; la cuisine et l'entrée on même été un peu inondées. Puis on a eu l'idée de se pencher par la fenêtre, et on a vu comme un torrent qui passait juste à côté de la maison. Dans notre rue, plusieurs maisons ont été inondées. Un homme est même tombé dans le canal qui débordait et dévalait la pente en trombes déchaînées - on l'a appris plus tard, à la radio. Son corps a été retrouvé bien plus bas.

Le canal déborde et la rue ruisselle (photo faite par Loulou)

Nous avons quand même réussi à quitter Port-Louis vers trois heures trente. C'est dans la voiture, en écoutant la radio, qu'on s'est rendu compte de l'ampleur de la situation. On annonçait déjà plusieurs morts - dont une personne d'une crise cardiaque, et deux retrouvés dans le souterrain qui mène au Caudan Waterfront. Des personnes appelaient pour dire que leurs voisins étaient sur le toit de leur maison inondée, un journaliste découvrait au moment même une quinzaine de voitures encastrées les unes dans les autres sur l'autoroute, vraisemblablement portées par les trombes d'eau.

Devant le supermarché où on a l'habitude de faire nos courses (photo empruntée sur lemonde.fr)

C'est sans encombres que nous sommes allés jusque dans le Nord, que nous avons fait notre shopping, puis que nous sommes rentrés. En allant ramener la voiture chez les parents de mon homme, et en passant par le chemin habituel, nous nous sommes soudain retrouvés bloqués : un trou béant au milieu de la route nous empêchait d'avancer, d'où sortait un important filet d'eau, qui dévalait ensuite la rue en pente. Nous nous sommes alors rappelé avoir entendu à la radio que cette rue s'était transformée en véritable rivière pendant la journée, emportant de gros morceau d'asphalte et des voitures qui venaient percuter contre les murs.

Aujourd'hui, dimanche, certaines rues de Port-Louis étaient méconnaissables. Jonchées de boue et de détritus. Commerçants et particuliers avaient sorti leur mobilier sur les trottoirs et évacuaient l'eau comme ils pouvaient, puis s'efforçaient de nettoyer leurs locaux. On voyait sur les murs la trace laissée par l'inondation, à environ 1m50 du sol. Aux abords du Harbour Front, un bâtiment proche du Caudan, se pressait une foule que les quelques policiers présents essayaient en vain de disperser. Des plongeurs venaient d'entrer dans un parking souterrain inondé d'où ils ont, d'après la presse, retiré au moins deux corps.

Des chaises empilées devant le Matinal, un journal. (photo prise par... moi ! J'ai un nouvel appareil ;)

Fait assez rare, l'AFP a même relayé l'information. J'ai vu l'article sur le site du Monde. D'après celui-ci, il serait tombé 152 millimètres de pluie en 90 minutes.

Vous reconnaissez la voiture de la deuxième photo ?

Demain a été décrété jour de deuil national, et sera donc férié. Les partisans du lundi de Pâques congé public seront sans doute ravis.

jeudi 14 février 2013

Après la pluie, la sortie

Les grosses pluies d'hier ont causé des dégâts ici et là dans l'ile. Des maisons ont été inondées, des ponts coupés... Au niveau de la circulation, c'était le chaos. Quand les fonctionnaires, puis les employés du secteur public ont appris qu'ils pouvaient rentrer chez eux, chacun est remonté dans sa voiture ou dans un bus, ce qui a créé des embouteillages monstres.

Les lauriers ont un peu souffert des averses

A la radio, un animateur a même affirmé avoir assisté à une scène peu banale : sur l'autoroute complètement embouteillée, certaines personnes sortaient des bus qui descendaient vers Port-Louis, traversaient la route, et remontaient dans un bus qui allait dans l'autre sens, pour rentrer chez eux.

Un martin perché sur la tête du roi Edward VII, au Champ de Mars

Les sms que j'ai essayés d'envoyer ce matin ne sont pas partis : le réseau mobile était lui aussi embouteillé ! D'après ce que j'ai lu, la paralysie a duré six heures. Même que le ministre des Technologies de l'Information et de la Communication est super remonté, et que les responsables de Mauritius Telecom auront à s'expliquer.

Mmmmmh, je m'ennuie...

Quant à nous, nous ne nous sommes risqués dehors qu'en fin d'après-midi ; l'averse avait alors passé depuis un bon bout de temps et même si l'eau continuait à ruisseler sur la route ici ou là, les caniveaux s'étaient déjà bien vidés.

Je me demande ce qu'on voit de là-haut !

Les bancs et les murets avaient même eu le temps de sécher (quand il fait 27 degrés, ce n'est pas l'absence de soleil qui y change quelque chose !) Le Bibou a donc pu s'en donner à cœur joie. Pendant que son papa faisait quelques tours du Champ de Mars, lui a galopé, escaladé, joué, crié comme un fou.


Les grosses pluies ont évidemment fait aussi quelques heureux !


Il s'est aussi prêté assez volontiers au jeu du "assieds-toi là un petit coup, Maman te prend en photo !", ce qui est remarquable et ne lui arrive pas si souvent.

Seul au monde...

Et quand papa a eu fini sont sport, le Bibou n'a pas hésité à lui faire un gros, gros calin !

Papa chéri

mercredi 28 novembre 2012

Au feu, les pompiers

Sur la photo du flamboyant postée dimanche dernier, on voyait à l'arrière plan la montagne grisâtre, noirâtre, brûlée.

Tous les ans, c'est la même chose. A l'Ile Maurice, c'est l'été et sa période cyclonique, de décembre à mars, qui nous amènent de la pluie (des trombes de pluie). L'hiver est par contre plutôt sec. Les pluies y sont plus fines, et ne réussissent ni à remplir les réservoirs, ni à verdir la nature. Les champs s'assèchent et deviennent jaunes, beige, kaki.

Et il arrive souvent qu'un feu prenne. Déclenché par un mégot de cigarette, un bout de verre ? Je ne sais pas... Ce que je sais, c'est que cela arrive souvent. Comme sur ces photos prises le 9 novembre. C'est tellement habituel que personne ne s'inquiète vraiment de voir 'la montagne' brûler.

La montagne des Signaux en feu

Quand cela arrive dans un endroit comme celui-ci, on n'en fait donc pas grand cas, on le laisse brûler. J'ai bien vu un camion de pompier passer sur la route qui monte là-haut, mais je ne suis pas sûre qu'il ait fait quoi que ce soit. Peut-être s'assurent-ils uniquement que le feu ne s'approche pas de trop près des antennes, fils électriques et autres installations.


Quand par contre l'incendie a lieu dans des champs de cannes, comme cela avait été le cas en septembre et en octobre derniers, on est un peu plus pressé. Quelques hectares qui brûlent, c'est du sucre et donc des millions de roupies qui partent en fumée. Là, inutile de préciser que les pompiers s'affairent toute la journée, jusqu'à éteindre la dernière petite étincelle... Ainsi va le monde.

jeudi 15 novembre 2012

Mon blog en une photo

Résumer Mon blog en une photo, ce n'est pas une mince affaire. C'est pourtant le défi que nous lance Clara pour la Photo du Mois de novembre...

J'ai donc bien dû réfléchir. Qu'est-ce que je poste sur mon blog ? Qu'est-ce qui ressort de tout ce fouillis ? Un petit coup d’œil au nuage de tags dans la barre de gauche m'a donné un indice. Les trois mots les plus gros sont "Bébé", "Ile Maurice" et "Photo".

Ici, je parle en effet de mon île d'adoption. C'est d'ailleurs sans doute l'un des seuls intérêts qu'il y a à me lire - le fait que j'habite dans un pays "lointain". Je n'ai pas de style très marqué ni de choses particulièrement passionnantes à raconter - juste le quotidien, de petites anecdotes étonnantes, de jolies visites que j'ai l'occasion de faire, les exploits de mon Bibou. Comme je le disais dans le message des trois ans de mon blog, celui-ci a en quelque sorte vu naître mon bout de chou.

Et puis, j'aime montrer en images tout ce que je vois, ce que j'ai aimé et qui m'a surpris. J'aime capturer tout un tas de choses à l'aide de mon appareil photo... C'est d'ailleurs la raison pour laquelle cela me plait tellement de participer à la Photo du Mois !

Voilà donc ma photo. Jetez-y donc un coup d’œil, l'explication est en-dessous.

Le Bibou, l'Homme, et Port-Louis

Il fallait que les deux personnages principaux de mon blog (de ma vie !) y apparaissent. Mon blog sans le Bibou ni l'Homme, ce n'est plus mon blog. Et il fallait que l'Ile Maurice y soit. J'aurais bien voulu monter sur une montagne plus haute, d'où la vue aurait embrassé un paysage plus vaste, mais c'était malheureusement impossible. Nous nous sommes donc contentés de la petite colline de la Citadelle, qui surplombe la ville de Port-Louis et nous offre une magnifique vue sur le Champ de Mars (qu'on aperçoit à gauche), les maisons, les buildings, les montagnes aux formes si caractéristiques, et plus loin, hors du champ de mon appareil photo, sur le port et la mer infinie.

Aux pieds de mes deux hommes, ce qu'on ne distingue finalement plus très bien dans ce plan plus large que prévu, c'est une carte reçue pour notre mariage, une autre pour la naissance du Bibou, et un guide touristique de Maurice.

Voilà donc mon blog, toute une partie de ma vie, en une photo, et une seule !

Allez donc visiter les blogs de mes camarades de jeux. Ça sera rapide, vous ferez le tour en une photo ;)

Dr CaSo, Nicky, Sephiraph, Cara, Happy Us, DelphineF, LaFamilleD , Flo, Frédéric, Leviacarmina, Champagne, Pilisi, Le Mag à lire, Nathalie, El Padawan, Dorydee, Krn, Louiki, Xavier Mohr, La Nantaise, Carole In Australia, Christeav, Lucile et Rod, magda627, 100driiine, Guillaume, Louisianne, Sébastien, Cessna, oui !, N, Xoliv', Caterine, Céline in Paris, Lauriane, Dame Skarlette, Manola, Clara, Alban, Nataru, Cindy Chou, Valentine, Alexanne, Akaieric, Solveig, Kyoko, Josiane, Viviane, Céliano, Une niçoise, Alice, J'adore j'adhère, Lhise, Emma, Un jour une rencontre, Alice Wonderland, LaGodiche, Cekoline, Dreamteam, Lyonelk, Vanilla, Narayan, Caro, Chris et Nanou, Zaza, Thalie, Isabelle et Gilles, Juriste-in-the-city , Virginie, Lavandine, Cherrybee, Les zinzins, Ava, Les petits supplices !, Arwen, M.C.O, Filamots, Bestofava, Tambour Major, A&G, La Parigina, Cynthia, La Flaneuse, Les voyages de Lucy, Les voyages de Seth et Lise, Mgie les bons tuyaux, Marion, Blogoth67, Karrijini, Stephane08, Cricriyom from Paris, Hibiscus, Gizeh, Violette, La Papote, Kob, Carnets d'images, Ori, Batilou, Mistinguett, E, Angélique, Mamysoren, Eloclemence, Melting Pot, Sophie Rififi, Anne, Laure, Escapade en Tunisie, Galinette, Anne Laure T, Sinuaisons, The Mouse, Skipi, Laurent Nicolas, Justine, Isaquarel, Nora, La Fille de l'Air, Marmotte, Djoul, Fanfan Raccoon, Jean Wilmotte, Coco, Petite Marie, François le Niçois, David et Mélanie, Agrippine, Alexinparis, Annick, Cocosophie, Renepaulhenry, Pat Québec, Cathy, Caprices de filles, Maïder, Gilsoub, La Messine, Olivier, Lo, Shandara.

mardi 13 novembre 2012

On fête la lumière et on regarde filer le temps

Aujourd'hui, c'est la fête qui illumine les maisons et fait saliver les amateurs de douceurs. La fête de la lumière, Divali, est l'une des fêtes hindoues les plus importantes...

Ce jour-là, on nettoie sa maison pour accueillir la déesse Lakshmi, on prépare des gâteaux doux que l'on va ensuite distribuer à ses amis, ses voisins, sa famille.



Le soir, on allume traditionnellement de petites lampes à huile en terre cuite, les diyas, pour éclairer cette nuit de nouvelle lune.


Mais de nos jours, les diyas se font de plus en plus remplacer par les guirlandes électriques. C'est alors à celui qui en mettra le plus !


Nous, on s'est baladés dans le quartier, on a admiré les décorations parfois très jolies. Il y avait du monde dehors, il faisait bon.




On a discuté un peu avec un voisin, qui a une petite boutique et vend de délicieux gato piman. Ils n'ont pas célébré Divali cette année, car il y a eu un décès récemment dans leur famille et dans ce cas-là, il est leur est interdit de faire une fête, quelle qu'elle soit. Pas de gâteaux chez eux, donc, mais ils avaient tout de même allumé quelques diyas.


On a marché jusqu'à une place où se tenait un concert. On n'y est pas restés longtemps. Mais j'entends encore en ce moment même, depuis ici, les mélodies indiennes qui y sont chantées !


Des gens font aller des feux d'artifice, font sonner des pétards. Ce qui n'a pas manqué d'effrayer un peu le Bibou, qui n'arrivait pas à s'endormir dans sa poussette malgré l'heure tardive. Trop de choses à voir, à entendre, à découvrir !


Tout en marchant, on se disait que le temps avait passé vite. Je me revois encore très bien l'année dernière, à faire des photos des ces mêmes maisons pour les poster ici. Je revois aussi très nettement un homme, un voisin qu'on connaissait à peine, me faire la bise devant un petit restaurant pas loin de chez nous. Il est décédé cette année.

Le temps passe vite, le temps file... Combien de temps me reste-t-il encore ici ? Des années et des années, ou... ? Une question que l'on se pose de plus en plus. J'en reparlerai peut-être.